Test Blu-ray : Firestarter

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Firestarter

États-Unis : 2022
Titre original : –
Réalisation : Keith Thomas
Scénario : Scott Teems
Acteurs : Zac Efron, Ryan Kiera Armstrong, Sydney Lemmon
Éditeur : Universal Pictures
Durée : 1h34
Genre : Fantastique
Date de sortie cinéma : 1 juin 2022
Date de sortie DVD/BR : 19 octobre 2022

Depuis plus de dix ans, Andy et Vicky sont constamment entre deux déménagements pour échapper à une agence fédérale obscure qui cherche à capturer leur fille Charlie. En effet, celle-ci dispose d’une faculté extraordinaire de pyrokinésie dont l’agence aimerait se servir pour créer une arme de destruction massive… Andy a appris à sa fille à maîtriser sa colère ou sa douleur qui déclenchent son pouvoir. Mais Charlie a désormais 11 ans et elle a de plus en plus de mal à maîtriser ses émotions…

Le film

[3/5]

Au sein de la longue liste de romans écrits par Stephen King durant les années 80, Charlie – alias Firestarter ne fait certainement pas partie de ceux ayant le plus marqué la culture populaire. Pourtant, ce roman s’est bel et bien vendu à des centaines de milliers d’exemplaires à travers le monde depuis sa parution en 1980 (1984 en France), comme la plupart des autres romans de King d’ailleurs.

L’oubli (tout relatif) dans lequel cet ouvrage est retombé au fil des années est probablement lié au fait qu’il ne s’agisse pas ouvertement d’un récit d’horreur, contrairement à la plupart des classiques de l’écrivain sortis dans les années 80 (Simetierre, Ça, Christine…). Charlie se classait en effet d’avantage dans la catégorie du thriller surnaturel, permettant surtout au romancier de signer un grand roman paranoïaque, très critique à l’encontre des manipulations gouvernementales visant à prendre le contrôle de la vie des citoyens américains ; pouvoir, mensonges et trahisons sont donc au cœur du récit. Bien sûr, une poignée d’éléments fantastiques sont également présents : télékinésie, pyrokinésie et pouvoir mental puissant sont donc au menu de cette histoire.

Charlie / Firestarter avait déjà été adapté au cinéma en 1984, devant la caméra de Mark L. Lester, avec la petite Drew Barrymore dans le rôle-titre. Il s’agissait d’un bon petit divertissement, mais en aucun cas de ce qu’on considérerait aujourd’hui comme un classique intouchable. Mettons un instant de côté la nostalgie pour les 80’s qui brûle dans nos cœurs, et admettons-le clairement : le fait d’envisager de produire un remake de Charlie / Firestarter n’a rien de choquant. Il ne s’agissait en effet ni d’un excellent film fantastique, ni d’une excellente adaptation du roman de Stephen King, et valait surtout le coup d’œil pour son dernier quart d’heure.

Évacuons de fait d’entrée de jeu la moindre comparaison du Firestarter de Keith Thomas (The Vigil) avec le film de 1984, et confrontons-le plutôt au roman original de Stephen King qui l’a inspiré. Il s’agit d’une réactualisation de l’histoire, privilégiant une approche moderne : le monde a beaucoup changé en l’espace de quarante ans, mais les éléments fondamentaux de l’intrigue restent les mêmes. De fait, le film s’offre bien entendu quelques « commodités » scénaristiques permises par l’époque, mais dans le fond, même si l’histoire se déroule quelques décennies plus tard, il s’agit toujours de Firestarter, et le scénario de Scott Teems (le jeu vidéo The Quarry, Halloween Kills, Insidious 5, L’exorciste version 2023…) nous en propose une mise à jour 2.0 plutôt réussie.

Du point de vue de la structure, Firestarter est construit de façon relativement routinière : le film nous présente dans un premier temps les personnages, ainsi que les caractéristiques narratives qui mènent l’intrigue. Cependant, comme le roman dont il s’inspire, le film de Keith Thomas est moins un film d’horreur qu’un thriller, centré sur ses personnages et introduisant dans son univers des éléments surnaturels. De fait, si Firestarter nous propose une poignée de scènes évoluant dans le fantastique pur, le scénario installe dès les premières séquences l’idée selon laquelle la famille McGee est « en cavale », et constamment en mouvement d’une ville à l’autre afin de fuir un ennemi « invisible ». Le film trouve son équilibre dans cette idée de fuite en avant, et alors que Charlie (Ryan Kiera Armstrong, vue en violoniste vampire dans la saison 10 de American Horror Story) découvre peu à peu l’étendue de ses pouvoirs, le film nous propose également un réel effort pour développer le caractère de la petite fille, qui tente en vain de maîtriser ses émotions afin de ne pas se laisser dépasser par ce don mystérieux qu’elle ne comprend pas.

Alors bien sûr, cette nouvelle adaptation de Firestarter ne pourra pas non plus être qualifiée de chef d’œuvre : le récit est clairement plus lisse et politiquement correct que le bouquin de Stephen King, et les améliorations qu’il propose ne sont au final que très superficielles. Pour autant, on pourra se laisser charmer par l’ensemble, notamment grâce à la musique, extrêmement présente, et signée John Carpenter (qui devait d’ailleurs à l’origine réaliser Charlie / Firestarter en 1984). L’accompagnement aux images que nous propose « Big John » est absolument remarquable, et contribue parfois à donner à la réalisation de Keith Thomas des airs presque Carpenteriens. Ce qui, avouons-le, constitue déjà une raison suffisante pour voir le film !

Le Blu-ray

[4/5]

Les fans de Stephen King les plus « complétistes » se réjouiront sans doute de la sortie en Blu-ray de Firestarter, dans le sens où la sortie de ce film chez Universal Pictures devrait leur permettre de compléter – pour un temps – leurs collections de films et de séries TV adaptés du romancier du Maine, qui se comptent aujourd’hui à plus d’une centaine. Et côté Blu-ray, le film de Keith Thomas a vraiment de la gueule, même si l’image est souvent plongée dans l’obscurité. Le piqué est d’une belle précision, les couleurs éclatantes et lumineuses. Dans le dernier acte du film, les flammes envahiront l’écran avec une superbe luminosité. Les niveaux de noir sont également excellents, bref, c’est du très beau travail technique. Même constat d’excellence côté son, avec une bande son en VO qui nous est proposée en DTS-HD Master Audio 5.1. Le mixage nous propose des ambiances soignées et une spatialisation excellente, mais c’est surtout dans le placement de la musique de John Carpenter que le Blu-ray de Firestarter fait des merveilles, nous proposant un placement précis de la musique à l’avant et dans les canaux arrière. Le caisson de basses offre également à la bande originale ainsi qu’aux effets du film en général une profondeur et un soutien très solides. La VF quant à elle nous est proposée en DTS 5.1, et l’ensemble est tout à fait efficace : les scènes d’action font preuve d’une incroyable puissance sonore, les ambiances sont bien définies, et les dialogues sont parfaitement clairs.

Dans la section suppléments, le Blu-ray de Firestarter édité par Universal Pictures nous propose tout d’abord une fin alternative (3 minutes), qui sera complétée par une série de scènes supprimées et/ou alternatives (20 minutes) et par le traditionnel bêtisier (1 minute). En plus d’un commentaire audio du réalisateur Keith Thomas, on trouvera également un petit ensemble de featurettes promotionnelles, suffisamment informatives et rythmées pour ne pas provoquer l’ennui. On y reviendra pêle-mêle sur le travail d’adaptation du roman, les personnages et le casting (6 minutes), sur les thèmes de l’histoire et la métaphore du feu (4 minutes), sur les effets visuels, les cascades et la question de la sécurité incendie sur le plateau (4 minutes), et on terminera sur l’élaboration d’une des scènes-clés de confrontation du film (3 minutes).

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