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À voir sur Netflix : Nature prédatrice (Thrash)

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Nature prédatrice

États-Unis, Australie : 2026
Titre original : Thrash
Réalisation : Tommy Wirkola
Scénario : Tommy Wirkola
Acteurs : Phoebe Dynevor, Whitney Peak, Djimon Hounsou
Distributeur : Netflix France
Durée : 1h26
Genre : Catastrophe, Horreur
Date de sortie : 10 avril 2026

Note : 3,5/5

Lorsqu’un ouragan dévastateur frappe une ville côtière, les habitants piégés doivent survivre à la montée rapide des eaux… qui sont infestées de requins affamés !

Depuis Les Dents de la mer en 1975, le sous-genre dit du « film de requin » n’est jamais réellement tombé en désuétude. Il faut dire que depuis toujours, les requins exercent une fascination morbide sur l’être humain, peut-être à cause du danger qu’ils représentent ; ne serait-ce que sur l’année 2025, sur 65 incidents impliquant des morsures de requin, neuf blessures ont tout de même entraîné la mort. Ce fascinant prédateur, si parfaitement adapté à son environnement qu’il a à peine changé en un million d’années, est ainsi devenu l’objet de tous les fantasmes cinématographiques. Ainsi, sans même évoquer les innombrables séries Z qui pullulent chaque mois sur le marché de la vidéo ou même à la télévision, avec des titres et des intrigues de plus en plus improbables (la franchise Sharknado bien sûr, mais aussi des films tels que Avalanche sharks, Sharkenstein, Raiders of the lost Shark, Mega Shark vs. Kolossus, Shark Exorcist ou L’Attaque du requin à six têtes), des films mettant en scène des requins sont régulièrement apparus sur nos écrans depuis une vingtaine d’années : on peut citer Open water (2003), The Reef (2010), Shark 3D (2011), Bait 3D (2012), Dark Tide (2012), Instinct de survie (2016), 47 Meters Down (2017), En eaux troubles (2018), Great White (2021), En eaux très troubles (2023), Sous la Seine (2024), Dangerous Animals (2025)… Le requin aura donc toujours été « bankable ».

Avec Thrash, distribué depuis quelques jours sur Netflix sous le titre absolument ridicule de Nature prédatrice, c’est donc à Tommy Wirkola, l’éternel provocateur norvégien à qui l’on devait déjà des films aussi barrés que la saga Dead Snow, le très gore Hansel & Gretel : Witch Hunters ou le méchamment fun Violent Night, de nous proposer sa version du film de requin. Alors bien sûr, il ne nous livre pas forcément ici un film très original, mais le soin apporté aux personnages, aux dialogues et, d’une façon plus large, à la mise en scène en font vraiment un divertissement de haut-vol, nous donnant exactement ce qu’on attend d’un film de requins sorti directement sur Netflix. Cela dit, à l’origine, Thrash ne devait pas atterrir sur la plateforme de SVOD : produit par Columbia Pictures et tourné en 2024, il devait initialement dans les salles du monde entier le 1er août 2025. La sortie fut ensuite un temps repoussée au 3 juillet 2026, avant que Netflix ne l’annonce finalement pour le mois d’avril. Avec le recul, et étant donné l’humour noir et cruel du film (typique des films écrits et réalisés par Tommy Wirkola), ainsi que de son côté joyeusement immoral, on peut supposer que Columbia et Sony avaient dû être embarrassés par les retours de projections-tests.

Au début de Thrash, le spectateur apprend qu’un ouragan dévastateur est sur le point d’atteindre une petite ville côtière, mais tous les habitants n’ont pas eu le temps où l’opportunité d’évacuer. On découvrira ensuite qu’un banc de requins-bouledogues remonte la côte pour échapper à la tempête – le film nous précise d’ailleurs, à juste titre, que si les grands requins blancs chassent seuls, les requins-bouledogues chassent en groupe, comme les Raptors de Jurassic Park. Vous devinez la suite : destruction, inondation, et requins en pagaille. Le point de départ du films est très similaire à celui du Crawl d’Alexandre Aja, avec des requins à la place des alligators, mais les deux films sont très différents dans le traitement de l’intrigue et des personnages. Nature prédatrice ne perd d’ailleurs pas de temps avant de nous plonger dans le chaos : après une introduction sans fioritures, on découvre un groupe de personnages très différents les uns des autres : il y a Dakota (Whitney Peak), une jeune femme devenue agoraphobe à la mort de sa mère. L’oncle et tuteur de Dakota, Dale (Djimon Hounsou), est un expert en requins. Lisa (Phoebe Dynevor), enceinte et quasiment sur le point d’accoucher, est contrainte de prendre sa voiture pour aller travailler malgré les intempéries. Et puis il y a Dee (Alyla Browne), Ron (Stacy Clausen) et Will (Dante Ubaldi), trois ados placés en famille d’accueil, qui vivent chez des parents adoptifs plus attentifs aux allocations que leur verse le gouvernement qu’au bien-être des enfants.

Le scénariste et réalisateur Tommy Wirkola ne perd pas de temps, enquille les bons moments tout autant que les bons mots, et nous offre au final avec Thrash exactement ce que nous voulons voir : des requins nageant dans des rues inondées, dévorant les membres des gens. Les dialogues sont excellents, et certaines punchlines s’avèrent vraiment amusantes : on pense par exemple au cinglant « Does this mean we have to get new foster parents ? » lancé par Dee quand cette dernière se rend compte que ses parents adoptifs sont en mauvaise posture, ou à l’imparable « Mommy’s just got to fight some fucking sharks » – une réplique ayant été saluée sur X (ex-Twitter) par Stephen King comme étant, à ce jour, la meilleure de l’année 2026. Les personnages sont attachants, les effets spéciaux sont plutôt réussis, les attaques de requins sont délicieusement gore, et il y a une scène très amusante ayant pour fond sonore un tube de Vanessa Carlton. Ainsi, même si Thrash n’est certainement pas un chef-d’œuvre et qu’il existe des films de requins tueurs bien meilleurs, c’est un film qui fait parfaitement le job pour une soirée Netflix.

Au final, Nature prédatrice réussit ce petit miracle que beaucoup de productions du genre ratent : rappeler qu’un bon « film de requin » n’a pas besoin d’être révolutionnaire pour être réjouissant, pourvu qu’il sache manier tension, humour et personnages avec un minimum d’élégance. Thrash coche toutes les cases, parfois avec un marqueur épais, parfois avec une finesse inattendue, mais toujours avec cette énergie brute qui caractérise le cinéma de Tommy Wirkola. On en ressort avec le sourire, un peu secoué, un peu hilare, et surtout convaincu qu’il existe encore une place pour des séries B généreuses, sincères et parfaitement assumées. Et rien que pour ça, Nature prédatrice mérite largement de faire quelques vagues sur Netflix.

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