Test Blu-ray : Promising Young Woman

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1010

États-Unis : 2021
Titre original : –
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Genre : Thriller
Durée : 1h53
Date de sortie cinéma : 26 mai 2021
Date de sortie DVD/BR : 25 août 2021

Tout le monde s’entendait pour dire que Cassie était une jeune femme pleine d’avenir… jusqu’à ce qu’un évènement inattendu ne vienne tout bouleverser. Mais rien dans la vie de Cassie n’est en fait conforme aux apparences : elle est aussi intelligente que rusée, séduisante que calculatrice et mène une double vie dès la nuit tombée. Au cours de cette aventure passionnante, une rencontre inattendue va donner l’opportunité à Cassie de racheter les erreurs de son passé…

Le film

[3,5/5]

Pendant des décennies, Hollywood a traité les femmes comme les Expendables de l’industrie cinématographique – en gros, elles ont toujours été considérées comme « remplaçables », surtout une fois qu’elles ont passé la trentaine – des « objets » à durée de vie limitée, que l’on jette une fois que l’on n’en a plus besoin. Depuis l’affaire #MeToo cependant, une poignée de scandales sexistes largement relayés sur les réseaux sociaux semble avoir quelque peu renversé la vapeur, plaçant clairement les femmes au cœur de l’usine à rêves. Au point même parfois d’en arriver à l’extrémité inverse : ces dernières années, et sous le fallacieux prétexte de leur apporter une touche de sensibilité féminine, de très nombreuses réalisatrices sans talent ni expérience sont ainsi arrivées aux commandes de gros films studios, prouvant ainsi qu’elles pouvaient être tout aussi incompétentes que les hommes derrière une caméra. Une certaine idée de la parité, me direz-vous…

Incompétente, la scénariste / réalisatrice de ne l’est cependant assurément pas. Sans vouloir forcément faire de mauvais jeu de mots avec le titre du film, on pourra même considérer la jeune cinéaste comme « prometteuse », et son premier film s’impose comme une carte de visite certes imparfaite mais intéressante. Reprenant une partie des codes du cinéma de « rape and revenge » en les accommodant à sa sauce (sans violence complaisante ni séquences-choc), joue la carte de la psychologie et de l’empathie vis-à-vis des personnages, en prenant grand soin de construire des personnages ni tout noirs, ni tout blancs, à l’exception peut-être de l’héroïne, Cassie (), dont on ne sait que très peu de choses. Son passé est ainsi un mystère, et on ne connaitra d’elle que sa trajectoire de « justicière », même si les propos de son père (, parfait) à la fin du film suggèrent que la jeune femme n’est pas non plus exempte de tout reproche.

De fait, grâce à certains personnages aux réactions inattendues (, formidable), ne sera jamais réellement où on l’attend, et n’ira pas forcément dans la direction attendue. Dans la plupart des « rape and revenge », la victime devient bourreau, et se venge de ses violeurs de la manière la plus outrancière qui soit, la violence se voyant justifiée par les actes odieux ayant été commis à l’origine. Dans le film d’, les moyens employés par Cassie pour se venger de la gent masculine sont d’abord volontairement laissés dans le flou, chacune de ses victimes étant représentée dans son carnet par un code de couleurs (rouge ou noir). A l’issue de la scène d’ouverture, la caméra suit le personnage de avec ce que l’on pense être du sang sur les bras et les jambes. Quels sévices fait-elle donc subir à ces prédateurs en puissance ?

[Attention Spoilers] La suite de l’intrigue nous révélera néanmoins que Cassie se contente d’humilier les hommes enclins à profiter d’une femme apparemment vulnérable ; elle ne les tue pas – son but, peut-être, est de remettre ces prédateurs sur le droit chemin. Cependant, dans le cas de Al, qui a violé son ami d’enfance, ses plans semblent être différents… [Fin des Spoilers]

Comme on pouvait s’en douter, l’essentiel de la réussite de tient dans l’interprétation sans faille de , l’actrice s’avérant également soutenue par des seconds-rôles solides (, …). Cependant, si le film évite globalement le manichéisme, on pourra regretter le fait que ne propose finalement aucun personnage masculin positif, ce qui, finalement, donne un peu au film des allures de diatribe anti-hommes, entièrement vouée à souligner une notion de « masculinité toxique » encore renforcée par une abjecte solidarité masculine confinant à la lâcheté pure et simple. Ainsi, s’il fallait résumer la morale du film, on ne peut s’empêcher de penser qu’on la retrouve, en substance, complètement dans ces quelques paroles issues d’une chanson de Michaël Youn :

Les mecs ils sont tous nuls
Les mecs ils sont tous nuls
Les mecs
Les mecs
Les mecs ils sont tous nuls
Les mecs ils sont tous nuls ils pensent qu’à nous mettre des doigts
Ils font que nous tromper j’l’ai lu dans le disque à Vitaa

Le Blu-ray

[4/5]

Côté Blu-ray, d’un strict point de vue technique, le master proposé par sur le Blu-ray de s’avère, comme souvent avec l’éditeur, en tous points parfait. Définition, piqué, couleurs, contrastes et gestion des noirs : tout est littéralement impeccable, c’est du grand Art. Coté enceintes, comme toujours chez l’éditeur, seule la version originale est encodée en DTS-HD Master Audio 7.1, dans un mixage littéralement tonitruant, qui prend toute son ampleur durant les scènes de fêtes ou de boite de nuit : ces séquences sont naturellement riches en basses, en gros surrounds et effets multi-directionnels à gogo. La version française est quant à elle uniquement mixée en DTS 5.1, mais s’avère également très spectaculaire et immersive. Au final, les deux versions s’imposent toutes deux par leur clarté dans le placement des dialogues et par leur dynamisme remarquable.

Côté bonus, on commencera avec un commentaire audio de la scénariste / réalisatrice , qui s’exprimera avec franchise sur les personnages et les thématiques de son film, non sans oublier sa structure narrative. Une piste manquant certes un peu de vie mais remplissant tout à fait son rôle informatif. On continuera ensuite avec une petite poignée de featurettes (11 minutes au total) qui reviendront sur les aspects les plus importants de  : l’histoire, la dimension « féminine » du film, la personnalité et le style d’, la performance de et la tonalité de l’ensemble, voulu comme une comédie noire.

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