Test Blu-ray : Le château du dragon
S’il est techniquement et esthétiquement parfait, si les plans sont manifestement pensés, travaillés, si les décors – de l’austérité de la ferme familiale de Miranda (Gene Tierney) à la bizarrerie architecturale de Dragonwyck – caractérisent le parcours de l’héroïne, de ses rêves de princesse à la réalité de matrice, si les personnages sont campés avec une bonne authenticité, tout est finalement bien convenu dans l’histoire qui enfile les scènes vues et revues. Le plan d’ouverture sur la campagne, la scène du bal avec la valse qui choque les nobles du cru, la terrasse sur le jardin où Nicholas rejoint Miranda, la découverte de Dragonwyck
Test DVD : Au nom des femmes
S’inscrivant grosso-modo dans le même créneau qu’Erin Brockovich en termes d’immersion au cœur de la vie d’une femme bien décidée à mener jusqu’au bout sa lutte pour la liberté, Au nom des femmes – Le combat de Judy Wood semble un peu sorti de nulle-part.
Test DVD : Red Joan – Au service secret de Staline
Dans Red Joan, tout ce qui a fait le succès commercial de productions britanniques récentes comme Une merveilleuse histoire du temps de James Marsh et Imitation Game de Morten Tyldum semble s’être donné rendez-vous. Les décors emblématiques, des campus des universités aux bureaux austères dédiés à la recherche scientifique la plus pointue, y sont autant présents que les poncifs habituels sur l’honneur bafoué du royaume et sur l’amour contre raison qui incite les personnages à faire toutes sortes de choses irréfléchies. Avec de surcroît la grande dame du cinéma anglais respectable, Judi Dench, qui veille à cloche pied, en basculant sans prévenir des signes de la sagesse à ceux de la vieillesse et inversement, sur la structure temporelle alambiquée du récit. Décrit comme ça, le quatrième long-métrage de Trevor Nunn en plus de quarante ans de carrière ne donne pas nécessairement envie. Et pourtant, il y a quelque chose qu’on pourrait qualifier de force motrice du propos qui réussit à rendre cette histoire d’espionnage amateur assez fascinante. C’est un film formellement très classique, soit, mais qui dispose de la sobriété narrative suffisante pour mêler la grande Histoire aux scrupules individuels infiniment plus intimes.
Test DVD : The Frankenstein chronicles – Saison 1
Si en France on dit que l’habit ne fait pas le moine, les anglophones préconisent de ne « jamais juger un livre à sa couverture » (never judge a book by its cover). De la même façon, on ne devrait jamais juger une série à l’aune de son titre. Ainsi, ceux qui auront supposé à la seule lecture du titre que The Frankenstein chronicles piétinerait sans vergogne les plates-bandes d’une série telle que Penny Dreadful (2014-2016) en seront pour leurs frais – l’ambiance et les thématiques développées par la série créée par Barry Langford et Benjamin Ross n’ont en effet rien à voir avec le défilé de monstres à la sauce Ligue des Gentlemen Extraordinaires / Dark universe que l’on pouvait attendre.
Test DVD : The red road – Saison 1
Diffusée l'année dernière sur Sundance Channel, The red road est une série policière créée par Aaron Guzikowski. Les amateurs du rythme lent et oppressant du Prisoners de Denis Villeneuve, dont Guzikowski avait signé le scénario, retrouveront une partie de son style dans ce récit tournant autour d’un flic d’une petite ville du New Jersey cherchant à innocenter sa femme d’un crime attisant les tensions entre la communauté blanche et les indiens de la réserve attenante.
Test DVD : Toy Story – Angoisse au motel + Hors du temps
S'inscrivant tout à fait dans la continuité de la saga cinématographique (adieu Andy, bonjour Bonnie), Angoisse au motel et Hors du temps ont donc permis donc à deux talents de l'écurie Pixar de faire une nouvelle preuve de leurs capacités en tant que conteurs
Test DVD : La dernière vague
Quoique puissent en penser les producteurs de la série ou France Télévisions, on peut sans peine considérer que la mise en chantier suivie de la diffusion en « prime time » de La dernière vague est une belle victoire concernant le genre fantastique en France : quelques années après Les revenants et Zone blanche, les auteurs de fictions françaises semblent enfin désireux de quitter leur zone de confort en abordant de front le genre fantastique.
Test Blu-ray : Equalizer 2
Puisque le premier Equalizer avait remporté un franc succès en 2014, Antoine Fuqua et Denzel Washington ont naturellement décidé de remettre le couvert. Et Denzel de reprendre donc le rôle de Robert McCall, "égaliseur" de son état, un sage porté sur l'ultra-violence, à la fois juge, jury et bourreau, old school en un mot, du genre à redresser les injustices sociales à grands coups de défonçages de gueules et de tortures en tous genres. Une fois qu'il s'est bien défoulé - la brutalité de cet Equalizer 2 est toujours aussi décomplexée (voire disproportionnée), merci Antoine Fuqua - McCall observe ses contemporains avec l’œil du philosophe, range les poings américains, rince ses jointures baignées de sang impur et se plonge dans la lecture d'un bon vieux bouquin de Proust.
Test Blu-ray : Costa-Gavras – Intégrale vol. 2 (1986-2012)
Neuf films de Costa-Gavras en versions restaurées réunis dans ce coffret exceptionnel, avec 8 heures de compléments dont un entretien filmé de Costa-Gavras, un opéra imaginé et mis en scène par Costa-Gavras ainsi que 4 courts métrages, des making of, bandes annonces et interviews et un livret de 36 pages. Le coffret est disponible en DVD et en Blu-ray.
Test DVD : Patrick
Depuis quelques années, l’Australie semble s’être lancée dans une vague de remakes des grands classiques de l’horreur et du fantastique que le pays d’Oz avait lancée à la face du monde dans les années 70. Après Long week-end en 2008, et en attendant Harlequin, Razorback ou les classiques de Peter Weir, c’est Patrick qui connaît aujourd’hui les joies du remake...
Test Blu-ray : Dead Ball (Sushi Typhoon)
Particulièrement délirant dans son genre, Dead Ball parodie tout un pan du shōnen, des récits sportifs à ceux se déroulant dans des prisons ou centres de redressement pour jeunes délinquants. Une prison où les fouilles anales se font jusqu'au coude, et où on sert du dégueulis à la cantine. Généreux, Yamaguchi met un peu de tout dans son film : du western spaghetti, du sport, des Nazis, des groupes de J-Pop (Poo-Poo et DizzyBusy y font des apparitions), un mecha aux « jambes à l'air »...
Test Blu-ray : A beautiful day
La prestation de Joaquin Phoenix porte littéralement A beautiful day, avec sa mise en scène bien entendu, et lui apporte une véritable charge émotionnelle, sans donner l’impression d’être dans une quelconque recherche de performance. Avec sa barbe et son regard d’animal blessé, constamment dans un état de semi somnolence, il apporte à la fois beaucoup d’humanité et une violence sourde prête à exploser à n’importe quel instant. Et lorsqu’il la laisse s’exprimer, c’est à coups de marteau qu’il se fraye un chemin parmi ses ennemis. Mais loin de faire dans la stylisation de la violence à la manière d’un Nicolas Winding Refn ou du polar coréen moderne, la cinéaste préfère jouer la retenue, du moins un certain temps. Car la violence graphique est bien évidemment présente, mais esquivée dès que possible par de subtils artifices, par exemple lorsqu’elle capte son personnage massacrant ses adversaires par l’intermédiaire de caméras de surveillance, ou lorsqu’elle utilise subtilement le hors champ, comme lors de cette scène intense où le justicier dit à la très jeune fille qu’il vient délivrer « Close your eyes » avant de tuer l’un des criminels, la caméra restant rivée sur le visage impassible de la jeune victime, comme sonnée par tout ce qu’elle a vécu, et pourtant seul symbole du film de cette innocence souillée par la perversion d’adultes dépravés.



















