Test Blu-ray : A beautiful day

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Royaume-Uni, France : 2017
Titre original :
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h29
Genre : Thriller, Drame
Date de sortie cinéma : 8 novembre 2017
Date de sortie DVD/BR : 5 septembre 2018

 

 

La fille d’un sénateur disparaît. Joe, un vétéran brutal et torturé, se lance à sa recherche. Confronté à un déferlement de vengeance et de corruption, il est entraîné malgré lui dans une spirale de violence…

 

 

Le film

[4,5/5]

« Six années séparent We need to talk about Kevin, le précédent long métrage de , de . Ce délai inhabituellement long, mais habituel chez la cinéaste écossaise, s’explique par le perfectionnisme dont elle peut faire preuve, tant dans le choix de ses sujets, que dans la façon dont elle envisage la mise en scène. (…) La force principale du cinéma de se situe dans sa puissance expressive, à savoir que tout passe essentiellement par les sensations et le montage, plus généralement par la mise en scène. Cette envie de cinéma comme Art avant tout visuel explose tout autant ici, en nous plongeant littéralement dans la psyché de son personnage central, ce vétéran visiblement hanté par un paquet de traumas, tout autant liés à son enfance qu’à son expérience au front. Incarné par un totalement renversant qui n’a pour le coup pas volé son prix d’interprétation à Cannes, ce personnage taiseux, pouvant faire preuve d’une hargne redoutable dans le cadre de ses activités de détective privé, est pourtant écrit avec beaucoup de nuances, ce qui nous le rend instantanément attachant, et ce sans qu’il n’y ait besoin de beaucoup de dialogues. (…)

La prestation de porte littéralement , avec sa mise en scène bien entendu, et lui apporte une véritable charge émotionnelle, sans donner l’impression d’être dans une quelconque recherche de performance. Avec sa barbe et son regard d’animal blessé, constamment dans un état de semi somnolence, il apporte à la fois beaucoup d’humanité et une violence sourde prête à exploser à n’importe quel instant. Et lorsqu’il la laisse s’exprimer, c’est à coups de marteau qu’il se fraye un chemin parmi ses ennemis. Mais loin de faire dans la stylisation de la violence à la manière d’un Nicolas Winding Refn ou du polar coréen moderne, la cinéaste préfère jouer la retenue, du moins un certain temps. Car la violence graphique est bien évidemment présente, mais esquivée dès que possible par de subtils artifices, par exemple lorsqu’elle capte son personnage massacrant ses adversaires par l’intermédiaire de caméras de surveillance, ou lorsqu’elle utilise subtilement le hors champ, comme lors de cette scène intense où le justicier dit à la très jeune fille qu’il vient délivrer « Close your eyes » avant de tuer l’un des criminels, la caméra restant rivée sur le visage impassible de la jeune victime, comme sonnée par tout ce qu’elle a vécu, et pourtant seul symbole du film de cette innocence souillée par la perversion d’adultes dépravés.

pourrait être sordide ou complaisant, il n’en est rien, la cinéaste ne s’attardant par sur les aspects les plus tendancieux de son histoire, préférant filmer, et à merveille, son acteur, évitant soigneusement tout excès spectaculaire qui rendrait la dégueulasserie trop plaisante à regarder. Et pourtant, à aucun moment son film ne paraît malaisant ou désagréable, car son personnage, malgré sa brutalité, fait preuve de toute la compassion du monde à l’égard des victimes d’un monde cruel, de plus en plus difficile à comprendre. Il faut également saluer le score audacieux et obsédant composé par Johnny Greenwood. Ses sonorités à la fois bruitistes et très atmosphériques, vont de pair avec les images puissamment sensorielles que nous a perfectionnées avec passion .

Si l’on pourra chipoter sur le curieux prix du scénario accordé au festival de Cannes, un prix de la mise en scène paraissant bien plus approprié, reste particulièrement impactant, par la profonde intuition de cinéma de sa cinéaste, faisant tous les bons choix, et se servant de la simplicité de son argument comme simple base pour nous offrir une expérience de cinéma peu commune, faisant partie à n’en pas douter des films les plus marquants de cette année 2017. En espérant que pour son prochain, elle n’attende pas encore autant d’années. Mais si c’est pour atteindre cette quasi perfection, l’attente en vaut largement la peine. »

Extrait de la critique de notre chroniqueur Sébastien Dard. Retrouvez-en l’intégralité en cliquant sur ce lien.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Éditeur incontournable sur le marché de la HD en France, frappe à nouveau un grand coup avec le Blu-ray de : la définition est impeccable, le piqué d’une précision impressionnante, la colorimétrie éclatante et naturelle… L’image est de toute beauté, proposant de plus des contrastes jamais pris en défaut, y compris durant les nombreuses scènes de nuit. Les visages sont d’une précision vraiment sidérante, de même que le niveau de détail (tenues, barbes, cheveux, etc) et la profondeur de champ. Un sans faute absolu pour un film à découvrir à tout prix. Coté son, l’éditeur continue sur sa bonne lancée en nous proposant deux mixages en DTS-HD Master Audio 5.1, bien spatialisés et privilégiant les ambiances plutôt que le « gros » son. On privilégiera cela dit la version originale, un peu plus dynamique et surtout plus naturelle que sa petite sœur la VF.

Au rayon des suppléments, M6 Vidéo nous propose tout d’abord de découvrir un très intéressant entretien avec (15 minutes), durant lequel la cinéaste revient sur la genèse du film et sur les distances qu’elle a pu prendre avec le roman d’origine. Elle évoque bien sûr également le tournage du film, son travail avec les acteurs ou encore sa relation à la ville de New York. On poursuivra avec un entretien avec (12 minutes), qui complète les propos de la réalisatrice en abordant leur rencontre (leur premier contact téléphonique notamment!) ainsi que la curieuse relation professionnelle s’étant construite entre eux.

 

 

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