Accueil À la une Test Blu-ray : Marsupilami

Test Blu-ray : Marsupilami

0
84

Marsupilami

France : 2026
Réalisation : Philippe Lacheau
Scénario : Philippe Lacheau, Julien Arruti, Pierre Dudan, Pierre Lacheau
Acteurs : Philippe Lacheau, Jamel Debbouze, Tarek Boudali
Éditeur : Pathé
Durée : 1h39
Genre : Comédie
Date de sortie cinéma : 4 février 2026
Date de sortie DVD/BR : 10 juin 2026

Pour sauver son emploi, David accepte un plan foireux : ramener un mystérieux colis d’Amérique du Sud. Il se retrouve à bord d’une croisière avec son ex Tess, son fils Léo, et son collègue Stéphane, aussi benêt que maladroit, dont David se sert pour transporter le colis à sa place. Tout dérape lorsque ce dernier l’ouvre accidentellement : un adorable bébé Marsupilami apparaît et le voyage vire au chaos…

Le film

[3,5/5]

Depuis quelques années, les géants de la bande dessinée franco-belge ont développé une poignée d’adaptations cinématographiques de leurs plus gros succès de librairie, en partenariat avec leurs auteurs évidemment. Ainsi, on a déjà pu voir sur les écrans des adaptations de Largo Winch, Boule et Bill, Zombillénium, les Schtroumpfs, Tamara, Seuls, Lucky Luke, Charly (adapté sous le titre L’Avion par Cédric Kahn en 2005), Michel Vaillant, le Marsupilami, Benoît Brisefer, Spirou et Fantasio, Gaston Lagaffe, le Petit Spirou ou encore Natacha l’hôtesse de l’air, mais aucun de ses films n’avait de lien avec les autres. Aujourd’hui, c’est au tour du Marsupilami de réapparaître sur les écrans, sous l’impulsion de la « Bande à Fifi » de Philippe Lacheau. Comme à son habitude, Philippe Lacheau amène avec lui son univers et ses acteurs récurrents, mais Marsupilami n’en est pas moins une suite du film Sur la piste du Marsupilami, réalisé par Alain Chabat en 2012.

On aurait pu croire que le Marsupilami version Philippe Lacheau se contenterait de surfer sur la nostalgie de la BD ou sur les bases posées par Alain Chabat, mais il n’en finalement est rien : le film préfère bondir ailleurs, dans une zone où la comédie populaire assume son côté cartoon tout en bricolant une réflexion légère sur l’héritage, la transmission et la manière dont les mythes se recyclent à l’ère du streaming et des univers partagés. Le film ne cherche pas à singer Alain Chabat : il joue plutôt la carte du rythme effervescent, avec une mise en scène qui multiplie les micro-gags visuels, comme si chaque plan voulait prouver qu’un blockbuster hexagonal peut encore s’autoriser la fantaisie pure. Mais comment réinventer une icône sans la dénaturer ?

Ainsi, Marsupilami s’autorise des digressions délicieusement inutiles – un personnage secondaire qui disserte sur les algorithmes de l’IA comme si le Palombie Cinematic Universe dépendait de ChatGPT, un autre qui croit reconnaître dans la jungle un décor de vieux jeu vidéo PS2 – mais ces écarts servent un propos plus solide qu’il n’y paraît. Le film interroge la manière dont les images façonnent notre rapport au merveilleux, et comment la caméra, toujours mobile, cherche à capter l’élan vital du Marsu sans jamais l’enfermer. Marsupilami se construit de fait comme une chorégraphie de poursuites, de glissades et de ruptures de ton, où l’humour devient un outil de mise en scène autant qu’un carburant narratif. Esprit BD belge oblige, on pense parfois aux Aventures de Spirou et Fantasio ou au Petit Spirou, mais ici, l’univers semble moins contraint, plus joueur, presque espiègle.

L’autre force de Marsupilami réside dans son tempo. Comme à son habitude, à la façon d’un gamin hyperactif, Philippe Lacheau orchestre son film comme un DJ qui refuserait les silences, enchaînant les séquences avec une précision remarquable. Et si l’efficacité prime clairement sur la pause contemplative, le film ne sacrifie jamais la lisibilité : les mouvements de caméra dessinent une jungle vivante, presque respirante, où chaque branche semble prête à devenir un ressort comique. Le film joue aussi avec la verticalité (sauts, chutes, rebonds…), comme si la mise en scène cherchait à imiter la logique physique du Marsu lui-même. Cette cohérence formelle, discrète mais réelle, donne à Marsupilami une identité plus affirmée que prévu.

Et puis, bien sûr, il y a les acteurs, véritable colonne vertébrale de Marsupilami. La « Bande à Fifi » fonctionne comme un ensemble parfaitement huilé, chacun apportant sa couleur : Tarek Boudali, impayable en star has been aux cheveux longs, Élodie Fontan en aventurière qui semble avoir avalé un manuel de survie, et bien sûr Julien Arruti, qui retrouve un rôle d’imbécile heureux lui permettant néanmoins de livrer quelques trouvailles comiques inattendues. Marsupilami repose sur cette alchimie, sur cette manière qu’ont les comédiens de jouer la sincérité au milieu du chaos. Même le Marsu numérique, pourtant casse-gueule sur le papier, trouve sa place grâce à une animation expressive et toute en mignonnerie qui rappelle des films hybrides tels que The Mandalorian and Grogu ou la saga Paddington. Le résultat respire la bonne humeur, la générosité et une envie réelle de divertir sans cynisme.

Le Blu-ray

[4/5]

Le Blu-ray de Marsupilami édité par Pathé vient de débarquer sur les linéaires de vos dealers de cultures préférés. Et si le film, très coloré, très dynamique, semblait taillé pour une sortie en Blu-ray 4K Ultra HD, il faudra cependant se contenter d’une galette Haute-Définition classique. L’image du petit dernier de Philippe Lacheau et son équipe de joyeux lurons reste néanmoins solide : définition précise, couleurs éclatantes sans virer au fluo, contrastes bien gérés dans les scènes de jungle où la lumière filtre entre les feuillages. Quelques plans très rapides montrent une compression un peu visible, mais rien qui ne gâche l’expérience. Le master restitue correctement les textures (fourrure du Marsu, végétation dense, costumes bariolés…) et permet d’apprécier la mise en scène du film, étonnamment nerveuse et maîtrisée – si vous vous souvenez bien, on s’était également fait cette réflexion à notre découverte de Nicky Larson et le parfum de Cupidon en 2019. Côté son, le mixage Dolby Atmos constitue une belle surprise : spatialisation ample, effets verticaux bien exploités lors des bonds du Marsu, dialogues nets, musique ample sans écraser le reste. Les ambiances de jungle profitent d’une belle précision, avec des bruissements et des cris d’animaux qui circulent dans les enceintes comme des visiteurs imprévus. Du très beau travail !

Les suppléments du Blu-ray de Marsupilami édité par Pathé se montrent généreux et plutôt cohérents avec l’esprit du film. Le making of (22 minutes) adopte un ton dynamique et assez amusant, révélant les coulisses d’un tournage où l’équipe semble avoir rivalisé d’inventivité pour donner vie aux aventures du Marsu. Les entretiens avec l’équipe (17 minutes) nous offrent un regard décontracté mais informatif sur leurs personnages, la construction des personnages et de certains gags, la part d’improvisation ainsi que sur la volonté de moderniser l’univers, sans trahir la BD. Les scènes coupées (9 minutes) valent également le détour : on notera une apparition de Franck Dubosc, un hilarant face à face entre Jamel Debbouze et Philippe Lacheau, ainsi qu’une chanson de Ricky Salsa alias Tarek Boudali. Enfin, le traditionnel bêtisier (3 minutes) compilera une poignée de fous rires qui, sans être inoubliables, témoignent de la bonne humeur générale du plateau.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici