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Critique Express : Melpomène

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Melpomène 

France : 2026
Titre original : –
Réalisation : Charlotte Dauphin
Scénario : Charlotte Dauphin
Interprètes : Charlotte Dauphin, Pascal Greggory, Andie MacDowell
Distribution : New Story
Durée : 1h28
Genre : Drame
Date de sortie : 23 septembre 2026

4/5

Synopsis : Trente ans après la mort mystérieuse de sa mère, Marthe revient dans le sud de la France pour faire éclater la vérité. Mais plus elle s’approche de son passé, plus le réel semble lui échapper.

Hasard malicieux ou bien signe que Le Grand Pic du Cap Roux, Anthéor et le Cap du Dramont sont en passe de devenir les lieux d’accueil d’autres films dans le futur, toujours est-il que, une semaine après la sortie de Les roches rouges  de Bruno Dumont, tourné en grande partie dans l’Estérel, voici qu’arrive Melpomène, le 2ème long métrage réalisé par l’actrice et productrice Charlotte Dauphin, tourné également dans l’Estérel, ce magnifique massif aux rochers rouges situé entre Cannes et Saint-Raphaël. Pas du tout découragée par l’énorme flop, il y a 6 ans, de L’autre, son premier long métrage, Charlotte Dauphin est repartie vaillamment à l’attaque, et force est de reconnaitre qu’elle a eu entièrement raison. En effet, alors qu’on se plaint souvent d’un nombre trop important de films à la réalisation trop impersonnelle, la réalisatrice arrive avec un film débordant d’inventivité formelle sur la santé mentale d’une femme sans avoir besoin pour autant de faire appel à des effets spéciaux ou autres  procédés plus ou moins boiteux. Plus simplement, des lieux de tournage en phase avec le sujet, en particulier l’utilisation du Palais Bulles de Pierre Cardin, construit par Antti Lovag à Théoule-sur-Mer, censé abriter le cabinet du docteur Rozère, un psychiatre incapable d’écouter ses patients, incapable de se remettre en question et qui commence à prendre des notes sur sa patiente dès la première consultation sans même lui avoir demandé l’autorisation ; une science du cadrage avec des plans particulièrement travaillés ; des images aux couleurs magnifiées par la chaleur méditerranéenne ; un montage qui fait monter progressivement la tension et qui arrive, en cherchant souvent à le perdre et en le récupérant à chaque fois in extrémis,  à installer de plus en plus le spectateur au cœur des affres que rencontre Marthe Gauthier, une jeune professeure aux Beaux-Arts, qui se met en tête d’enquêter sur les causes de la mort de Léonie, sa mère, survenue 30 ans auparavant et dont le comportement de sa famille et du docteur Rozère face à ses interrogations, auquel s’ajoute un cancer du sein nécessitant une lumpectomie, a pour effet de la faire glisser petit à petit vers la folie ; une musique souvent oppressante qui a pour effet de mettre les nerfs à vif.

Pas de doute, on est bien là dans un vrai film de cinéma, réalisé par une jeune femme ayant des choses à dire sur la façon dont les femmes ont toujours souffert de la façon dont la société, les églises, les psy, des hommes presque toujours, ont cherché à interpréter, à cataloguer et, trop souvent, à punir tout ce qui, pour eux, chez elles, semblait sortir du cadre de LEUR normalité. Un film dont le titre fait référence à la muse de la tragédie, du chant et de l’harmonie vocale dans la mythologie grecque, la muse chargée d’inspirer les dramaturges lorsqu’ils écrivent des pièces sur la souffrance humaine et les dilemmes moraux. Ce que vit Marthe dans sa recherche de la vérité est une souffrance. Le film reprend d’ailleurs, dans la bouche de Marthe, une affirmation de Michel Foucault comme quoi le chemin pour accéder à la vérité passerait par la folie ! Ce film est excellent, est-il encore plus que cela pour autant ? Non, pour quelques raisons plus ou moins mineures : par exemple le fait que Charlotte Dauphin se soit crue crue obliger d’inclure une scène de « trémoussage », heureusement très courte, mais qui a quand même pour effet de casser pendant un moment le rythme du film. Le fait, aussi, d’avoir introduit un personnage, Georges, interprété par Finnegan Oldfield, dont on pense qu’il va jouer un rôle important dans l’histoire et qui disparait sans qu’on comprenne pourquoi. Contrairement à ce qu’elle avait fait pour L’autreCharlotte Dauphin a choisi d’interpréter le rôle principal. Elle s’est entourée d’une belle brochette de comédiens et de comédiennes dont on détachera particulièrement Pascal Greggory, à la normalité inquiétante dans le rôle du docteur Rozère, Marisa Berenson, interprète de la grand-mère toxique de Marthe, Andie MacDowell, interprète de Lady Rain, sculptrice à plein temps et sorte de fée à mi-temps. A propos de mi-temps, les amateurs de football auront la surprise de retrouver Robert Pirès dans le rôle d’un cousin de Marthe. Est-il parti sur les traces d’Eric Cantona ?

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