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Critique Express : Les recommencements

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Critique Express : Les recommencements

Titre original : Les recommencements
Réalisateur et scénariste : Isabelle Ingold, Vivianne Perelmuter
Casting principal : Al Moon
Genre : Documentaire
Durée : 1h27
Pays : Belgique, France (2025)
Distributeur : VraiVrai Films
Date de sortie : 21 octobre 2026

Note de la rédaction★★★★★★★★★★3 / 5

Synopsis : Vétéran de la guerre du Vietnam, Al Moon vit en solitaire sur les terres de sa tribu, en Californie du Nord. À mesure que la violence et les destructions écologiques s’abattent sur la réserve, d’anciennes angoisses refont surface. Al n’a plus le choix : il doit prendre la route pour affronter ce qui le hante, et retrouver les hommes de son bataillon. Chaque rencontre sur le chemin dévoile un pays divisé, aux prises avec ses propres blessures. Affronter la vérité est alors la plus rude des épreuves.

Critique Express : Les recommencements

Quelqu’un ou quelqu’une dont la profession consiste à réaliser des documentaires voyagera toujours avec tout son matériel image et son quitte à devoir se priver de charger sa valise en vêtements de rechange. Conséquence : lors de ses voyages, il lui faudra régulièrement se rendre dans un lavomatique afin d’éviter de porter des vêtements d’une propreté douteuse. Conséquence de la conséquence : cela pourra l’amener à faire des rencontres dont certaines se révéleront d’une grande richesse. C’est ce qui est arrivé à Isabelle Ingold et Vivianne Perelmuter dans le nord de la Californie : alors qu’elles attendaient dans un lavomatique que le processus de lavage et de séchage de leurs vêtements soit terminé, un homme qui avait deviné qu’elles étaient européennes est venu vers elles. Al Moon, un vétéran du Vietnam, amérindien Redwood Creek du côté de son père et Yurok du côté de sa mère. Alors que Al Moon leur avait déjà manifesté son souhait de traverser les Etats-Unis et de retrouver les hommes de son ancien bataillon lors de cette rencontre, ce n’est que plus tard, alors que Isabelle et Vivianne étaient revenues en Europe, qu’elles ont appelé Al Moon pour lui proposer de faire un film de ce voyage qu’il désirait faire. Un voyage au cours duquel Viviane et Isabelle partageraient les conditions de vie de Al Moon, un habitué des nuits passées sous la tente. Le film tourné par Isabelle Ingold et Vivianne Perelmuter commence sous la forme d’un petit documentaire sur les saumons du fleuve Klamath, un fleuve qui prend sa source dans le sud de l’Orégon et rejoint le nord de la Californie pour se jeter dans le Pacifique. La pêche des saumons a toujours été d’une grande importance pour les amérindiens Yurok, mais quand, à l’automne, les Yurok ont rendez-vous avec les saumons, il y en a de moins en moins, les causes principales de cette raréfaction étant la présence de barrages sur le fleuve et une maladie mortelle causée par un ver marin. Une espèce a pris le dessus sur une autre, de la même façon que l’homme blanc a pris le dessus sur les amérindiens. Il y a autre chose qui relie les saumons et Al Moon : alors que les saumons remontent chaque année le cours de leur rivière natale, Al Moon a décidé de remonter le cours de sa vie pour se confronter à son passé et retrouver les compagnons d’arme de son bataillon qu’il n’a jamais revus.

Ce retour vers le passé en compagnie d’Isabelle et de Viviane est fait sous la forme d’un road-movie avec de belles images mettant en valeur certains paysages grandioses des Etats-Unis, accompagnées des réflexions de Al Moon sur un certain nombre de sujets : la violence, la passion pour les armes qu’on retrouve chez de très nombreux américains, le fait que « quand tu commences à tuer, c’est facile de recommencer », le rapprochement qu’on peut faire entre les vietcongs et les amérindiens, le révélateur que peuvent être les actions entreprises en zone de guerre sur la vraie nature d’un homme dans la mesure où toute guerre rabaisse les valeurs morales qui ont cours dans la vie civile. Ce n’est qu’à la fin du film qu’on apprend que Al Moon avait quitté sa famille dès l’âge de 11 ans et, un peu plus tard, qu’un évènement gravissime le concernant avait profondément marqué son existence future.

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