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Test Blu-ray 4K Ultra HD : Scream 4

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Scream 4

États-Unis : 2011
Titre original : Scre4m
Réalisation : Wes Craven
Scénario : Kevin Williamson
Acteurs : Neve Campbell, Courteney Cox, Emma Roberts
Éditeur : M6 Vidéo
Durée : 1h51
Genre : Horreur
Date de sortie cinéma : 13 avril 2011
Date de sortie 4K : 2 juin 2026

Dix ans se sont écoulés depuis les terribles meurtres commis par Ghostface. Sidney Prescott est parvenue à tourner la page, mais c’est tout de même avec appréhension qu’elle retourne à Woodsboro pour le lancement de son premier roman. Ses retrouvailles avec sa cousine Jill ainsi qu’avec le duo de choc Dewey et Gale seront de courte durée : Ghostface est de retour, mais cette fois-ci, les règles vont changer…

Le film

[3/5]

Sorti sur les écrans du monde entier en 2011, Scream 4 avait débarqué, la fleur au fusil, comme un vieux copain qui aurait annoncé un « grand retour » avant de se rendre compte que le monde avait changé plus vite que lui. A l’époque, le film de Wes Craven s’inscrivait dans une franchise qui, depuis 1996, a toujours joué à cache-cache avec ses propres codes, mais revoir Scream 4 aujourd’hui provoque un léger décalage horaire. Le film prend en effet place en 2011, époque où l’on croyait encore que Facebook était un endroit convivial, et que filmer avec un iPhone 3 relevait de la prouesse technologique. Au cœur de la franchise, il semble un peu perdu, affichant un décalage de onze ans avec le film précédent (Scream 3, 2000), mais de onze ans également avec le film suivant (Scream 5, 2022).

Scream 4 arrive donc onze ans après un troisième opus qui avait laissé la saga dans un état semi-comateux, coincée entre Hollywood et ses faux décors. Revenu au scénario après s’être fait déposséder de l’écriture du troisième opus, Kevin Williamson tente alors de renouer avec l’esprit du premier film, celui où l’horreur et la pop culture se faisaient des câlins nerveux. Le film se présente donc comme une tentative de reboot avant l’heure, un peu comme si Woodsboro essayait de se remettre à la page en portant un jean slim trop serré. Scream 4, pourtant, ne peut ignorer que dix ans ont passé : les ados ne regardent plus les mêmes films, les règles du slasher ont muté, et la notion même de « célébrité » s’est transformée en machine à fabriquer des fantômes numériques.

Dans ce contexte, Scream 4 joue la carte du méta-méta, comme si Wes Craven s’amusait à empiler les miroirs jusqu’à ce que Ghostface se reflète à l’infini. Pour autant, le monde a changé ces quinze dernières années, et le film montre aujourd’hui des éléments délicieusement datés, tels que ces téléphones qui semblent sortis d’un musée de la préhistoire numérique (tels que l’iPhone 3 d’Hayden Panettiere), ici brandis comme des artefacts magiques. Scream 4 rappelle une époque où le streaming n’avait pas encore avalé la planète, où les réseaux sociaux n’avaient pas encore transformé chaque individu en présentateur de sa propre émission. Revu en 2026, le film de Wes Craven devient presque un film d’anticipation inversée, un rétro-futurisme involontaire où les ados filment en 480p et pensent que ça suffira pour devenir célèbres.

Parce qu’il faut souligner que Scream 4 développe des thématiques qui, sous leur vernis ironique, touchent à quelque chose de plus profond – une mutation profonde de la société ayant vu le jour entre le troisième et le quatrième opus de la franchise. Scream 4 parle de la quête de visibilité, de l’obsession de l’image, de la fabrication artificielle du drame. Il nous donne à voir des personnages qui veulent exister à tout prix, quitte à transformer la violence en spectacle permanent. Bien conscient de ce qu’il est en train de raconter, Wes Craven multiplie les cadres dans le cadre, les écrans dans l’écran, comme si le cinéaste voulait matérialiser la fragmentation du regard contemporain, au point que le film, par moments, ressemble à une mosaïque de points de vue qui se disputent la première place dans un monde saturé.

Perdu entre deux épisodes de la saga espacés de plus de vingt ans, Scream 4 était probablement soit trop en retard, soit trop en avance sur son temps. De ce fait, malgré un marketing appuyé sur le retour du trio Neve Campbell / Courteney Cox / David Arquette, n’a ni retrouvé la magie commerciale des débuts, ni fait trembler le box-office international comme prévu. Le dernier film de Wes Craven a rapporté environ 97 millions de dollars à l’international (le seul des sept films de la saga n’ayant pas dépassé les 100 millions de recettes), et attiré un peu plus d’un million de français dans les salles : un score honnête mais loin des sommets des films précédents. Scream 4 a probablement souffert d’un public qui ne savait plus très bien si le slasher était encore un terrain de jeu ou un musée interactif. Pourtant, le film faisait preuve de créativité, les quelques bonnes idées du scénario nous rappelant que depuis un peu plus de quarante ans, le slasher vit de ses renaissances.

Côté casting, Scream 4 bénéficiait de la présence de Neve Campbell, David Arquette et Courteney Cox, figures totémiques qui donnent au film une gravité douce, comme des survivants revenus pour vérifier que Woodsboro respire encore. A leurs côtés, on trouvait quelques nouveaux venus, tels que Rory Culkin, frère de Macaulay, Hayden Panettiere, qui reviendrait par la suite dans Scream 6, Emma Roberts, dont la popularité exploserait quelques années plus tard grâce à la série American Horror Story, Lucy Hale (Action ou Vérité, Nightmare Island) et bien sûr Alison Brie (Together, Promising Young Woman), dont la présence est honteusement sous-exploitée. On notera également l’apparition en forme de clin d’œil d’Anna Paquin (True Blood) et Kristen Bell (Sans Sarah rien ne va).

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4/5]

Scream 4 arrive au format Blu-ray 4K Ultra HD chez M6 Vidéo, dans un écrin qui prendra la forme d’un Steelbook plutôt élégant, jouant sur les contrastes noirs et rouges chers à la saga. Techniquement, le transfert repose sur un master DI 2K, ce qui limite forcément l’apport de la résolution native. Scream 4 profite néanmoins d’un HDR10 qui redonne du relief à une image parfois un peu terne en Blu-ray HD. Le film gagne en éclat dans les hautes lumières, notamment lors des attaques nocturnes où les reflets métalliques et les éclats de couteau prennent une intensité plus franche. Scream 4 bénéficie aussi de contrastes mieux tenus, avec des noirs très profonds et une lisibilité accrue dans les scènes sombres. Bien sûr, le résultat reste tributaire de son master 2K, mais le passage en HDR10 apporte une respiration visuelle bienvenue, rendant l’ensemble plus moderne et plus dynamique. Côté son, on retrouvera les mixages VF et VO en DTS-HD Master Audio 5.1 de l’édition Blu-ray de 2012, tous deux solides et équilibrés. En version originale, la spatialisation de l’ensemble est légèrement plus fine, notamment dans les ambiances de couloirs et les respirations de Ghostface, mais la version française n’a pas à rougir : le doublage conserve une dynamique propre, des dialogues clairs et une gestion des effets arrière tout à fait satisfaisante. Scream 4, dans les deux versions, exploite correctement les basses lors des attaques, sans excès mais avec une présence appréciable – un équilibre sonore qui respecte les intentions de Wes Craven sans sacrifier le confort d’écoute.

Le Blu-ray 4K Ultra HD de Scream 4 propose un ensemble de suppléments assez généreux, recyclés du Blu-ray de 2012. On commencera avec un commentaire audio de Wes Craven, Hayden Panettiere et Emma Roberts (VOST), avec une apparition téléphonique de Neve Campbell. Les intervenants y dévoileront quelques anecdotes de tournage, des idées abandonnées, des réflexions sur la structure du film et une ambiance détendue qui plaira aux fans. On continuera ensuite avec une série de scènes coupées (18 minutes), offrant un aperçu des variations narratives envisagées. M6 Vidéo nous propose aussi une scène d’ouverture alternative (3 minutes), une fin inédite (2 minutes), un bêtisier (9 minutes) et un court making of (10 minutes) au cœur duquel Wes Craven et son équipe reviennent sur la reformation du casting et les enjeux de ce retour à Woodsboro. Intéressant !

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