Test Blu-ray : MadS

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Test Blu-ray : MadS

Titre original : MadS
Réalisateur et scénariste : David Moreau
Casting principal : Milton Riche, Laurie Pavy, Lucille Guillaume
Genre : Horreur Date de sortie DVD/BR : 21 octobre 2026
Durée : 1h29
Pays : France (2024)
Éditeur : Blaq Out

Romain, un jeune de 18 ans, fait un détour par l’appartement de son dealer pour acheter une nouvelle substance avant de se diriger vers une fête. Mais sur la route, il rencontre une femme blessée qui s’éclate la tête à mort contre le tableau de bord. Le début d’un bad trip très sanglant…

Test Blu-ray : MadS

Le film

[4/5]

Avec MadS, David Moreau signe un film d’horreur français à la fois efficace et presque expérimental, dont la particularité formelle – il s’agit d’un unique plan-séquence de 90 minutes – devient le cœur même du dispositif. Le film suit un jeune homme percutant sur la route une femme en état de choc, le visage totalement rempli de bandages. Cette femme sera à l’origine d’une infection de zombies, qui se propagera autour du personnage principal comme une fièvre animale, incontrôlable, violente. La situation dégénère minute après minute, sans ellipse, sans respiration, sans échappatoire, passant d’un personnage central à un deuxième, avant d’enchaîner avec un troisième dans le dernier acte du film.

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Le choix du plan unique n’est évidemment pas un gadget destiné à faire joli sur la jaquette. Il transforme le récit en temps réel suffocant, où chaque geste, chaque montée de tension, chaque dérapage physique devient un événement. David Moreau avait déjà démontré, avec Ils ou The Eye, son intérêt pour les dispositifs horrifiques capables de jouer avec les nerfs du spectateur. Avec MadS, il pousse cette logique beaucoup plus loin en faisant de la mise en scène elle-même une contrainte permanente. Impossible de couper, impossible de tricher avec le temps, impossible de cacher une information derrière un changement de plan : tout doit arriver sous les yeux du spectateur.

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La caméra de David Moreau, toujours au plus près des corps, capte la sueur, les tremblements, les spasmes, les cris et les mouvements désordonnés avec une proximité presque documentaire. La sensation de danger devient alors particulièrement physique. MadS ne cherche pas seulement à montrer une contamination : il donne l’impression de la faire circuler à travers l’image. Les personnages passent littéralement le relais à mesure que la caméra les abandonne pour en suivre un autre, comme si le virus contaminait également le dispositif cinématographique. La caméra devient ainsi un personnage supplémentaire, incapable de prendre ses distances avec le chaos qu’elle accompagne.

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Cette mécanique permet également à MadS de jouer avec une forme de suspense assez primitive. Le spectateur sait que quelque chose va forcément arriver, mais ignore quand et surtout comment. Chaque déplacement dans un couloir, chaque ouverture de porte, chaque voiture qui s’arrête peut devenir le point de départ d’une nouvelle catastrophe. L’absence de coupe supprime les respirations habituelles du film d’horreur et donne à certaines scènes une brutalité particulièrement efficace. Même les moments plus calmes restent contaminés par l’idée que le danger peut surgir à n’importe quel instant.

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L’infection elle-même évite d’ailleurs une approche trop mécanique du zombie traditionnel. Ce qui intéresse David Moreau tient davantage de la crise de démence collective, de la fièvre et de la perte progressive de contrôle des corps. Les comportements deviennent sauvages, les personnages réagissent de manière instinctive et la violence semble parfois surgir avant même qu’ils aient réellement compris ce qui leur arrive. Cette dimension organique donne à MadS une identité assez singulière, loin d’un simple exercice de style. Le film est d’ailleurs suffisamment généreux dans ses débordements pour ne jamais donner l’impression que son fameux plan-séquence constitue sa seule raison d’être.

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Et c’est peut-être là que MadS devient particulièrement intéressant dans le paysage du cinéma de genre français. Car le film n’est pas un cas isolé dans la carrière récente de David Moreau. Other, que l’on a également pu découvrir cette année sur OCS, témoignait déjà d’une véritable ambition dans le domaine du fantastique et de l’horreur. Deux films différents, deux propositions formellement travaillées, mais un même constat : malgré leurs qualités évidentes, ces œuvres ont essentiellement été découvertes dans le cadre d’une exploitation directement sur une chaîne ou une plateforme, loin de la visibilité qu’aurait pu offrir une véritable sortie en salles.

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Le cas de David Moreau illustre finalement assez bien le problème actuel du genre en France. Les films d’horreur hexagonaux ont beau être de plus en plus inventifs, les portes restent difficiles à ouvrir lorsqu’ils ne peuvent pas s’appuyer sur une franchise connue, un gros casting ou un statut de film événementiel. Entre le cinéma de genre ultra-commercial et les œuvres suffisamment prestigieuses pour intégrer les circuits festivaliers, il existe une zone beaucoup plus compliquée à occuper. Et c’est précisément là que se retrouvent des films comme Other et MadS. Le paradoxe est assez cruel : voilà deux excellents films de David Moreau, ambitieux, personnels et techniquement solides, mais dont la visibilité auprès du grand public reste relativement limitée. La diffusion sur OCS permet évidemment à ces œuvres d’exister et de rencontrer leur public, mais elle rappelle aussi que le cinéma de genre français peut aujourd’hui être condamné à une forme de discrétion alors même qu’il ne manque ni d’idées ni de cinéastes prêts à prendre des risques.

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Au final, MadS s’impose donc comme une excellente surprise : un film sec, tendu, techniquement impressionnant, qui prouve que l’horreur française peut encore surprendre par sa radicalité formelle. L’exercice du plan-séquence aurait pu tourner au simple tour de force. Il devient au contraire le moteur d’un cauchemar qui ne laisse quasiment jamais le temps de reprendre son souffle. Et si le film mérite largement d’être découvert, il rappelle aussi, avec Other, qu’il existe en France un cinéma de genre autrement plus stimulant que sa visibilité actuelle pourrait le laisser croire.

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Le Blu-ray

[4/5]

C’est à Blaq Out que l’on doit cette édition Blu-ray de MadS, proposée dans son format original et avec une image HD qui permet de profiter pleinement du travail particulièrement physique de David Moreau et de son chef opérateur Philip Lozano. Tourné comme un gigantesque plan-séquence, le film multiplie les mouvements de caméra, les passages dans des environnements très différents et les changements de lumière, autant de situations susceptibles de mettre à mal un encodage. La galette s’en sort globalement avec les honneurs : définition précise, piqué satisfaisant et textures correctement restituées, notamment sur les visages et les décors. Les scènes nocturnes et les passages les plus sombres constituent naturellement le principal défi, avec une image qui peut perdre un peu de lisibilité dans les zones les moins éclairées. Rien qui ne vienne cependant gâcher l’expérience, d’autant que l’aspect numérique et très contemporain de la photographie est ici correctement respecté. Une belle présentation HD, même si les conditions de tournage particulières ne permettent évidemment pas de rivaliser avec les grosses productions bénéficiant de moyens autrement plus importants. Côté son, Blaq Out soigne également son édition avec un mixage proposé en DTS-HD Master Audio 5.1. La musique, les ambiances et les effets profitent d’une spatialisation particulièrement efficace, avec une dynamique qui accompagne parfaitement les brusques montées de tension. Le film étant construit autour du mouvement permanent de la caméra et d’une sensation de chaos continu, le mixage 5.1 joue un rôle essentiel dans l’immersion. Les dialogues restent parfaitement intelligibles et s’intègrent sans difficulté au reste de la bande-son, tandis que les basses viennent renforcer les séquences les plus violentes sans jamais transformer l’ensemble en bouillie sonore. Également disponible, un mixage DTS-HD Master Audio 2.0 constituera une alternative tout à fait correcte pour les cinéphiles non équipés de système de spatialisation sonore : l’ensemble est évidemment plus frontal mais suffisamment clair et équilibré. Pas de bonus.

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