Il n’y a pas de rapport sexuel

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documentaire hpg

Il n'y a pas de rapport sexuelIl n’y a pas de rapport sexuel

Titre original : Il n’y a pas de rapport sexuel
Réalisateur : Raphaël Siboni
Scénario : Raphaël Siboni
Acteurs : HPG, Cindy Dollar, Michael Cherrito
Distribution : Capricci Films
Durée : 1h18
Genre : Documentaire
Date de sortie : 11 janvier 2012

Globale : [rating:3.0][five-star-rating]

Un best of de making of des films porno de HPG, toutes sexualités confondues, constitue les images de ce film qui dresse un état des lieux désabusé de ce cinéma qui, bien que considéré comme un sous-genre, vend et attire des millions de spectateurs. Une introspection dans le milieu du sexe à l’écran à la fois dérangeante et fascinante.

Synopsis : Raphaël Siboni a rassemblé en une dizaine de séquences des extraits de making of de films pornographiques, homos et hétéros, sans le moindre commentaire off, en laissant simplement les images parler d’elles-mêmes. Une pénétration dans le milieu du porno pas toujours chic mais souvent choc.

Photo Il n'y a pas de rapport sexuel de HPG 2011

Le porno se prend une déculottée !

Un petit rappel s’impose probablement. Producteur, réalisateur et acteur de films pornographiques, Hervé-Pierre Gustave, plus connu sous l’acronyme de HPG, s’est imposé dans le X en devenant le chef de file du courant « gonzo » qui prône, à des fins de réalisme absolu, que le caméraman s’intègre dans le processus filmique, caméra à l’épaule.

A partir d’images issues de making of, Raphaël Siboni a rassemblé, sur 70 minutes et une dizaine de séquences, un tour d’horizon du travail de ce réalisateur et monté un documentaire brut, parfois brutal mais –et c’est une de ses grandes qualités- sans concession.

Reconnaissons tout d’abord le cran (ou l’insouciance ?) d’HPG d’avoir accepté un pareil projet. Il n’y tient pas le beau rôle. Des rires sardoniques ne tardent pas à se faire entendre dans la salle. Pitoyable à force d’être ridicule, il se montre ici en parangon absolu de beaufferie, de crétinisme et d’un béotisme gras. Mais dépassons ce constat premier et primaire car d’un point de vue sociologique, ce montage mérite autre chose qu’un entrefilet dans un magazine de cul ou un site de drague homo.

Le genre est en effet ici laminé, démystifié, désacralisé (si tant est qu’il fut sacré…) et la chair montrée s’avère bien triste. De l’élaboration du « scénario » par HPG himself deux minutes avant de tourner à l’explication de la fellation pour qu’elle prenne toute sa force suggestive à l’écran en passant par ces comédiens au visage mourant d’ennui se tripotant des chibres désespérément ramollis d’avoir dû trop bander, on nage dans la grande désillusion. Ceux qui auraient pu s’imaginer que le porno n’était qu’une vaste et géante partouze où ne se côtoyaient que des canons de beauté vont tomber de haut.

Image Il n'y a pas de rapport sexuel de HPG 2011

Le cinéma est un art qui ment à raison de 24 images par seconde. Pourquoi n’en serait-il pas de même du porno ? Et du coup à quoi l’action se réduit-elle ? A de la simulation pure. Et même lorsqu’il s’agit de filmer l’assouvissement d’un fantasme (comme dans une des séquences qui se termine de manière très inattendue), tout semble factice. Si le terme de « rapport » suppose un tant soit peu de contact voire de communi(cati)on, force est de constater qu’en effet, il n’y a pas ou peu de rapport sexuel sur les tournages de films X. Et c’est l’un des tout premiers plans du film qui nous l’annonce d’entrée de jeu. La caméra posée sur un trépied pique du nez et filme deux « jambes » raides et maigres (deux pieds du trépied) et la manivelle permettant de position l’appareil à la hauteur désirée… Deux guibolles et un pénis qui ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes, froids et désincarnés. Sûr que vu sous cet angle-là, le sexe se prend une sacrée déculottée !

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=mn6K7r_i44Y[/youtube]

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