Test Blu-ray : Voyage au bout de l’horreur / The Nest

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Voyage au bout de l’horreur

États-Unis : 1987
Titre original : The Nest
Réalisation : Terence H. Winkless
Scénario : Robert King
Acteurs : Franc Luz, Terri Treas, Lisa Langlois
Éditeur : Le Chat qui fume
Durée : 1h30
Genre : Horreur
Date de sortie Blu-ray : 31 mars 2024

Après quatre années d’absence, Elizabeth Johnson retourne sur l’île de Northport, aux États-Unis. Elle y retrouve son père, Elias, qui n’est autre que le maire de l’île, ainsi que son ex petit ami, Richard Tarbell, représentant la loi en tant que shérif. Northport, d’ordinaire bien tranquille, est en proie à une série de disparitions inexpliquées de touristes et d’animaux. Alors qu’elle explore l’île, Elizabeth découvre des œufs de grande taille dans une cavité rocheuse. Bientôt, des cafards géants et carnivores s’attaquent à la population, semant d’autant plus la panique qu’ils semblent indestructibles…

Introduction

Le Chat qui fume et les films que vous ne verrez jamais sur Netflix – Vague 5

L’explosion de Netflix et de quelques autres services de SVOD en France a, en l’espace de quelques années seulement, considérablement affaibli le secteur de la vidéo physique en DVD et Blu-ray. Aujourd’hui, les éditeurs vidéo doivent avoir recours à différentes astuces afin de maintenir les consommateurs dans leur giron. Cela dit, grâce à une présence accrue sur les réseaux sociaux, à des éditions collector en pagaille et à de « beaux objets » prenant la forme de luxueux coffrets, Le Chat qui fume est peu à peu parvenu à faire son trou dans le cul cœur des cinéphiles français, et à devenir un des acteurs les plus incontournables de son secteur d’activités.

Cependant, ce n’est pas parce qu’on s’est imposé comme le leader incontesté qu’il faut se reposer sur ses lauriers, et quitte à prendre des risques, Le Chat qui fume a encore innové en 2022, en lançant une première série de cinq films au format Blu-ray. Peut-être considérés comme un peu plus « obscurs » que les autres films disponibles dans le catalogue de l’éditeur, ces bonnes grosses raretés des années 70/80/90 ne faisaient peut-être pas partie des plus connues et prestigieuses, mais avaient régalé les écumeurs de vidéoclubs à la grande époque de la VHS triomphante. Proposés à bas prix et dans des boîtiers standard, les raretés proposées par Le Chat qui fume dans ses premières vagues étaient Draguse ou le Manoir infernal, L’Aube sauvage (Savage Dawn), Le Souffle maudit (Demon Wind), Mutronics (The Guyver), Red Mob (Chtoby vyzhit), Special Effects, Breeders, Video Dead, Scarecrows, L’Abîme (The Rift), Cherry 2000, The Gate II, L’Ange de la destruction (Eve of Destruction), Blastfighter – L’Exécuteur et Brigade des Mœurs.

Cela ressemble maintenant à une tradition : à chaque nouvelle livraison de titres « majeurs », Le Chat qui fume nous propose dorénavant une poignée de titres destinés à gonfler les rangs de cette collection nostalgique. La cinquième vague de ces petits plaisirs coupables estampillés 80’s est composée de :

Le Grand amour du Comte Dracula (El gran amor del conde Drácula) – Javier Aguirre, 1974

Monster Dog – Claudio Fragasso, 1986

Voyage au bout de l’horreur (The Nest) – Terence H. Winkless, 1988

Heart of Midnight – Matthew Chapman, 1988

Si vous ne les avez peut-être pas tous loués dans les années 80/90, ces films, vous les connaissez tout de même, de nom ou de réputation – vous avez probablement lu des articles à leur sujet dans Mad Movies ou dans Impact, à la grande époque de Jean-Pierre Putters. On espère que ce galop d’essai trouvera son public, et saura attirer les amateurs de bandes déviantes vintage en France de la même façon qu’aux États-Unis. Cela fait un moment en effet que le marché a évolué dans cette direction aux États-Unis, pays où tous les nanars bénis de l’époque de la VHS, même les plus improbables ou les plus méconnus, voient le jour en Haute-Définition. Une bonne affaire pour des cinéastes tels que Fred Olen Ray, David DeCoteau, Jim Wynorski, Andy Sidaris, Rick Sloane, Kevin Tenney, Douglas Hickox ou Albert Band, hier méprisés, aujourd’hui largement remis sur le devant de la scène…

Si on est loin, très loin, d’en être au même point en France, Le Chat qui fume a tout de même fait le choix avec cette vague de se tourner vers le passé, quitte à exhumer de petits films que l’on n’aurait jamais cru voir débarquer en France il y a encore quelques années. Dans les 80’s, le crédo des éditions René Chateau était de nous donner à découvrir « les films que vous ne verrez jamais à la télévision ». Se posant dans la continuité de l’éditeur historique, Le Chat qui fume semble aujourd’hui bien déterminé à offrir au consommateur « les films que vous ne verrez jamais sur Netflix ».

Le film

[3,5/5]

Après le succès incroyable des Dents de la mer de Steven Spielberg en 1975, les producteurs de tous bords se sont jetés à corps perdu dans les films traitant de « menace animale ». Des créatures de la mer ou des airs, en passant par celles de la terre comme les lapins, les crapauds, limaces et autres vers de terre, il en pleuvait de partout dans les années 70/80, chaque espèce rivalisant de malice pour renverser de façon meurtrière le règne de l’homme.

Pour autant, on admettra volontiers que les films s’inscrivant dans le sous-genre de la menace animale utilisent généralement un nombre assez restreint de ressorts dramatiques. En gros, sur fond de manipulations génétiques, de mutations ou de rupture comportementale plus ou moins explicable, le film de menace animale opte soit pour la notion d’invasion, qui est plutôt utilisée dans le cas des « petits » animaux, ou pour celle du gigantisme, avec un animal anormalement gros ou agressif s’attaquant à l’homme.

Bien entendu, et étant donné qu’il met en scène une invasion de cafards, Voyage au bout de l’horreur / The Nest s’inscrit clairement dans la première catégorie. Étant donné que personne n’aime les cafards, le film, écrit par Robert King (The Good Wife) à partir d’un roman signé Gregory A. Douglas, aurait presque pu se contenter de dérouler son récit jusqu’à un final nous donnant à voir un tsunami de cafards mettant à feu et à sang la petite bourgade reculée de North Port.

Mais Voyage au bout de l’horreur / The Nest prendra finalement une tout autre direction, en ajoutant à l’invasion de bestioles une dimension fantastique et horrifique : pendant une grande partie du film, les cafards trouvent certes leur force dans leur nombre, mais le dernier acte du film nous donnera à découvrir des créatures grotesques qui n’ont en revanche plus grand-chose à voir avec l’insecte tel qu’on le connaît. Et pour cause : ils sont le fruit d’expériences secrètes visant à créer des cafards mutants.

De fait, l’évolution narrative de Voyage au bout de l’horreur / The Nest est finalement assez cohérente, dans le sens où le film réalisé par Terence H. Winkless – qui s’était fait remarquer en 1981 en cosignant avec John Sayles le scénario de Hurlements – nous propose, dès le début, une poignée de dérives « gore » propres à remuer l’estomac du spectateur. Les premières « morts mystérieuses » que nous donne à voir le film sont en effet des cadavres écorchés et mutilés à un point tel que l’on pouvait évidemment se douter que des cafards « normaux » ne pouvaient pas être responsables d’un carnage aussi sanglant.

L’autre point fort de Voyage au bout de l’horreur / The Nest est évidemment que le film ne cultive pas réellement le mystère autour de la nature de la menace : dès la séquence d’ouverture du film, le shérif Tarbell (Franc Luz) se paye un cafard dans son café. L’arrivée à North Port du Dr. Morgan Hubbard (Terri Treas) permettra de révéler assez rapidement le pot aux roses, et au film de ne jamais dévier de sa trajectoire, multipliant les frayeurs et les séquences-choc avec une bonne dose d’humour noir.

Voyage au bout de l’horreur / The Nest est une série B qui ne cherche pas à révolutionner le genre, mais qui, dans son créneau, s’avère un petit film solide, qui tire au final beaucoup d’avantages de son point de départ simple et linéaire, qui a de surcroît le bon goût de se dérouler dans un décor restreint. L’atmosphère de la « petite ville dans le trou du cul du monde » est parfaitement restituée, et les personnages, si basiques soient-ils, sont sympathiques et bien définis, de sorte qu’il est plus facile de soutenir les humains plutôt que les insectes (ce qui n’est pas toujours le cas).

Par ailleurs, Voyage au bout de l’horreur / The Nest bénéficie également d’une excellente gestion du rythme, démarrant rapidement et continuant crescendo, se rendant toujours plus outrancier au fur et à mesure que l’invasion progresse jusqu’à un acte final délicieusement visqueux. Ajoutons à cela une poignée d’effets spéciaux old school extrêmement réussis (avec des œufs de cafards en forme de couilles géantes) et vous obtenez une excellente petite série B, consciente des attentes de son public aussi bien que de ses limites. Un bon moment !

Le Blu-ray

[4,5/5]

Voyage au bout de l’horreur vient de débarquer au format Blu-ray, sous son titre original The Nest, et sous les couleurs du Chat qui fume. Côté packaging, cette nouvelle livraison s’inscrit dans la tradition des précédentes, avec un boîtier plastique, qui lui assure un tarif imbattable et contribue à renforcer l’aspect « collection » autour de ces titres méconnus. Comme d’habitude cependant, le packaging a été ô combien soigné, puisqu’il bénéficie d’une maquette et d’une composition graphique toujours signée Frédéric Domont.

Comme toujours avec les Blu-ray édités par Le Chat qui fume, l’éditeur nous livre sur cette galette Haute-Définition de The Nest un travail irréprochable sur l’image et le son. Tout est tout simplement irréprochable. Le niveau de détail et la profondeur de l’image sont excellents, le piqué est d’une précision étonnante, les contrastes sont stables tout au long du film, et les couleurs sont éclatantes. Le grain est probablement un peu plus épais durant les séquences plus sombres, mais l’ensemble est excellent, et la stabilité globale de l’image est remarquable. Côté son, le film de Terence H. Winkless s’offre deux mixages VF / VO en DTS-HD Master Audio 2.0 tenant toutes ses promesses en termes de stabilité et de confort acoustique.

En guise de bonus, on se contentera de la traditionnelle bande-annonce. Pour vous procurer cette édition Blu-ray limitée à 1000 exemplaires, rendez-vous sur le site de l’éditeur !

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