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À un mois et demi de l’ouverture de sa 83ème édition, le mercredi 2 septembre, et la veille de l’annonce de sa sélection officielle, le Festival de Venise a d’ores et déjà commencé à prendre forme ces dernières semaines. Notamment à travers l’annonce des deux Lions d’or honorifiques, qui seront remis aux comédiens américains George Clooney et Ellen Burstyn. Le nom des lauréats a été communiqué respectivement le 6 juillet pour Clooney, ainsi que la semaine passée, le 14 juillet, pour Burstyn.
Puisque la Biennale vénitienne est infiniment plus prévisible que le Festival de Cannes dans le domaine de ses prix d’honneur, il est quasiment certain que la liste des légendes du cinéma honorées de la sorte s’en arrête là pour l’année 2026. Alors que sur la Croisette, au moins une Palme d’or d’honneur par an semble être attribuée depuis un certain temps à une célébrité qui passe à Cannes par hasard, comme John Travolta au mois de mai dernier.
Depuis que les Lions d’or d’honneur ont été remis par deux en 2014, c’est la troisième fois que les deux lauréats sont américains. Ce fut le cas lors du choix le plus inspiré en la matière en 2014 avec la monteuse Thelma Schoonmaker et le maître du documentaire Frederick Wiseman, ainsi que trois ans plus tard avec les comédiens Jane Fonda et Robert Redford, présents du côté du Lido afin d’y présenter leur quatrième film ensemble Nos âmes la nuit de Ritesh Batra. Quant à Ellen Burstyn et George Clooney, ils n’ont jamais collaboré dans un film.

George Clooney (* 1961)
À tout juste soixante-cinq ans, l’acteur, réalisateur et producteur américain George Clooney s’apprête désormais à accomplir le grand chelem des prix honorifiques que le cinéma mondial est susceptible de lui remettre. En effet, le directeur artistique du Festival de Venise Alberto Barbera n’est pas du tout le premier à avoir eu l’idée de récompenser l’un des acteurs les plus charismatiques de sa génération.
Avant le Lion d’or à Venise, Clooney a déjà reçu le prix Cecil B. DeMille de la presse étrangère à Hollywood en 2015, un César d’honneur en 2017 et le Life Achievement Award de l’American Film Institute en 2018. Sans oublier quelques trophées compétitifs comme ses deux Oscars, gagnés en 2006 comme Meilleur acteur dans un second rôle dans Syriana de Stephen Gaghan et en 2013 en tant que producteur du Meilleur Film Argo de Ben Affleck.
Le lien qui relie George Clooney à l’Italie remonte au moins jusqu’au début du siècle, grâce à l’achat d’une villa luxueuse sur le lac de Côme en 2002. Celui qu’il a appelé son festival préféré dans le communiqué de presse annonçant son Lion d’or d’honneur, il l’a fréquenté une première fois en 2005 avec son deuxième film en tant que réalisateur Good Night and Good Luck, sélectionné en compétition, qui en était reparti avec la Coupe Volpi du Meilleur acteur pour David Strathairn et le prix du Meilleur scénario.
Deux autres films de George Clooney avaient participé à la compétition officielle du Festival de Venise : Les Marches du pouvoir en 2011 et Bienvenue à Suburbicon en 2017. Puis, les deux derniers films de Clooney, acteur, la production Apple TV+ Wolfs de Jon Watts et la production Netflix Jay Kelly de Noah Baumbach y ont eu leur avant-première, hors compétition en 2024 pour le premier et en compétition l’année dernière pour le deuxième.
George Clooney est le sixième lauréat américain d’un Lion d’or d’honneur à cumuler les casquettes d’acteur et de réalisateur, après Orson Welles, Woody Allen, Warren Beatty, Clint Eastwood et Robert Redford.

Ellen Burstyn (* 1932)
Notre première réaction en apprenant la semaine dernière que l’actrice américaine Ellen Burstyn allait être la deuxième lauréate honorifique à Venise fut « ah, encore une nonagénaire ». Après sa consœur Kim Novak en 2025, c’est effectivement une fois de plus une actrice très âgée qui est citée en quelque sorte in extremis par le comité de direction du festival italien. Or, quel n’était notre étonnement, au bout d’un minimum de recherches, de voir que Burstyn est même légèrement plus vieille que Novak, d’un peu plus de deux mois ! Ce qui fait donc d’elle, à 93 ans, la nouvelle deuxième lauréate la plus âgée, finalement plus si loin de l’ancien doyen du cinéma mondial, le réalisateur portugais Manoel De Oliveira, qui avait 95 ans en 2004. Toutefois, ce n’est guère pour sa longévité qu’Ellen Burstyn reçoit l’un des prix suprêmes du Festival de Venise, mais grâce à une carrière là encore exemplaire.
Curieusement, ce n’est qu’une fois que Kim Novak s’était mise en retrait à la fin des années 1960 que la carrière d’Ellen Burstyn avait réellement décollé. Auparavant devant la caméra de télévision dans une quarantaine de rôles sous son premier nom de scène Ellen McRae au cours des années ‘60, elle s’était imposée dès l’un de ses premiers rôles de cinéma dans La Dernière séance de Peter Bogdanovich en 1971. Après un deuxième succès critique dans The King of Marvin Gardens de Bob Rafelson, elle est la vedette de l’un des films les plus populaires des années ‘70 : L’Exorciste de William Friedkin. L’année suivante, en 1975, Ellen Burstyn gagne l’Oscar de la Meilleure actrice pour Alice n’est plus ici de Martin Scorsese.
Depuis, elle a collaboré entre autres avec Paul Mazursky (Harry et Tonto), Alain Resnais (Providence – César du Meilleur Film en 1978), Jules Dassin (Cri de femmes), Robert Mulligan (Même heure l’année prochaine), Daniel Petrie (Resurrection), J. Lee Thompson (L’Amabassadeur), Bud Yorkin (Soleil d’automne) et Joel Schumacher (Le Choix d’aimer).
En l’an 2000, la carrière d’Ellen Burstyn avait été ressuscitée de façon fulgurante grâce à son tour de force dans Requiem for a Dream de Darren Aronofsky, présenté en séance de minuit au Festival de Cannes. Au cours du quart de siècle depuis ce rôle emblématique, elle a été aussi présente à la télévision qu’au cinéma. Sur grand écran, elle a tenu des seconds rôles mémorables dans The Yards de James Gray, Les Divins secrets de Callie Khouri, The Wicker Man de Neil LaBute, The Fountain de Darren Aronofsky, W L’Improbable président de Oliver Stone, Another Happy Day de Sam Levinson, La Voie de l’ennemi de Rachid Bouchareb, Interstellar de Christopher Nolan, Le Teckel de Todd Solondz, Pieces of a Woman de Kornel Mundruczo – Coupe Volpi de la Meilleure actrice à Vanessa Kirby en 2020 – et L’Exorciste Dévotion de David Gordon Green.
Le Lion d’or d’honneur sera remis à Ellen Burstyn au moment de la présentation du court-métrage Flesh Impact de Maggie Gyllenhaal, présidente du jury au Festival de Venise cette année. Elle y incarne une Marilyn Monroe âgée, alors que l’actrice mythique y est interprétée de son vivant par Dakota Johnson. Prochainement, Ellen Burstyn tiendra le rôle principal dans Place to Be de Kornel Mundruczo aux côtés de Taika Waititi.

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