Test Blu-ray : Le château du dragon

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États-Unis : 1946
Titre original :
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h47
Genre : Fantastique
Date de sortie cinéma : 18 avril 1947
Date de sortie Blu-ray : 2 novembre 2016

 

 

Au milieu du XIXème siècle, la jeune Miranda Wells, fille d’un modeste fermier, reçoit une lettre d’un lointain et riche cousin, Nicholas Van Ryn, qui lui propose de venir à New York pour être la gouvernante de sa fille. Elle s’installe dans son vaste château sur les rives de l’Hudson et constate rapidement que la demeure recèle bien des secrets…

 

 

Le film

 

«  () fut le premier film réalisé par Mankiewicz, jusqu’ici scénariste et producteur et qui accepta de remplacer son ami Ernst Lubitsch, malade.

S’il est techniquement et esthétiquement parfait, si les plans sont manifestement pensés, travaillés, si les décors – de l’austérité de la ferme familiale de Miranda () à la bizarrerie architecturale de – caractérisent le parcours de l’héroïne, de ses rêves de princesse à la réalité de matrice, si les personnages sont campés avec une bonne authenticité, tout est finalement bien convenu dans l’histoire qui enfile les scènes vues et revues. Le plan d’ouverture sur la campagne, la scène du bal avec la valse qui choque les nobles du cru, la terrasse sur le jardin où Nicholas rejoint Miranda, la découverte de depuis le bateau, le portrait d’Azilde, l’aïeule qui se suicida, le clavecin dont son fantôme viendrait jouer pour les seuls descendants de la lignée, la pièce interdite accessible par un escalier mal commode, la révolte avortée des métayers sous l’emprise du « patroon » (propriétaire terrien possédant des droits seigneuriaux sur de grandes étendues de terres) et les personnages quasi codifiés (la mère sévère, soumise mais compréhensive, le père statufié dans sa religion, la gouvernante aux remarques perfides, l’épouse falote et boulimique, la femme de chambre infirme et si dévouée, le médecin amoureux au 1er regard et bien sur l’héroïne elle-même qui pensant fuir l’enfermement du foyer parental découvre l’enfermement d’une vie conjugale en même temps que le vrai visage de Nicholas).

Seul finalement Nicholas présente une belle ambiguïté et une richesse intéressante dans un rôle qui grâce à une scène inattendue sort un peu des stéréotypes. Quand dans sa tour, il reçoit la visite de Miranda et lui confie se droguer pour aller vers des « paradis lointains » il donne une belle épaisseur à son personnage de châtelain, isolé dans sa tour, elle-même isolée dans un château coupé des réalités sociales, figé dans ses préjugés, dans sa rigidité de caste, prêt à tout pour perpétrer sa lignée et transmettre ses terres, criminel à l’encontre de ses épouses qui le déçoivent, refusant jusqu’à la folie ce monde qui bouge et pourtant cherchant refuge dans des « paradis lointains », peut-être ceux d’un monde arrêté il y a 200 ans au moment où ses ancêtres ont créé le domaine, peut-être ceux d’un monde où il serait un autre. Voilà une belle ouverture hors des sentiers battus. »

Retrouvez l’intégralité de la critique d’Eric Becart en cliquant sur ce lien.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Film relativement peu connu dans la riche filmographie de , est une curiosité très bienvenue, d’autant plus agréable qu’elle débarque chez nous sur support Blu-ray, presque dix ans après une édition DVD sous les couleurs de Carlotta. C’est qui hérite aujourd’hui de ce titre. Encore assez « frais » sur le front de la Haute Définition, l’éditeur français nous avait déjà fait une très bonne impression avec les sorties Blu-ray du Carrefour de la mort et de Larry le dingue, Mary la garce il y a quelques semaines ; en outre, il vient d’annoncer sur sa page Facebook les sorties en Blu-ray de La colline a des yeux en décembre, et de la trilogie Ninja en février 2017. Si le travail éditorial irréprochable se maintient avec ces deux sorties, ESC va vite devenir un éditeur tout simplement incontournable…

bénéficie donc pour son arrivée sur support Blu-ray d’un très joli upgrade HD. Certes, le master n’est pas parfait (quelques rayures, griffes et autres points blancs sont toujours présents de façon très occasionnelle), mais la restauration est impressionnante, nous proposant un piqué précis tout en conservant la granulation d’origine. Le boulot a donc été fait -et bien fait- pour que nous puissions découvrir le film dans les meilleures conditions possibles. Du côté des enceintes, seule la VO anglaise nous est proposée, en DTS-HD Master Audio 2.0, en mono d’origine évidemment. Cette dernière s’avère tout à fait satisfaisante, claire et sans souffle parasite.

Dans la section suppléments, l’éditeur nous propose une riche présentation du film, assurée pendant une vingtaine de minutes par Jean-Loup Bourget (Positif).

 

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