Critique : La Vie d’Adèle
Âgée de quinze ans, Adèle est convaincue qu'une fille doit rencontrer des garçons et rêve du grand amour. Elle pense l'avoir trouvé en la personne de Thomas, un jeune homme mystérieux, mais sympathique. Elle rencontre le même jour Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, et cette rencontre bouleverse totalement sa vie. Emma hante chaque nuit ses rêves et ses désirs les plus intimes. Adèle tente d'ignorer ses sentiments et essaye de se livrer à Thomas, mais elle réalise qu'elle a une attirance pour les filles. Adèle découvre le désir et s'affirme en tant que femme et en tant qu'adulte.
Albi 2018 : Cornélius Le Meunier hurlant
Une comédie bucolique, un conte pour adultes, un trip chamanique, un western, une tragédie romantique, une énième occasion d'admirer à petites doses le génie fou de Denis Lavant : Cornélius Le Meunier hurlant est tout cela à la fois. Projeté au Festival d'Albi dans le cadre de divers dispositifs pédagogiques, le premier long-métrage de Yann Le Quellec peine malheureusement à s'approprier pleinement ces influences complémentaires, à en faire une œuvre cohérente et unique, plutôt que l'enchaînement cabossé de variations de ton aiguës.
Cannes 2014 : La Chambre bleue
Après Tournée, prix de la mise en scène en 2011, Mathieu Amalric revient à la réalisation et au Festival de Cannes 2014 dans la section Un Certain Regard avec un film minimaliste, au joli pouvoir de fascination..
Berlinale 2023 : Almamula
L'homosexualité et la religion ne font pratiquement jamais bon ménage. Entre la chair et l'esprit, le profane et le sacré, il y a un gouffre que peu d'hommes et de femmes osent franchir. Cette nature irréconciliable est mise de façon astucieuse au cœur de Almamula, présenté dans la section Generation 14plus et hélas déjà notre dernier film en cette 73ème Festival de Berlin.
Critique : Taxi Téhéran
Pour le réalisateur iranien Jafar Panahi, tourner des films relève de la nécessité vitale, voire de la principale raison d’être, plus forte que tous les obstacles qui peuvent l’en empêcher. Le cinéma fait partie de ses gènes, au grand dam du régime totalitaire de son pays et au profit des cinéphiles à travers le monde, qui ont le privilège de découvrir ses œuvres interdites de sortie dans leur pays d’origine. Le fait de regarder un film de Jafar Panahi, sous le coup depuis cinq ans d’une condamnation sévère qui était censée le réduire au silence pendant deux décennies, a hélas toujours quelque chose de politique.
Critique : Julieta
Le film s’ouvre sur un très gros plan, l’image est insondable. Des plis et des creux fluides, couleur vermillon, se déploient et se resserrent. La masse flamboyante hypnose, happe le spectateur tout entier dans l’abstraction d’une image qui ne contiendrait plus que l’essence d’un mouvement. Des frémissements agitent imperceptiblement la surface, comme le vent sur un champ d’herbes folles. Notre regard continue de suivre ce mouvement particulier, presque vacillant. Et cela suffit. Tout le suc de Julieta résiderait dans ce premier plan. Une absence palpable. L’écran s’élargit, et nous comprenons alors qu’il s’agit d’une étoffe épousant les formes d’un buste féminin. En hors-champ, une sonnette retentit. Le cadre devient plus ample. Notre respiration reprend. Julieta se lève et, nous entraînant alors dans le mouvement aérien de sa robe de chambre en satin écarlate, ouvre la porte. À la beauté, à la laideur.
Lonesome Jim
Les films relatant la dépression et la tristesse sont nombreux au cinéma : Dans Paris de Christophe Honoré, Mélancholia de Lars Von Trier, A Serious Man des frères Coen…
Critique : Une jeunesse dorée
Une histoire sans intérêt sur une faune sans intérêt.
Critique : Cake
Jennifer Aniston souffre beaucoup dans le rôle, qui aurait dû lui garantir la consécration en tant qu’actrice dramatique. Le problème, c’est que son interprétation relève précisément du numéro d’acteur, appliqué et sérieux, mais en même temps calculé jusqu’à la moindre larme près et par conséquent nullement naturel. A cause de ce jeu trop conscient de lui-même, le destin de cette femme meurtrie dans l’âme et dans le corps nous importe peu. Son pessimisme dépressif suscite presque chez nous l’envie morbide de voir tôt ou tard son malheur culminer dans la tragédie suicidaire. Cela aurait au moins fourni un dénouement grandiloquent de toute beauté à ce film aux enjeux ennuyeusement minimalistes. Au moins, les personnages secondaires qui gravitent autour de la héroïne moribonde nous donnent un peu plus envie de suivre l’histoire, grâce à leur courage plus manifeste de faire face à une situation désespérante.
Le Secret de l’enfant fourmi
Cécile (Audrey Dana) part retrouver au Bénin Didier (Robinson Stévenin), son ancien compagnon qui l’a quittée brusquement, avec le vague espoir de le reconquérir et de le ramener en France. Mais le jeune homme s’est installé en Afrique durablement (il s’occupe d’une réserve, et fait notamment la chasse aux braconniers) et il laisse Cécile explorer seule les alentours. S’étant égarée en pleine brousse, cette dernière passe la nuit dans sa voiture et a la surprise à son réveil de se voir remettre sans autre forme de procès par sa mère, visiblement apeurée et qui s’enfuit aussitôt, un nourrisson endormi. Ayant en vain essayé de retrouver la trace des parents et en butte à l’hostilité générale, la jeune Française ne peut se résigner à laisser l’enfant, comme tout le monde le lui conseille, à l’orphelinat local. Didier va aider Cécile à adopter le bébé (qu’elle baptise « Lancelot », avant de revenir 8 mois plus tard le chercher). Plusieurs années tranquilles se passent près de Bordeaux, quand Lancelot (Elie-Lucas Moussoko) qui vient d’entrer au CP, se met à avoir des réactions de plus en plus étranges. Sa mère adoptive croit alors opportun de le ramener en Afrique à l’occasion d’un congé scolaire, en quête de ses racines. C’est à un « secret » douloureux qu’ils vont être confrontés.
Critique : Nevada
Le drame carcéral compte parmi les genres les plus balisés du cinéma. Il n'y a rien d'autre à y faire pour ces hommes ou ces femmes – tiens, enfin un domaine où la parité est à peu près respectée – derrière les barreaux que de tourner en rond, quitte à ne surtout pas compter les minutes qui restent jusqu'à une hypothétique libération par voie d'évasion ou d'effacement de peine.
Critique : Storia di vacanze
Avec sa voix off légèrement manipulatrice et ironique, le second long métrage des frères D’Innocenzo débute sous des auspices laissant croire au retour de la comédie féroce à l’italienne.



















