César 2020 : les nominations & la polémique

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© 2020 Académie des Tous droits réservés

Eh oui, eh oui, on entend déjà les protestations venir ! Ce n’est effectivement pas du tout aujourd’hui que les nominations pour la 45ème édition des César ont été annoncées. La petite cérémonie traditionnelle au Fouquet’s a déjà eu lieu il y a deux semaines, le mercredi 29 janvier, en présence de Alain Terzian, le président de l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma, et de Florence Foresti, la maîtresse de la cérémonie qui aura lieu le vendredi 28 février à 21h00 à la Salle Pleyel à Paris et qui sera diffusée en clair et en direct sur Canal +. Elle sera présidée par l’actrice Sandrine Kiberlain, César du Meilleur espoir féminin en 1996 pour En avoir ou pas de Laetitia Masson et de la Meilleure actrice en 2014 pour 9 mois ferme de Albert Dupontel. Nous prenons toutefois le début des séances de rattrapage ce jour au cinéma Les 3 Luxembourg, à raison de trois films par jour pendant deux semaines jusqu’au mardi 25 février, pour prétexte afin d’y revenir.

Car plus rien ne va dans l’univers de la récompense suprême du cinéma français ! Alors que la semaine de l’annonce a été marquée par un tollé médiatique parce que J’accuse de Roman Polanski avait reçu de justesse le plus de nominations, en dépit de la réputation sulfureuse du réalisateur, les esprits ne se sont pas vraiment calmés depuis. Ainsi, malgré l’annonce le week-end dernier de la mise en œuvre de mesures visant à instaurer la parité hommes-femmes au sein de l’Académie du cinéma français – actuellement seul un bon tiers de ses membres sont des femmes – , une tribune rassemblant 227 membres de l’Académie, dont les fraîchement nommés Arnaud Desplechin, , , Karin Viard, Reda Kateb et Roschdy Zem, a réclamé en début de semaine une refonte en profondeur des modes de gouvernance de l’association, accusée d’élitisme. Il serait même question de la nomination d’un médiateur par le puissant CNC, afin de procéder à la modernisation de l’Académie. Sans oublier une lettre ouverte de plusieurs associations féministes, publiée ce jour, qui appelle à ne pas voter pour le film sur l’affaire Dreyfus. Tout cela sent donc bon la fin de règne de Alain Terzian, en poste depuis 2003.

J’accuse © Gaumont Tous droits réservés

Sans être véritablement scandaleux, les choix préliminaires pour le meilleur de l’année 2019 de l’Académie du cinéma français manquent tout de même d’audace. Non seulement ils ressemblent de près à ceux de l’Académie des Lumières, qui a d’ores et déjà fini avec ses trophées depuis plus de deux semaines. Ils se reposent de surcroît sur un groupe assez restreint de suspects habituels. Du côté des réalisateurs, on retrouve des cinéastes nommés à de nombreuses reprises dans le passé, comme Arnaud Desplechin, qui est désormais à dix-sept citations, quoique à un seul César de la Meilleure réalisation en 2016 pour Trois souvenirs de ma jeunesse, et , encore plus mal aimé avec ses seize nominations cumulées sans le moindre César, ni hier, ni demain en toute probabilité. En comparaison, le controversé Roman Polanski compte parmi les favoris de l’Académie du cinéma français depuis ses deux premiers César en 1980 pour Tess, suivis depuis par six autres, le dernier en date en 2014 pour la Meilleure réalisation de La Vénus à la fourrure.

Même constat du côté de l’interprétation, où l’on a l’impression de croiser, année après année, les mêmes noms, tels que qui est déjà à sa septième nomination et la troisième consécutive après celles pour 120 battements par minute de Robin Campillo et En liberté de Pierre Salvadori, Karin Viard et sa treizième nomination à la suite de son troisième César dans la catégorie de la Meilleure actrice dans un second rôle pour Les Chatouilles de Andréa Bescond et Eric Métayer l’année dernière, Daniel Auteuil en lice pour la quatorzième fois, vingt ans après son dernier sacre pour La Fille sur le pont de Patrice Leconte et et sa septième nomination, couronné en 2009 pour le diptyque autour de Mesrine de Jean-François Richet, Mais il y a également quelques bonnes surprises à signaler, comme par exemple la première nomination en tant que Meilleure actrice pour Chiara Mastroianni, vingt-six ans après sa nomination de Meilleur espoir féminin pour Ma saison préférée de André Téchiné, voire la première nomination tout court pour . De même, et Roschdy Zem peuvent célébrer leur première nomination comme Meilleur acteur, après respectivement deux nominations comme Meilleur espoir masculin pour le premier et trois dans des seconds rôles pour le deuxième.

Dans les deux catégories consacrées aux seconds rôles, on croise également quelques noms familiers. Du côté féminin, il y a , nommée une première fois comme Meilleure actrice dans La Femme d’à côté de François Truffaut en 1982, Hélène Vincent, déjà César de la Meilleure actrice dans un second rôle en 1989 pour La Vie est un long fleuve tranquille de Etienne Chatiliez, ainsi que Josiane Balasko et son César d’honneur quelque peu prématuré de l’an 2000, précédé quatre ans plus tôt par celui du Meilleur scénario pour Gazon maudit. Parmi les messieurs, trois pourraient gagner leur deuxième César : les Meilleurs espoirs masculins de 2006, Louis Garrel dans Les Amants réguliers de Philippe Garrel, et de 2012, Grégory Gadebois dans Angèle et Tony de Alix Delaporte, ou bien le Meilleur acteur de 2018, Swann Arlaud dans Petit paysan de Hubert Charuel.

Les Misérables © Le Pacte Tous droits réservés

Meilleur Film

La Belle époque de Nicolas Bedos, produit par François Kraus et Denis Pineau-Valencienne

Grâce à Dieu de François Ozon, produit par Eric Altmayer et Nicolas Altmayer

de Eric Toledano et Olivier Nakache, produit par Nicolas Duval Adassovsky

J’accuse de Roman Polanski, produit par Alain Goldman

Les Misérables de Ladj Ly, produit par Toufik Ayadi et Christophe Barral

de Céline Sciamma, produit par Bénédicte Couvreur

Roubaix Une lumière de Arnaud Desplechin, produit par Pascal Caucheteux et Grégoire Sorlat


Meilleure réalisation

Nicolas Bedos pour La Belle époque

Arnaud Desplechin pour Roubaix Une lumière

Ladj Ly pour Les Misérables

François Ozon pour Grâce à Dieu

Roman Polanski pour J’accuse

Céline Sciamma pour Portrait de la jeune fille en feu

Eric Toledano et Olivier Nakache pour Hors normes


Meilleure actrice

Anaïs Demoustier dans Alice et le maire

Eva Green dans Proxima

Adèle Haenel dans Portrait de la jeune fille en feu

Chiara Mastroianni dans Chambre 212

dans Portrait de la jeune fille en feu

Doria Tillier dans La Belle époque

Karin Viard dans Chanson douce


Meilleur acteur

Daniel Auteuil dans La Belle époque

Damien Bonnard dans Les Misérables

Vincent Cassel dans Hors normes

dans J’accuse

Reda Kateb dans Hors normes

Melvil Poupaud dans Grâce à Dieu

Roschdy Zem dans Roubaix Une lumière

Hors normes © Gaumont Tous droits réservés

Meilleure actrice dans un second rôle

Fanny Ardant dans La Belle époque

Josiane Balasko dans Grâce à Dieu

Laure Calamy dans Seules les bêtes

Sara Forestier dans Roubaix Une lumière

Hélène Vincent dans Hors normes


Meilleur acteur dans un second rôle

Swann Arlaud dans Grâce à Dieu

Grégory Gadebois dans J’accuse

Louis Garrel dans J’accuse

Benjamin Lavernhe dans Mon inconnue

Denis Ménochet dans Grâce à Dieu


Meilleur scénario original

La Belle époque par Nicolas Bedos

Grâce à Dieu par François Ozon

Hors normes par Eric Toledano et Olivier Nakache

Les Misérables par Ladj Ly, Giordano Gederlini et Alexis Manenti

Portrait de la jeune fille en feu par Céline Sciamma


Meilleur scénario adapté

Adults in the Room par Costa-Gavras

J’accuse par Roman Polanski et Robert Harris

J’ai perdu mon corps par Jérémy Clapin et Guillaume Laurant

Roubaix Une lumière par Anraud Desplechin et Léa Mysius

Seules les bêtes par Dominik Moll et Gilles Marchand

Grâce à Dieu © Mars Films Tous droits réservés

Meilleur Film étranger

Douleur et gloire (Espagne) de Pedro Almodovar

Le Jeune Ahmed (Belgique) de Jean-Pierre et Luc Dardenne

Joker (États-Unis) de Todd Phillips

Lola vers la mer (Belgique) de Laurent Micheli

Once Upon a Time in Hollywood (États-Unis) de Quentin Tarantino

Parasite (Corée du Sud) de Bong Joon-ho

Le Traître (Italie) de Marco Bellocchio


Meilleur Documentaire

68 Mon père et les clous de Samuel Bigiaoui, produit par Rebecca Houzel et Camille Laemlé

La Cordillère des songes de Patricio Guzman, produit par Renate Sachse

Lourdes de Thierry Demaizière et Alban Teurlai, produit par Stéphanie Schorter, Thierry Demaizière, Alban Teurlai, Stéphane Célérier et Valérie Garcia

M de Yolande Zauberman, produit par Charles Gillibert, Yolande Zauberman et Fabrice Bigio

Wonder Boy Olivier Rousteing né sous X de Anissa Bonnefont, produit par Anissa Bonnefont


Meilleur Premier Film

Atlantique de Mati Diop, produit par Judith Lou Lévy et Eve Robin

Au nom de la terre de Édouard Bergeon, produit par Christophe Rossignon et Philip Boëffard

Le Chant du loup de Antonin Baudry, produit par Jérôme Seydoux et Alain Attal

Les Misérables de Ladj Ly, produit par Toufik Ayadi et Christophe Barral

Papicha de Mounia Meddour, produit par Patrick André, Xavier Gens et Grégoire Gensollen


Meilleur long-métrage d’animation

La Fameuse invasion des ours en Sicile de Lorenzo Mattotti, produit par Valérie Schermann et Christophe Jankovic

Les Hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec, produit par Reginald De Guillebon

J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin, produit par Marc Du Pontavice

Roubaix Une lumière © Le Pacte Tous droits réservés

Meilleur espoir féminin

Luana Bajrami dans Portrait de la jeune fille en feu

Céleste Brunnquell dans Les Éblouis

Lyna Khoudri dans Papicha

Nina Meurisse dans Camille

Mama Sané dans Atlantique


Meilleur espoir masculin

Anthony Bajon dans Au nom de la terre

Benjamin Lesieur dans Hors normes

Alexis Manenti dans Les Misérables

Liam Pierron dans La Vie scolaire

Djebril Zonga dans Les Misérables


Meilleure photo

La Belle époque – Nicolas Bolduc

J’accuse – Pawel Edelman

Les Misérables – Julien Poupard

Portrait de la jeune fille en feu – Claire Mathon

Roubaix Une lumière – Irina Lubtchansky


Meilleur montage

La Belle époque – Anny Danché et Florent Vassault

Grâce à Dieu – Laure Gardette

Hors normes – Dorian Rigal-Ansous

J’accuse – Hervé De Luze

Les Misérables – Flora Volpelière

Atlantique © Ad Vitam Distribution Tous droits réservés

Meilleure musique originale

Atlantique – Fatima Al Qadiri

J’accuse – Alexandre Desplat

J’ai perdu mon corps – Dan Lévy

Les Misérables – Marco Casanova et Kim Chapiron pour le groupe Pink Noise

Roubaix Une lumière – Grégoire Hetzel


Meilleurs décors

La Belle époque – Stéphane Rozenbaum

Le Chant du loup – Benoît Barouh

Edmond – Franck Schwarz

J’accuse – Jean Rabasse

Portrait de la jeune fille en feu – Thomas Grézaud


Meilleurs costumes

La Belle époque – Emmanuelle Youchnovski

Edmond – Thierry Delettre

J’accuse – Pascaline Chavanne

Jeanne – Alexandra Charles

Portrait de la jeune fille en feu – Dorothée Guiraud


Meilleur son

La Belle époque – Rémi Daru, Séverin Favriau et Jean-Paul Hurier

Le Chant du loup – Nicolas Cantin, Thomas Desjonquères, Raphaël Mouterde, Olivier Goinard et Randy Thom

J’accuse – Lucien Balibar, Aymeric Devoldère, Cyril Holtz et Niels Barletta

Les Misérables – Arnaud Lavaleix, Jérôme Gonthier et Marco Casanova

Portrait de la jeune fille en feu – Julien Sicart, Valérie De Loof et Daniel Sobrino

J’ai perdu mon corps © Rezo Films Distribution Tous droits réservés

Meilleur court-métrage

Beautiful Loser de Maxime Roy, produit par Alice Bloch

Le Chant d’Ahmed de Foued Mansour, produit par Rafael Andrea Soatto

Chien bleu de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh, produit par Nérimen Hadrami

Nefta Football Club de Yves Piat, produit par Justin Pechberty et Damien Megherbi

Pile poil de Lauriane Escaffre et Yvonnick Muller, produit par Emmanuel Wahl et Adrien Bretet


Meilleur court-métrage d’animation

Ce magnifique gâteau ! de Emma De Swaef et Marc James Roels, produit par Jean-François Le Corre et Mathieu Courtois

Je sors acheter des cigarettes de Osman Cerfon, produit par Emmanuel-Alain Raynal et Pierre Baussaron

Make it soul de Jean-Charles Mbotti Malolo, produit par Amaury Ovise

La Nuit des sacs plastiques de Gabriel Harel, produit par Amaury Ovise


César du public

Au nom de la terre de Édouard Bergeon, produit par Christophe Rossignon et Philip Boëffard (1 971 386 entrées)

Hors normes de Eric Toledano et Olivier Nakache, produit par Nicolas Duval Adassovsky (2 095 810 entrées)

Les Misérables de Ladj Ly, produit par Toufik Ayadi et Christophe Barral (1 947 874 entrées)

Nous finirons ensemble de Guillaume Canet, produit par Alain Attal (2 799 189 entrées)

Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon dieu ? de Philippe De Chauveron, produit par Romain Rojtman (6 783 450 entrées)

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