Festival de Cannes 2015 : les autres prix

De nombreux prix sont attribués dans le cadre du Festival de Cannes, on complète ce qui manque à notre compte-rendu avec les prix des jurys œcuménique et de la FIPRESCI, le prix François-Chalais, le prix Women in Motion, la , la Palm Dog et les trophées Chopard.

L'équipe de Taklub

L’équipe de Taklub

 

Le jury œcuménique dont le but est de célébrer un film pour ses « qualités humaines touchant à la dimension spirituelle de l’existence » a récompensé Mia Madre de Nanni Moretti «pour sa maîtrise et son exploration fine et élégante, imprégnée d’humour, de thèmes essentiels dont les différents deuils auxquels la vie nous confronte». Mentions pour La Loi du Marché de Stéphane Brizé «pour sa critique prophétique du monde du travail et sa réflexion incisive sur notre complicité implicite à des logiques marchandes inhumaines» et Taklub de Brillante Mendoza (Un Certain Regard) pour «pour son portrait sensible d’individus et de communautés aux Philippines luttant pour continuer à vivre malgré les catastrophes naturelles les exposant à la souffrance et à la mort».

le fils de saul 01

Déception avec les prix de la FIPRESCI. L’an dernier les critiques internationaux s’étaient mis d’accord sur trois grands films, très différents : Winter Sleep de Nuri Bilge Ceylan (compétition officielle), Jauja de Lisandro Alonso (Un Certain Regard) et Les Combattants de Thomas Cailley (Quinzaine des Réalisateurs et Semaine de la Critique). Le résultat de leurs votes est moins satisfaisant cette année avec respectivement des prix pour Le Fils de Saul de László Nemes (compétition officielle) et les plus conventionnels Masaan de Neeraj Ghaywan (prix de l’Avenir à Un Certain Regard) et Paulina de Santiago Mitre (Quinzaine et Semaine – présenté dans cette dernière section).

 

Le réalisateur Yves Boisset présidait le jury du Prix François Chalais qui a voté à l’unanimité pour Le Fils de Saul de Lászlo Nemes. «Au-delà de la tragédie universelle de la Shoah, le film exprime à la fois une vision radicale du cinéma par ses partis pris de mise en scène et une vision singulièrement humaniste d’une barbarie encore terriblement actuelle ». Il succède à Timbuktu d’Abderrahmane Sissako. Les précédents lauréats depuis 1997 : Le Cercle Parfait d’Adémir Kenovic, West Beyrouth de Ziad Doueir, L’Autre De Youssef Chahine, Kippour d’Amos Gitaï, Made In The Usa de Solveig Anspach, Les Chants du pays de ma mère de Bahman Ghobadi, S 21 – la machine de mort khmer rouge de Rithy Panh, Carnets de Voyage de Walter Salles, Une Fois que tu es né de Marco Tullio Giordana, Indigènes de Rachid Bouchareb, Un Cœur Invaincu de Walter Winterbottom, Une Histoire Italienne de Marco Tullio Giordana, Les Chats Persans de Bahman Ghobadi, Le Secret de Chanda d’Oliver Schmitz, Et Maintenant on va où ? de Nadine Labaki, Les Chevaux de Dieu de Nabil Ayouche et Grand Central de Rebecca Zlotowski.

François-Henri Pinault, Jane Fonda et Megan Ellison (photo  : Venturelli/Getty Images)

François-Henri Pinault, et Megan Ellison (photo : Venturelli/Getty Images)

 

Les premières lauréates du prix Women in Motion sont les actrices mythiques Jane Fonda (extraordinaire dans Youth de Paolo Sorrentino) et Olivia de Havilland, née en 1916, ainsi que la productrice Megan Ellison. À partir de l’an prochain deux prix seront remis, l’un honorera une contribution significative à la représentation de la femme au cinéma et l’autre une jeune cinéaste. Le Festival de Cannes dont l’entreprise de luxe Kering (dont le PDG est François-Henri Pinault) est le nouveau partenaire a accueilli plusieurs débats avec des personnalités comme Frances McDormand, Agnès Varda, Isabella Rossellini, Claudie Ossard, Isabelle Huppert, Rebecca Zlotowski, Isabelle Huppert, Sylvie Pialat, Salma Hayek, Claire Denis mais aussi le Women Friendly Thierry Frémaux qui heureusement ne pratique pas les quotas pour ses sélections même si la création d’un tel prix dédié aux femmes semble contradictoire avec cette assertion. On verra à l’usage.

carol 02

La Queer Palm a été attribuée, sans trop de surprise, à Carol de Todd Haynes, qui succède à Kaboom de Gregg Araki (sélection officielle, séance de minuit en 2010), Beauty d’Oliver Hermanus, Laurence Anyways de Xavier Dolan (pas fan de ce prix comme il l’a clairement exprimé) et L’Inconnu du lac d’Alain Guiraudie (Un Certain Regard 2011 – 2012 – 2013) et à Pride de Matthew Warchus (Quinzaine des Réalisateurs 2014). La Queer Palm du court-métrage revient à de Ignacio Juricic Merillán, deuxième prix de la Cinéfondation.

palm dog 2015

La 15ème Palm Dog est attribuée à Lucky, mi-bichon mi-caniche, héros canin des Mille et une Nuits de qui est donc reconnu comme le meilleur cabot du Festival de Cannes 2015 toutes sections confondues. Jaro et son rejeton Ryac reçoivent le Grand Prix du jury pour le rôle de Bob, le border collie très proche de Colin Farrell dans . Lucky succède à Hagen, le héros courageux de White God interprété par deux chiens, Luke et Body, Roxy pour Adieu au langage ayant reçu alors un Prix spécial. Un nouveau prix spécial, la Palm DogManitarian, a été créé pour honorer un film qui s’attache à dépeindre les relations entre hommes et chiens et remis à Je suis un soldat qui évoque notamment un trafic illégal de chiens entre l’Europe de l’Est et la France. Le chien de berger de Béliers (prix Un Certain Regard) a également été évoqué dans le communiqué officiel. Ça fait trop d’infos pour cette info.

lucky mille et une nuits

Steve Gaydos (revue Variety), Pierre Lescure, Caroline Scheufele (directrice artistique de Chopard),  Lola Kirke, Jack O’Connell et Julianne Moore

Steve Gaydos (revue Variety), Pierre Lescure, Caroline Scheufele (directrice artistique de Chopard),
Lola Kirke, Jack O’Connell et Julianne Moore

 

Le Trophée Chopard honore chaque année depuis 2001 un jeune acteur et une jeune actrice avec plus ou moins de flair, comme on peut en juger avec la liste ci-dessous. Cette année Jack O’Connell (Les poings contre les murs, ’71, Invincible) et Lola Kirke (Gone Girl) ont été récompensés. Je vous mets au défi d’identifier tous les précédents lauréats sans vérifier leur filmographie sur google !

2001 : et Eduardo Noriega

2002 : Ludivine Sagnier et (ex-æquo) et Hayden Christensen

2003 : Diane Kruger et Gael Garcia Bernal

2004 : Marion Cotillard et Rodrigo Santoro

2005 : Kelly Reilly et

2006 : et

2007 : et Nick Cannon

2008 : Tang Wei et

2009 : Léa Seydoux et David Kross

2010 : Liya Kebede et

2011 : Astrid Bergès-Frisbey et Niels Schneider

2012 : Shailene Woodley et Ezra Miller

2013 : Blanca Suárez et Jeremy Irvine

2014 : Adèle Exarchopoulos et Logan Lerman

J’adore la vidéo ci-dessous qui révèle que, oui, Jack O’Connell peut mal jouer.

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Pascal Le Duff

Cet article a été écrit par Pascal Le Duff, rédacteur en chef cinéma sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles