Critiques de films Drame — 11 janvier 2012
Lonesome Jim

Lonesome Jim avec Casey Affleck, Liv Tyler

USA : 2005
Titre original : Lonesome Jim
Réalisateur :
Scénario : James C. Strouse
Acteurs : , ,
Distribution : MK2 Diffusion
Durée : 1h31
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 16 novembre 2005

Globale : [rating:3.5][five-star-rating]

Les films relatant la dépression et la tristesse sont nombreux au cinéma : Dans de Christophe Honoré, Mélancholia de Lars Von Trier, des frères Coen… Le sujet a été tourné et retourné, néanmoins, Steve Buscemi (Armageddon, Reservoir Dogs, Boardwalk Empire) nous livre un objet original et tout en délicatesse. Lonesome Jim est le troisième long métrage du réalisateur, acteur, scénariste, producteur. Habitué aux productions indépendantes, il dévoile dans ce film intimiste sa vision de la mélancolie.

Synopsis : Las de sa vie de promeneur de chiens à New York, Jim, 27 ans, regagne à contrecœur l’Indiana rural où il est né. De retour dans sa chambre d’enfant, il retrouve vite les raisons de son départ : l’amour étouffant de sa mère, la présence effacée de son père, les frasques immatures de son oncle. Lorsque son frère est victime d’un accident de voiture, Jim prend sa place à l’usine de ses parents et accepte de s’occuper de ses deux nièces. Sa rencontre avec une infirmière et son jeune fils le déleste de ses propres angoisses et jette sur sa vie ordinaire une lueur d’espoir…

Lonesome Jim avec Casey Affleck, Liv Tyler

Une atmosphère sereine se dégage de ce sujet dramatique

Lonesome Jim aborde le thème de la dépression de manière originale : Jim est un personnage triste ne sachant pas comment vivre son sentiment de mal-être. À l’inverse des Poor Lonesome Cowboy, il expose cette souffrance parmi les siens, mais tout en restant solitaire. Un retour aux sources s’impose, mais qui n’est pas vraiment au gout de tout le monde. Le réalisateur filme une tristesse générale, celle de Jim et de son entourage, proche ou lointain, de manière calme et paisible, sans pour autant retirer l’impact des angoisses de chacun. On comprend assez vite les tensions entre les différents personnages sans qu’un mot ne soit dit, la colère pouvant cacher l’admiration ou la surenchère affective un manque d’amour. La scène où la mère demande à Jim comment elle a fait pour rendre ses enfants aussi tristes est très touchante et juste. La famille idéale américaine n’est plus du tout d’actualité et laisse place à des êtres vrais, cherchant leur place dans ce monde froid et violent.

Le réalisateur se sert de caméra numérique, non pas pour une plus grande possibilité de mouvement ou de rapidité, mais pour créer une bulle intimiste autour de son sujet. Il privilégie d’ailleurs les mouvements fixes avec peu de dialogue, mais jamais dans un rythme trop ralenti. D’autre part, le sujet dramatique du film ne l’empêche pas d’être doté d’un certain humour noir, toujours respectueux, disséminé par-ci par-là, majoritairement dans les dialogues. Le ton général est assez juste, jonglant entre dépression, frustration, suicide, vie quotidienne et ironie légère. L’histoire, qui se veut simple à la base, se fragmente en mini-récits inattendus, mais plausibles, qui redonnent de l’intérêt à l’ensemble.

« Je revenais pour faire une dépression, mais cet enfoiré m’a grillé. »
(Jim, en parlant de son frère dans le coma)

Lonesome Jim avec Casey Affleck, Liv Tyler

Un duo d’acteurs sobre et efficace

Casey Affleck interprète un Jim agaçant, égoïste et qui a besoin d’être plaint et/ ou de recevoir des claques. L’acteur a su donner à son personnage à la fois assez de souffrances pour qu’on puisse compatir, mais sans le dépourvoir de cette lueur d’espoir et de sympathie nécessaire. Le réalisateur demande aux spectateurs de faire un effort pour comprendre et accepter ce personnage, et cette implication permet de donner au récit un rythme au semblant de non-action.

Liv Tyler est un vrai brin de fraicheur, elle offre à Anika une douceur infinie et fait de son personnage à la fois un roc (elle est l’infirmière et la mère, c’est donc elle qui soigne et les gens ont l’habitude de se reposer sur elle) et à la fois une femme fragile, en difficulté, qui a besoin d’aide mais qui ne peut se résoudre à en demander. Aux risques d’être égratignée au passage, elle aime profondément les gens et c’est exactement ce dont a besoin Jim.

Malgré l’utilisation de minicaméras et la moitié de l’équipe technique bénévole, le film a couté plus de 3 fois ce qu’il a rapporté au Box-office. Cependant, s’il n’a pas trouvé les faveurs du public en salle, il a remporté celles des critiques et a participé au festival de Sundance et de Deauville en 2005.

Résumé

Lonesome Jim est un film intimiste traitant la dépression de manière respectueuse et paisible. La force du réalisateur est de ne pas en faire trop, raconter seulement le nécessaire grâce à une histoire parfois drôle, parfois triste et un duo d’acteurs efficace.

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Laurie

Cet article a été rédigé par Laurie Villenave, Rédactrice de Critique Film.