Critique : Un jeune poète
Dans le court La Dame au chien, Rémi Taffanel, à peine adolescent, et ingénu, était invité dans le logis d'une femme mûre à la sensualité plus que trouble. Quelques années plus tard, le voici au cœur du nouveau film de Damien Manivel, un long métrage cette fois, toujours expérimental, où il cueille le jeune Rémi au sortir de ses dix-huit ans pour faire de lui un jeune homme à la recherche de sa vocation poétique, lors de vacances d'été passées à Sète.
Critique : Femmes d’Argentine (Que Sea Ley)
Le 14 juin 2018, en Argentine, la Chambre des Députés a donné une approbation préliminaire à un projet de loi légalisant l'avortement. Le 8 août 2018, le Sénat, a rejeté la loi par 38 voix contre et 31 voix pour. Entre ces 2 dates, Juan Solanas a filmé les manifestations et rencontré de nombreuses personnes concernées par ce sujet.
Intégrale Claude Berri #02 : Mazel Tov ou le mariage (1968)
Avec Le vieil homme et l’enfant son film précédent, Claude Berri s’était fait un nom et la récompense obtenue à Berlin pour son film l’a probablement encouragé à entretenir son « regard » de cinéaste, sa capacité à observer sans juger, qui faisait toute la valeur de son premier film. Avec Mazel Tov ou le mariage en 1968, il fait le choix de revenir à ses contemporains, et de dresser avec malice un portrait des aspirations, rêves et contradictions des jeunes au sein de la communauté juive à la fin des années 60
Critique : L’heure de la sortie
Sébastien Marnier conduit son récit avec un talent certain, ce qui, après "Irréprochable", en fait un réalisateur dont on suivra les prochaines réalisations avec attention.
Critique : Fièvre
Louis Delluc désigne aujourd'hui l'un des prix les plus importants du cinéma français. Les films de ce réalisateur, reconnu comme le premier critique de cinéma (dans son appellation la plus noble), sont étonnamment peu connus aujourd'hui. Cette Fièvre qui monte dans un petit bar marseillais est un exemple du talent d'un cinéaste décédé très jeune et qui mérite d'être redécouvert, notamment dans le cadre de la rétrospective Toute la mémoire du monde, ce dimanche 7 février à 14h, au Christine 21 (4 rue Christine, métro St Michel), précédé d'une présentation.
Critique : Arc de Triomphe
Cette adaptation du roman de Erich Maria Remarque, qui a déjà dû sembler assez démodée lors de sa sortie après-guerre, a regagné une pertinence insoupçonnée en notre époque de flux migratoires inégalés. Malgré son décor artificiel, vrai uniquement en termes de reconstructions hollywoodiennes friandes de clichés sur Paris, elle sait par moments retranscrire ce que cela veut dire d’être un immigré clandestin dans un pays, préoccupé par des soucis plus pressants et égoïstes que l’accueil digne des hommes, des femmes et des enfants qui y cherchent refuge.
Critique : Dealer
Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de France. En effet, alors que l'on ne cesse de louer la diversité du cinéma français, il arrive encore aujourd'hui que des projets sortant des rails d'un certain cinéma français (en gros, autre chose que des comédies populaires, des adaptations de romans à succès ou des films d'auteur dont les provinciaux se foutent) connaissent quelques difficultés lors de leur sortie, voire même lors de leur fabrication. Faisant l'impasse volontaire d'une sortie salles de façon à s'attirer un plus large public, le film est disponible depuis le 1er octobre sur Vimeo à l'adresse suivante : www.dealermovie.com. Sa diffusion sera ensuite étendue courant novembre sur les principales plates-formes de VOD (iTunes, Google, Amazon, Playstation Store...
Critique : Interstellar
La sortie d'un nouveau film de Christopher Nolan est forcement un événement. Le réalisateur de la trilogie Dark Knight et Inception est l'un des rares réalisateurs de blockbusters dont les films sont indiscutablement l'œuvre d'un auteur et non le résultat des attentes de la production.
Twixt
Quand l'un des piliers du cinéma moderne (Le Parrain, Apocalypse Now, Dracula...) revient sur nos écrans avec un film d'horreur à petit budget dans lequel il endosse toutes les casquettes (ou presque), on trouve forcément de l'intérêt à son film. Coppola père nous propose cette fois un long-métrage fantastique, Twixt, offert pour l'ouverture du 19ème festival de Gérardmer.
The Spirit
Frank Miller est très grossièrement le Polanski de la BD. Excellents dans leurs domaines respectifs controversés dans leur vie privée pour diverses raisons soient-elles. Frank Miller c’est surtout le génie créateur de Sin City (la BD), pour laquelle il s’essaya (fugacement a priori) à la réalisation aux côtés d’El Gringo Rodriguez et de son acolyte décérébré Tarantino. The Spirit est la première « œuvre » de Miller en tant que réalisateur. Après avoir vu le film on ne peut constater qu’une chose : sur Terre il y’a le Sida, le Paludisme et The Spirit.
Critique : La Vénus à la Fourrure
Seul dans un théâtre parisien après une journée passée à auditionner des comédiennes pour la pièce qu’il s’apprête à mettre en scène, Thomas se lamente au téléphone sur la piètre performance des candidates. Pas une n’a l’envergure requise pour tenir le rôle principal et il se prépare à partir lorsque Vanda surgit, véritable tourbillon d’énergie aussi débridée que délurée. Vanda incarne tout ce que Thomas déteste. Elle est vulgaire, écervelée, et ne reculerait devant rien pour obtenir le rôle. Mais un peu contraint et forcé, Thomas la laisse tenter sa chance et c’est avec stupéfaction qu’il voit Vanda se métamorphoser. Non seulement elle s’est procuré des accessoires et des costumes, mais elle comprend parfaitement le personnage (dont elle porte par ailleurs le prénom) et connaît toutes les répliques par cœur. Alors que l’« audition » se prolonge et redouble d’intensité, l’attraction de Thomas se mue en obsession…
Critique : Béliers
Avec "Béliers", Grímur Hákonarson nous propose un film dans lequel on ne s'ennuie jamais sur un monde qui est en train de disparaître et qui est étranger à la plupart d'entre nous. Son histoire, il la raconte en utilisant souvent, de façon très intelligente, des plans séquence qui ont toujours la bonne durée, l'action se mettant à rebondir au moment précis où on pense qu'il ne va plus rien se passer.



















