Test DVD : Made in China

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Made in China

 
France : 2019
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : , Kamel Guemra, Julien Abraham
Acteurs : Frédéric Chau, ,
Éditeur : TF1 Studio
Durée : 1h24
Genre : Comédie
Date de sortie cinéma : 26 juin 2019
Date de sortie DVD : 6 novembre 2019

 

François, jeune trentenaire d’origine asiatique, n’a pas remis les pieds dans sa famille depuis 10 ans après une violente dispute avec son père Meng. Depuis, il essaie toujours d’éviter les questions sur ses origines, jusqu’à mentir en faisant croire qu’il a été adopté. Mais lorsqu’il apprend qu’il va être père, il réalise qu’il va devoir renouer avec son passé et ses origines. Poussé par sa compagne Sophie, il se décide à reprendre contact avec les siens et retourne dans son treizième arrondissement natal pour leur annoncer la bonne nouvelle, accompagné de son meilleur ami Bruno. François est accueilli à bras ouverts par sa famille, à l’exception de son père et de son jeune frère. Le retour dans sa communauté ne va pas être si simple…

 


 

Le film

[3/5]

Alors que la carrière de Jamel Debbouze – en dépit d’une prestation vraiment amusante dans Alad’2 – semble s’embourber de plus en plus au fur et à mesure que les années passent, ça a l’air de rouler pour les membres du Jamel Comedy Club, qui pour de nombreux d’entre-eux sont parvenus à se faire un « nom » en dehors des planches du 42 boulevard Bonne Nouvelle : on pense forcément à des humoristes tels que Thomas N’Gijol, Fabrice Éboué, , Frédéric Chau, , , Blanche Gardin, , , , ou encore , qui ont tous su rebondir et se faire une place soit à la télévision, soit sur scène en solo, soit dans le petit monde du cinéma.

Repéré en 2006, Frédéric Chau était le seul Asiatique de la bande du Jamel Comedy Club : « Pas facile d’être un comédien asiatique si tu sais pas faire de karaté, de nems, ou que tu connais rien en informatique ! ». Mais sa carrière exploserait réellement en 2014 grâce à son rôle dans Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? de Philippe de Chauveron, qui lui permettrait d’obtenir un statut d’acteur confirmé. C’est probablement ce succès inattendu qui lui aura permis la mise en chantier de Made in China, décrit comme un projet de longue date et très personnel : si le film est consacré à la communauté asiatique à Paris, Chau va en effet y puiser dans son histoire personnelle afin d’enrichir le récit.

Sensible et assez original dans sa façon d’aborder une communauté très peu représentée dans le cinéma français, on peut néanmoins penser que Made in China a probablement été vaguement « desservi » par la popularité subite de Frédéric Chau : conçu comme une chronique douce-amère pleine de tendresse et d’humanité, le film de Julien Abraham a cependant été « vendu » comme une comédie abordant de façon frontale les clichés des occidentaux sur les asiatiques. Il s’agit là d’une grossière erreur quant à la nature du projet, sans doute à mettre au crédit d’une quelconque boite de com’ ou de pub n’ayant absolument rien compris au film. Made in China s’est ainsi vu affublé d’une affiche typique des comédies françaises de ces dernières années, alignant les différents membres du casting prenant la pose devant l’objectif, à la façon de celles – entre autres – des Bronzés 3, de Il a déjà tes yeux, de La ch’tite famille, des Tuche 1, 2 et 3, de All inclusive, de Christ(off), de Ibiza, de Ma famille t’adore déjà et bien sûr de Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? et de sa suite Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ? Des comédies très populaires en somme, jouant sur l’immédiateté, les quiproquos et la gaudriole – autant dire que l’on est à cent lieues de l’esprit et de la tonalité de Made in China… Et tant qu’à se vautrer dans le n’importe quoi, c’est tout juste si on n’y trouvait pas une accroche de type « Avec le chinois de Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? » ou « Mic-mac chinetoc ! »… Le résultat de cette méprise est que le film, qui aurait logiquement dû être exploité dans un circuit de 180 à 200 salles, s’est finalement vu distribué sur 378 copies, à la façon d’une grosse comédie française. Le problème bien sûr, c’est que Made in China n’est pas du tout de ce bois-là. De ce fait, l’échec du film au box-office – 263.000 entrées – apparait, avec le recul, comme malheureusement très prévisible.

C’est dommage, car Frédéric Chau autant que Julien Abraham (réalisateur du très sympathique La cité rose il y a quelques années) auraient mérités que leur projet, aussi sincère qu’inégal et parfois maladroit, soit appréhendé comme une chronique de mœurs aux vertus presque pédagogiques et non à la façon d’une comédie grand public alignant les clichés pour en tirer autant de gags.

 

 

Le DVD

[4/5]

C’est TF1 Studio qui nous propose aujourd’hui de retrouver Made in China sur galette DVD, et l’éditeur a, comme à son habitude, plutôt soigné sa copie. Côté image, la définition est d’une belle précision, les couleurs affichent une belle pêche et le piqué s’avère tout à fait satisfaisant, malgré quelques légères baisses de régime, principalement dans la gestion des noirs, et de toutes façons liées à un encodage sur support DVD – globalement, l’éditeur, rodé au format depuis de nombreuses années, compose plutôt bien avec les avantages et les inconvénients de la définition standard. Niveau son, la version française est proposée en Dolby Digital 5.1, à la spatialisation très discrète : le film ne se prête certes pas à la démonstration technique, mais le dynamisme est bien présent et promet une immersion totale au cœur du film. Le DVD dispose également d’un mixage Dolby Digital 2.0 en stéréo, idéal si vous visionnez le film sur un téléviseur, sans Home Cinema.

Dans la section suppléments, on trouvera une série d’entretiens avec l’équipe : Frédéric Chau reviendra sur les origines de Made in China, sur son amitié avec Medi Sadoun et sur les différences entre l’histoire du film et sa propre histoire. Medi Sadoun se remémorera longuement son enfance dans le treizième et sa connaissance, ainsi que son profond respect, pour la communauté asiatique. évoquera sa participation au film et le manque de représentation des asiatiques au cinéma en France. Enfin, Julien Abraham nous expliquera son arrivée sur le projet ainsi que sa collaboration à l’écriture du film et le tournage.

 

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