Test Blu-ray : Halloween Kills

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Halloween Kills

États-Unis : 2021
Titre original : –
Réalisateur : David Gordon Green
Scénario : Scott Teems, Danny McBride, David Gordon Green
Acteurs : Jamie Lee Curtis, Judy Greer, Andi Matichak
Éditeur : Universal Pictures
Durée : 1h49
Genre : Horreur
Date de sortie cinéma : 20 octobre 2021
Date de sortie DVD/BR : 2 mars 2022

Laurie Strode, sa fille Karen et sa petite fille Allyson viennent d’abandonner le monstre au célèbre masque, enfermé dans le sous-sol de la maison dévorée par les flammes. Grièvement blessée, Laurie est transportée en urgence à l’Hôpital, avec la certitude qu’elle vient enfin de se débarrasser de celui qui la harcèle depuis toujours. Mais Michael Myers parvient à s’extirper du piège où Laurie l’avait enfermé et son bain de sang rituel recommence. Surmontant sa douleur pour se préparer à l’affronter encore une fois, elle va inspirer la ville entière qui décide de l’imiter et de se soulever pour exterminer ce fléau indestructible. Les trois générations de femmes vont s’associer à une poignée de survivants du premier massacre, et prennent les choses en main en formant une milice organisée autour de la chasse et la destruction du monstre une fois pour toutes. Le mal meurt cette nuit…

Le film

[4/5]

Halloween Kills est le douzième long-métrage de la saga initiée par le succès du premier Halloween en1978 – un chef d’œuvre insurpassable signé John Carpenter, représentant la quintessence du slasher, le mètre-étalon du genre. Bien entendu, le film de 1978 a engendré des centaines et des centaines de rejetons illégitimes au fil des ans, mais d’un point de vue officiel, de la marque, la saga Halloween compte à ce jour 12 films, avec un treizième prévu pour le 19 octobre 2022. Douze films donc, dont six avec Jamie Lee Curtis, un sans Michael Myers, et trois timelines du multivers.

Comme dans toutes les sagas horrifiques, il y a au cœur de la franchise du bon et du moins bon, et Halloween Kills est pour sa part la suite directe de l’un des opus les plus originaux depuis les tout débuts de la saga, et le moins que l’on puisse dire, c’est que cet épisode commence bien, en transportant le spectateur une quarantaine d’années en arrière, en 1978, avec une longue séquence d’introduction se déroulant parallèlement aux événements prenant place dans les quinze dernières minutes du film de John Carpenter. La reconstitution d’Haddonfield est remarquable, qu’il s’agisse de l’ambiance, des décors ou encore des costumes, tout est vraiment fait pour donner le frisson aux amoureux de la saga et du film original, jusqu’à une apparition impressionnante de Donald Pleasence, qui nous fera nous demander si David Gordon Green n’a pas eu accès à des rushes non utilisées par Carpenter dans le film original – en fait, les bonus nous apprendront que le Dr Loomis est incarné par Tom Jones Jr, sosie quasi-parfait de l’acteur britannique.

Après le générique rythmé par la musique de John et Cody Carpenter, Halloween Kills revient au présent, et réintroduit plusieurs personnages apparus dans le premier Halloween : Kyle Richards retrouve son rôle de Lindsey Wallace (elle avait neuf ans dans le film original) et Nancy Stephens celui de l’infirmière Marion Chambers. Un peu plus tard dans le film, on découvrira également Charles Cyphers, qui reprend quant à lui son rôle du shérif Brackett. De plus, Halloween Kills réintroduit également deux gamins aperçus dans le film original : Anthony Michael Hall, héros de la série TV Dead Zone, incarne le personnage de Tommy Doyle, interprété dans le premier film par Brian Andrews et dans le sixième par Paul Rudd. Robert Longstreet prête quant à lui ses traits à Lonnie Elam, interprété par Brent LePage dans le film de 1978. Si tous ces éléments cochent à leur manières les cases obligatoires du Fan Service, on ne peut que saluer la finesse et l’intelligence avec laquelle David Gordon Green et ses scénaristes amorcent le retour de ces personnages au cœur du récit.

Viendra ensuite l’inévitable « résurrection » de Michael Myers, qui marquera un retour à davantage de facilités et de raccourcis scénaristiques : Halloween Kills reprend les choses là où on les avait laissées à la fin du film précédent, avec la maison de Laurie Strode en proie aux flammes et le trio d’héroïnes en route vers l’hôpital. Cette séquence sera l’occasion pour David Gordon Green de placer cet épisode sous le signe de l’action et de l’agressivité. Techniquement abouti et réellement impressionnant dans ses scènes de suspense et de violence, le film ne fait en revanche pas réellement avancer les choses d’un point de vue thématique, puisqu’après avoir tenté d’explorer la relation entre Myers et Laurie Strode dans le film précédent, Halloween Kills en revanche sera centré sur la relation de Myers à la ville d’Haddonfield, notamment parce que les habitants décident de traquer le tueur d’Halloween et de se faire justice eux-mêmes. De fait, le personnage de Laurie incarné par Jamie Lee Curtis en est presque réduit à de la figuration : son rôle dans l’intrigue est minime, et elle passera quasiment l’intégralité du film allongée sur un lit d’hôpital. Le relais est donc passé à Judy Greer, Andi Matichak et Anthony Michael Hall, qui prendront les choses en main du point de vue de l’action.

Dans l’absolu, Halloween Kills développe d’ailleurs quelques très bonnes idées avec ce concept de « foule en colère » hérité des classiques de la Universal, et qui paradoxalement semble parfaitement dans l’air du temps à l’époque des réseaux sociaux, du harcèlement et du bashing de masse. La colère de la ville bouillonne tout au long du film, et s’avère particulièrement bien rendue à l’écran par la réalisation tendue de David Gordon Green. Cette colère sourde contraste évidemment avec la folie homicide de Michael Myers, qui s’impose plus que jamais comme une ombre mortelle et silencieuse, ne trahissant jamais aucune émotion. Dans Halloween Kills, il poursuit méthodiquement ses activités, tuant et élaborant des mises en scène avec les cadavres. Une des scènes les plus cruelles du film nous propose d’ailleurs de voir le tueur à l’œuvre, plantant une demi-douzaine de couteaux dans le corps d’un homme, puis reculant pour admirer son œuvre, comme un peintre devant son chevalet.

S’il déroule son récit sans surprises majeures (quoi que le passage mettant en scène Myers sans son masque s’avère assez étonnant dans son genre), Halloween Kills s’impose néanmoins avant tout par sa superbe facture formelle et technique : la mise en scène est aussi soignée qu’inventive, la photo signée Michael Simmonds est tout simplement magnifique, et la musique de Carpenter toujours aussi glaçante. Grosso modo, le film parvient par ailleurs à amener suffisamment d’éléments narratifs nouveaux pour – et c’est là une des particularités du slasher – maintenir l’intérêt du spectateur en éveil tout en racontant, d’un point de vue narratif, toujours plus ou moins la même histoire. La version longue d’Halloween Kills disponible sur le Blu-ray fait sans doute du film de David Gordon Green l’épisode le plus gore de la franchise Halloween « classique » (I – II – IV – V – VI – VII – VIII – XI – XII). Bien entendu, en dehors du canon classique de la série, le Halloween II de Rob Zombie demeure toujours – et de loin – l’opus le plus violent et le plus dérangeant de la saga, mais il y occupe une place un peu à part, dans le sens où le cinéaste n’utilisait pas la violence de manière ludique, mais véritablement dans le but de secouer le spectateur, de le confronter à la brutalité la plus crue qui soit.

Le Blu-ray

[4,5/5]

Quel kif ! Le Blu-ray d’Halloween Kills édité par Universal Pictures fait, côté image et son, vraiment figure de galette de démonstration. L’image est d’une précision et d’une limpidité extraordinaire, les couleurs en envoient plein les mirettes, et les contrastes sont d’une solidité à toute épreuve. La définition est purement et simplement irréprochable, et le piqué d’une précision à couper le souffle : on est vraiment en présence d’un Blu-ray somptueux. Immersive, puissante, en un mot grandiose, la piste son en version originale, mixée en Dolby Atmos, fait honneur à l’ampleur et l’ambition formelle du film de David Gordon green. Les ambiances sont restituées de façon impressionnante, et le rendu acoustique est d’un dynamisme et d’une force qui s’avèrent tout simplement bluffants. La version française n’est pas en reste, puisqu’elle bénéficie d’un mixage Dolby Digital+ 7.1, et ce dernier s’avère souvent tonitruant ; peut-être un poil moins extraordinaire que la VO en termes de finesse et de précision, mais proposant tout de même un confort d’écoute optimal, ce qui est vraiment appréciable pour les fans de VF. On précisera que le film est proposé, au choix, soit en version cinéma (1h45), soit en version longue (1h49), et que chaque montage bénéficie des deux versions audio.

La section suppléments contient par ailleurs son lot de petits trésors : on commencera donc avec un commentaire audio de David Gordon Green, Jamie Lee Curtis et Judy Greer (VOST). Détendu, amusant et informatif, il nous permettra de passer un bon moment en compagnie d’une partie de l’équipe – le réalisateur / scénariste en profitera pour glisser quelques pistes concernant le troisième épisode de sa trilogie, Halloween Ends. On continuera avec un amusant bêtisier (3 minutes), plutôt plus drôle que la moyenne du genre, ainsi qu’avec trois scènes coupées ou alternatives (3 minutes), mettant en scène le shérif Brackett, la foule devant l’hôpital ainsi qu’une version un peu différente de la scène du drone, avec un retour des images filmées par le petit appareil. Le reste des suppléments sera constitué de featurettes revenant sur l’envers du décor, et plus spécifiquement centrées sur la ville d’Haddonfield (7 minutes), ses rues, ses habitants, ses légendes urbaines, sur l’équipe de tournage (11 minutes) et la créativité déployée par l’ensemble de ces « petites mains » de l’ombre, ou encore sur la famille Strode (4 minutes), trois générations de femmes badass. On enchainera avec un focus plus particulier sur le tournage de la scène se déroulant en 1978 (6 minutes) : on y découvrira le soin maniaque déployé par l’équipe afin de recréer les décors, les tenues, le masque de Myers, la texture argentique de l’image… Et le Dr Loomis évidemment. Passionnant. Enfin, on terminera avec un petit sujet dédié à la foule en colère (4 minutes), qui ébauche une réflexion intéressante sur la violence de masse, ainsi qu’avec un « Bodycount » des 31 morts du film (1 minute).

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