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Critiques de films Drame — 09 janvier 2019
Critique : Une jeunesse dorée


France : 2018
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Eva Ionesco,
Interprètes : , , ,
Distribution :
Durée : 1h52
Genre : drame
Date de sortie : 16 janvier 2019

1/5

Fille de la photographe Irina Ionesco, Eva Ionesco a fait ses débuts cinématographiques comme comédienne, tournant dès 1976 dans Le locataire de Roman Polanski, alors qu’elle n’avait que 11 ans. Elle s’est tournée vers la réalisation en 2006, avec La loi de la forêt, un moyen métrage expérimental, puis, en 2011, avec My little princess, son premier long métrage, directement inspiré de sa propre enfance. C’est avec Simone Liberati, son mari, qu’Eva Ionesco a écrit le scénario de Une jeunesse dorée, suite de My little princess.

Synopsis : Paris 1979, au cœur des années Palace. Haut lieu de la nuit où se retrouvent artistes, créatures et personnalités, guidés par une envie de liberté.
Rose, une jeune fille de 16 ans issue de la DASS, et son fiancé Michel, 22 ans, jeune peintre désargenté, vivent leur première grande et innocente histoire d’amour.
De fêtes en fêtes, ils vivent au jour le jour, au gré des rencontres improbables de la nuit.
Lors d’une soirée, Rose et Michel font la connaissance de Lucille et Hubert, de riches oisifs, qui vont les prendre sous leur aile et bousculer leur existence.

La bande du Palace

Dans My little princess, son premier long métrage, Eva Ionesco s’était largement inspirée de son enfance, mettant en scène une mère photographe qui transformait sa fille de 10 ans en modèle, un modèle qu’elle érotisait et dont elle faisait un objet de convoitise. Dans My little princess, la fillette se prénommait Violetta. Changement de fleur dans Une jeunesse dorée : Violetta est devenue Rose, mais c’est bien la suite de sa jeunesse qui nous est racontée par Eva Ionesco, lorsque, après avoir été confiée à la DDASS durant plusieurs mois, elle débarque à Paris en 1979, âgée de 16 ans et accompagnée de Michel, jeune adulte de 22 ans et peintre à ses heures perdues.

Lorsque Rose et Michel arrivent à Paris, le lieu incontournable où se rencontrent les noctambules parisiens a pour nom Le Palace, ancienne salle de cinéma devenue depuis un an LA boite à la mode, celle où se rencontrent des artistes du cinéma ou de la chanson, des créateurs de mode, des personnalités diverses et des anonymes qui se noient ensemble dans l’ivresse de la nuit, tous vainement obnubilés par leur apparence, tous persuadés d’être différents des autres.  Rose et Michel y deviennent vite des habitués et y font la rencontre du couple formé par Lucille et Hubert, une riche bourgeoise et son gigolo, pseudo-écrivain. Un rapport  toxique va alors s’établir entre Rose et Michel et ces quinquagénaires friqués et désœuvrés.

Une faune superficielle et sans intérêt

Dans Une jeunesse dorée, Eva Ionesco décrit un monde qu’elle a très bien connu et on peut penser que la peinture qu’elle fait de la faune qui hantait Le Palace à la fin des années 70 est proche de la réalité. Certes, le couple Lucille et Herbert a été inventé, mais des personnages réels sont évoqués, tels le chanteur Johnny Thunders et le journaliste Alain Pacadis, et, dans d’autres personnages du film, on peut reconnaître des figures de la bande du Palace, ne serait-ce que l’artiste Charles Serruya, devenu Michel, le « chaperon » de Rose, avec 7 ans de moins que dans la réalité, ou le décorateur Vincent Darré, auquel Alain-Fabien Delon prête ses traits sous le nom d’Adrien, et le chausseur Christian Laboutin qui est devenu Yvan dans le film.

La peinture de cet univers artificiel qui se nourrit de fêtes, de drogues et de sexe arrive-t-elle à donner de l’intérêt et de la consistance au film d’Eva Ionesco ?  En fait, la particularité de la question, c’est que, si on connait un peu la personne à qui la question est posée, on est capable de deviner la réponse quasiment à coup sûr ! On laissera donc à Libération et aux Inrockuptibles l’enthousiasme avec lequel ils vont, n’en doutons pas, accueillir ce film et osons affirmer que Une jeunesse dorée nous raconte une histoire sans intérêt sur une faune superficielle et sans intérêt. Par contre, il serait malhonnête de ne pas mettre en lumière un côté positif du film (le seul ?) : la magnifique photo d’.

Dans la distribution

Jeune, très jeune, Eva Ionesco avait été littéralement exploitée par sa mère. Un peu moins jeune, Lukas, son fils, a lui aussi été exploité en tournant le rôle principal dans The smell of us du très sulfureux Larry Clark. Ce fils, Eva Ionesco lui fait jouer le rôle de Michel, le chaperon et l’amant de Rose, le personnage qui l’incarne, elle, dans son film. Dans le rôle de Rose, on retrouve Gallatea Bellugi, la jeune comédienne qui, il y a un an, interprétait le rôle d’Anna, une jeune fille qui, dans L’apparition de Xavier Giannoli, affirmait avoir eu une apparition de la Vierge Marie. Sérieux changement de programme !

Mère de Violetta dans My little princess, Isabelle Huppert devient ici Lucille auprès de Melville Poupaud, interprète de Hubert. On les a connus meilleurs !

Conclusion

Après The little princess, Eva Ionesco continue de visiter sa propre existence dans Une jeunesse dorée. Si la forme du film s’avère de très bonne qualité, grâce, surtout, au travail de la Directrice de la photographie Agnès Godard, on ne peut pas en dire autant en ce qui concerne le fond : une histoire sans intérêt sur une faune superficielle et sans intérêt.

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles