Critique : Homeland : Irak année zéro
«Aujourd’hui, tout pouvoir (économique, militaire, sportif, religieux) a son «visuel» et le visuel, qu’est-ce, sinon une image qu’on a expurgée de tout risque de rencontre avec l’expérience de l’autre, quel qu’il soit ?» Ainsi s’exprimait Serge Daney lors de la première guerre du Golfe, dénonçant l’accointance ténue entre les médias et les pouvoirs politiques. Le visuel, selon l’ancien critique de cinéma, c’est l’absence de l’autre, ou, plus exactement, un point de vue univoque sur une situation particulière. Soit une non-dialectisation des images ou d’un cas spécifique. Chaque image, ou plan, est dénué de la moindre ambivalence. A l’instar d’une image publicitaire qui se présente telle quelle sans le moindre recul ou nuance. La prolifération d’images lors de la première guerre du Golfe, filmées du point de vue unique des forces de la coalition, a été à l’origine de plusieurs problématiques éthiques et esthétiques : quel fut le contrechamp visuel de celles-ci ? (Images aux fonds vert striées de tirs de missiles conférant à celles-ci une tonalité picturale proche de l’abstraction). Le peuple irakien, bien évidemment, qui, de fait, a le plus pâti de cette mise au ban «visuelle». Rabaissés à une entité non-figurative, réduits à un degré zéro d’altérité, les irakiens ont été purement et simplement absents du champ visuel présenté par les médias occidentaux. Or, et il est nécessaire de le rappeler, une présence physique dans le champ visuel atteste de sa présence « ontologique » dans ce cadre spatio-temporel défini. Être dans le cadre, c’est exister en tant qu’individu. Axiome « bazinien » dont il est nécessaire de rappeler le principe même, à l’heure d’une omniprésence de la publicité et des « mass-médias », soit l’ère de la manipulation des images.
Biarritz 2019 : Homo Botanicus
Notre deuxième film au Festival de Biarritz, ce rendez-vous essentiel du cinéma latino-américain en France, parle à première vue des mêmes sujets que le premier : la nature préservée et impénétrable des Andes dans laquelle la caméra se plonge par voie de voyage nostalgique, en quête d'un passé sans appel révolu.
La Roche-sur-Yon 2016 : De Palma
Commencer un documentaire sur l’œuvre de Brian De Palma avec l’extrait d’un film de Alfred Hitchcock, Sueurs froides en l’occurrence, cela coule de source. Aucun autre réalisateur ne s’est en effet autant laissé inspirer sur la durée par le style du maître du suspense que l’homme derrière des hommages aussi manifestes que Obsession, Pulsions et Body double.
Critique Express : Birds of America
"Birds of America" nous fait voyager d'une époque à l'autre, avant et pendant l'ère industrielle, et nous invite à retrouver un monde disparu et à réfléchir sur les causes de cette disparition.
Critique : Swagger
C’est une parenthèse enchantée. Un instant rare à partager avec des jeunes vivant dans des banlieues défavorisées d’Aulnay-sous-Bois ou de Sevran, qui aurait pu, chez tant d’autres cinéastes même reconnus, tomber dans la fiction moraliste pointant d’un doigt accusateur chaque spectateur ayant pourtant fait la démarche d’aller voir le film. Mais ce cinéma comme on en a trop souvent subi, Olivier Babinet n’en est visiblement pas un adepte non plus. Son truc à lui, c’est plutôt le métissage des genres, investissant le documentaire pour, au final, faire autre chose. Car si le film présente de vrais enfants ou adolescents, leur vraie vie, et leurs vraies interrogations, c’est pour passer au coloriage pop ce qui n’aurait pu être qu’un énième reportage misérabiliste pour nous montrer à quel point la vie dans les cités est dure, avec ses trafiquants, sa violence et son absence de perspectives d’avenir.
Critique : Knit’s Island
Rares sont les films qui sont une expérience vraiment unique. Knit’s Island, ainsi, représente pour moi une première incursion fascinante dans un territoire encore vierge. Il y aurait tant à dire sur la réflexion que ce documentaire provoque sur nos représentations et nos manières de consommer les images...
Critique : Green Boys
Voici un documentaire d'une grande simplicité qui, avec beaucoup de tendresse et de poésie, nous parle de l'immigration d'une façon à laquelle nous ne sommes pas habitués.
Berlinale 2023 : El juicio
A chaque nation sa manière de s'acquitter des crimes de son passé. Tandis que pour l'Allemagne de l'immédiat après-guerre, cette besogne fastidieuse, quoique nécessaire, avait été entreprise par l'occupant et que des procès ont encore lieu sporadiquement jusqu'à ce jour afin de débusquer les derniers pions désormais nonagénaires de la machine meurtrière des nazis, la France peine toujours à faire le ménage mémoriel de son Histoire coloniale.
À voir en VOD : Sous les étoiles – Road Trip au pays du...
TCM Cinéma présente, dès le samedi 15 octobre à 20h50, sa production originale Sous les étoiles : Road-Trip au pays du Drive-In, un documentaire de Matthieu Pheng raconté par Alexandre Aja. Cette production Empreinte Digitale sera par la suite disponible sur TCM à la demande, disponible sur Free, MyCanal, SFR, Orange, etc.
Critique : Fahrenheit 11/9
Comment en est-on arrivé à l'élection de Donald Trump ? C'est, avec beaucoup d'autres choses, ce que Fahrenheit 11/9 s'efforce de nous expliquer. De façon un peu brouillonne tout en étant passionnante.
Festival de Clermont 2015 : Deux documentaires Labo
Parmi les documentaires présentés dans le cadre de la compétition Labo, deux se font particulièrement écho, qui peuvent être mis en regard : l'un, S, recueille le témoignage d'une prostituée quand l'autre, Onder Ons (Parmi nous), rapporte ceux de trois adolescents pédophiles. Le second, outre la précieuse valeur de document qu'il partage à égalité avec le premier, explore le potentiel contemplatif voire métaphysique du genre documentaire.
Critique : La Mère de tous les mensonges
On peut craindre, devant la reconstruction du drame familial que nous propose La Mère de tous les mensonges, de tomber dans un sentimentalisme malhabile ou d’assister à de longues tirades didactiques sur l’importance de la mémoire.


















