À la une Dossiers DVD — 08 janvier 2018
Leatherface 2003-2017 : Entre « reboot » et origines

Initiée en 1974 avec le chef d’œuvre bizarre et dérangeant de Tobe Hooper, la saga Massacre à la tronçonneuse se divise en deux parties : quatre films réalisés entre 1974 et 1994, puis quatre films post-reboot, réalisés entre 2003 et 2017. A l’occasion de la sortie en ce début d’année de Leatherface, dernier film en date de la franchise, on s’est dit qu’il était opportun de revenir sur ces quatre derniers opus, qui ont la particularité d’être tous disponibles en Blu-ray chez Metropolitan Vidéo.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, on tenait tout de même à souligner que l’homogénéité n’est pas la caractéristique principale de la saga Massacre à la tronçonneuse qui, au fil des films, a développé plusieurs tons fort différents, du plus sérieux, glauque, sec et quasi-documentaire à la franche comédie tendant vers l’hystérie collective (surtout sur Massacre à la tronçonneuse 2 et sur le formidable et très mésestimé Massacre à la tronçonneuse: La nouvelle génération). A partir du remake / reboot orchestré par et Michael Bay en 2003, la tonalité de la saga est revenue vers une brutalité très « premier degré », qui baignait une vaste partie du film original ; néanmoins, ces derniers sont toujours très différents les uns des autres, aussi bien formellement que thématiquement. Retour donc sur quatre films d’horreur consacrés au tueur à la tronçonneuse et au masque de chair humaine…

 

 

Massacre à la tronçonneuse


États-Unis : 2003
Titre original : The massacre
Réalisation : Marcus Nispel
Scénario : Scott Kosar
Acteurs : , Jonathan Tucker, Eric Balfour
Éditeur : Metropolitan Vidéo
Durée : 1h38
Genre : Horreur
Date de sortie cinéma : 21 janvier 2004
Date de sortie DVD/BR : 3 juillet 2013

 

 

Été 1973. Cinq amis revenant du Mexique à bord d’un van bourré de haschich voient leur destin tragiquement basculer après avoir pris en stop une jeune fille en état de choc sur une route déserte du Texas. Lorsque celle-ci se suicide sous leurs yeux, les jeunes gens décident d’aller chercher du secours vers la ferme la plus proche, ignorant qu’ils roulent vers leur pire cauchemar…

 

 

La volonté claire et affichée de Michael Bay, producteur du Massacre à la tronçonneuse cuvée 2003, était de revenir à une notion de « terreur pure », avec un film développant volontairement une ambiance sombre afin de faire naitre, dès la première bobine, un sentiment diffus de malaise chez le spectateur. Derrière la caméra, on trouvera Marcus Nispel, formaliste de génie, qui s’évertuera avec l’aide de son directeur photo Daniel Pearl à créer une esthétique vraiment remarquable, riche en filtres en tous genre et en plans vraiment iconiques (leur mère). Au casting du film, on trouverait Jessica Biel, qui un an après Les lois de l’attraction, essayait de casser l’image de jeune fille modèle qu’elle trainait depuis ses débuts, à l’âge de 14 ans, dans la série 7 à la maison, et Eric Balfour, transfuge de la série Six feet under. A leurs côtés, on notera aussi et surtout le vétéran R. Lee Ermey, ayant servi dans les Marines durant onze ans, et dont la carrière fut marquée de façon indélébile par le rôle du sergent instructeur Hartman dans Full Metal Jacket.

Le film fut très mal reçu à l’époque de sa sortie par une partie de la critique et du public (et notamment par l’auteur de ces lignes), qui refusaient sans doute de voir un monument de l’horreur transformé en teen movie à l’esthétique « clippesque ». Néanmoins, revu presque quinze ans plus tard, le ressenti est un peu différent.

 

 

Peut-être est-ce lié à cette fameuse esthétique hyper léchée, qui tranche net avec la mode du found footage filmé n’importe comment que l’on subit depuis toutes ces années. Peut-être est-ce lié au niveau actuel du cinéma horrifique, qui nous ferait revoir nos exigences à la baisse en matière de film d’horreur – il faut dire qu’entre 2003 et aujourd’hui, le cinéphile acharné a probablement vu plus de 7000 films de plus qu’à l’époque, et qu’il lui faut reconnaître que celui de Nispel a au moins l’avantage de rester en mémoire… Peut-être enfin est-ce tout simplement lié au fait que le recul a permis au cinéphile énervé d’hier d’envisager ce Massacre à la tronçonneuse comme une œuvre à part entière, sans forcément chercher à le « comparer » avec le film de Tobe Hooper…

Le fait est que quinze ans plus tard, on trouve que le film de Marcus Nispel s’est « bonifié ». Tant et si bien que l’on se trouve même un peu con de l’avoir tant conchié ces dernières années. En effet, ce Massacre à la tronçonneuse s’impose avec le recul bel et bien comme un vrai « bon » film de cinéma, riche en tension et en bonnes idées. La « nouvelle » famille Tronçonneuse change de patronyme (les Sawyer deviennent les Hewitt), les nouveaux personnages, hauts en couleurs et portés par le monumental R. Lee Ermey, feraient presque oublier la famille de barges du film original, et finalement, cette nouvelle incursion aux cotés des rednecks cannibales texans développe une mythologie neuve et différente qui méritait clairement d’être explorée à nouveau dans une suite.

 

 

Massacre à la tronçonneuse : Le commencement


États-Unis : 2006
Titre original : The Texas chainsaw massacre – The beginning
Réalisation :
Scénario : Sheldon Turner, David J. Schow
Acteurs : Jordana Brewster, , Diora Baird
Éditeur : Metropolitan Vidéo
Durée : 1h33
Genre : Horreur
Date de sortie cinéma : 7 février 2007
Date de sortie DVD/BR : 3 juillet 2013

 

 

1969. Dean a été tiré au sort pour partir se battre au Vietnam et son frère aîné Eric, tout juste rentré du front, est prêt à y retourner pour le protéger. Avant l’échéance fatidique, les deux frères et leurs petites amies, Bailey et Chrissie, se retrouvent pour une petite virée, bien décidés à prendre du bon temps. Mais, suite à un accident de voiture sur une route déserte du Texas, leur vie va basculer dans l’horreur la plus totale…

 

 

Et suite au carton au box-office du film de Marcus Nispel (110 millions de dollars de recettes pour un budget inférieur à 10 millions), ce n’est que trois ans plus tard que débarquerait sur les écrans Massacre à la tronçonneuse : Le commencement, se déroulant quelques années avant le reboot, et tentant d’explorer un peu la « naissance » du mal au sein de cette famille de bargeasses. Peut-être un poil mieux reçu que le film précédent (le magazine Mad Movies le qualifiait de « meilleur film de la saga après l’original de Tobe Hooper »), le film de Jonathan Liebesman a finalement, au contraire de son modèle, plutôt moins bien encaissé le choc des années, et procure, un peu plus de dix ans après l’avoir découvert en salles, un plaisir un peu moins intense qu’au moment de sa sortie.

La faute peut-être à une intrigue et un film qui ne procurent finalement aucune franche émotion, et ne parviennent jamais à instaurer la moindre empathie pour les personnages : stress, suspense, malaise sont aux abonnés absents de la projection, et si le spectateur ne s’ennuie certes pas à la vision des mésaventures de la bande de djeun’s au centre du récit, il ne se sent jamais réellement oppressé ou mal à l’aise. La faute peut-être aussi à un casting moins réussi que sur le film précédent, et qui comporte du bon et du moins bon. Du côté des bonnes surprises, on sera toujours heureux de retrouver R. Lee Ermey, et la jeune Diora Baird constitue la véritable révélation du film. En revanche, Lee Tergesen n’est pas forcément très convaincant en mode « biker » (surtout pour ceux qui suivent sa carrière et connaissent ses prestations dans Code Lisa et Oz), les deux jeunes héros masculins sont particulièrement insipides, et la jeune Jordana Brewster, révélée quelques années plus tôt avec Fast & Furious, n’avait pas (et n’a certainement toujours pas d’ailleurs) les épaules suffisantes pour porter à elle seule la longue partie du métrage qui lui est allouée.

 

 

Néanmoins, si désincarné soit-il, le jeu de massacre déployé pendant Massacre à la tronçonneuse : Le commencement se laisse tout de même suivre avec un certain plaisir : les excès dans le gore ou la cruauté sont nombreux, et la jolie photo du film signée Lukas Ettlin renouvelle sans la plagier l’esthétique forte du film précédent – même si les esprits chagrins soulignent volontiers que les tons jaunâtres du film donnent au spectateur un peu l’impression de le visionner à travers un urètre. Plus étonnant encore, le film parvient même à arracher un ou deux sourires, notamment grâce à l’énergie déployée par l’impayable Lee Ermey et à l’opération des jambes gentiment craspec pratiquée par Leatherface.

Au final, si le film de Jonathan Liebesman –qui réaliserait quelques années plus tard le blockbuster pour enfants Ninja turtles !– laisse dans la bouche un léger goût d’inachevé, il comporte suffisamment de bons éléments (quelques plans somptueux, un rythme soutenu et un goût prononcé pour les excès légèrement déviants) pour remporter l’adhésion et supporte sans trop de peine plusieurs visionnages. En revanche, avec « seulement » 51 millions de dollars de recettes au box-office (pour un budget de 16), il marquerait la fin de l’ère « reboot » pour la saga Massacre à la tronçonneuse.

 

 

Texas chainsaw


États-Unis : 2013
Titre original : Texas chainsaw 3D
Réalisation :
Scénario : Adam Marcus, Debra Sullivan,
Acteurs : Alexandra Daddario, , Scott Eastwood
Éditeur : Metropolitan Vidéo
Durée : 1h32
Genre : Horreur
Date de sortie cinéma : 31 juillet 2013
Date de sortie DVD/BR : 26 mars 2014

 

 

Après le massacre de ses quatre amis, Sally était parvenue à échapper à l’épouvantable famille Sawyer. Les habitants de la petite ville de Newt, au Texas, avaient décidé de faire justice eux-mêmes, brûlant la maison de cette famille maudite et tuant tous ses membres. C’est du moins ce qu’ils crurent à l’époque… Bien des années plus tard, à des centaines de kilomètres de là, une jeune femme, Heather, apprend qu’elle vient d’hériter d’un somptueux manoir victorien, léguée par une grand-mère dont elle n’avait jamais entendu parler. Accompagnée de ses meilleurs amis, elle part découvrir la magnifique propriété isolée dont elle est désormais propriétaire. Heather va vite comprendre que du fond des caves, l’horreur n’attend qu’une occasion pour surgir…

 

 

Car en effet, en 2013, Texas chainsaw, premier et unique film de la saga à avoir été tourné en 3D, marquerait un retour prononcé vers les origines de la franchise : le film s’ouvre sur des images du film de Tobe Hooper, et retourne donc naturellement aux noms d’origine. Les « Hewitt » des deux films précédents redeviennent donc les « Sawyer », et Leatherface retrouve son prénom de « Jed », alors qu’on l’appelait « Tommy » depuis les deux longs-métrages précédents. D’ailleurs, sur le site de référence IMDb.com, le film de 2013 fait suite à Massacre à la tronçonneuse : la nouvelle génération (1994), et écarte les deux films de 2003 et 2006, qui sont placés dans une chronologie à part, comme s’ils faisaient partie d’une franchise différente. De fait, on pourrait arguer que le film ne s’inscrit pas non plus réellement dans la même continuité narrative, puisque Texas chainsaw démarre pile là où s’arrêtait le film de 1974, et prend donc le parti d’écarter tous les événements s’étant produits dans les trois « premières » suites. Plusieurs chronologies sont donc envisageables (et tout cela se compliquera encore un peu plus avec le film de 2017), et mieux vaut ne pas trop chercher à creuser, sous peine de s’arracher les cheveux. Dans ce film, on découvrira donc Edith Rose, fille de Loretta Sawyer, et petite fille de Verna Sawyer ; elle est également présentée dans les dialogues comme la « cousine » de Leatherface. Verna serait donc la mère de Loretta et Drayton Sawyer, et Drayton le père de Jed (Leatherface). Jusque-là, c’est limpide (n’est-ce pas). Beaucoup d’éléments restent cependant dans le flou – qui est le père d’Edith Rose, qui est la mère de Leatherface ? On se perd en conjectures sur le sujet, d’autant que les mœurs plus que douteuses de la famille Sawyer peuvent de toute façon laisser envisager toutes sortes d’unions contre-nature et de relations sentant l’inceste à plein nez.

Et de manière à bien enfoncer le clou concernant la « filiation » avec le film original de Tobe Hooper, le réalisateur John Luessenhop et son équipe se sont amusés à aller rechercher plusieurs acteurs des du premier Massacre à la tronçonneuse, afin de leur confier de petits rôles : on repérera donc la présence de Marilyn Burns qui prête ses traits au personnage de Verna Sawyer, de Gunnar Hansen, qui incarnait le Leahterface original, qui fait une apparition au début du film, ainsi que de John Dugan, qui reprend le rôle du « grand-père » Sawyer qu’il tenait déjà dans le film de 1974. Et comme si ce n’était pas encore assez la galère de dresser un arbre généalogique de la famille Sawyer (croyez-moi, j’ai essayé), on remarquera également que Bill Moseley, acteur de Massacre à la tronçonneuse 2, reprend le rôle de Drayton, initialement tenu par le regretté Jim Siedow.

 

 

Et c’est probablement cette farouche volonté de retourner aux racines du mythe, tout en apportant des éléments inédits et en imposant une vision quasi-subversive de la sacro-sainte famille américaine, qui fait tout le prix de Texas chainsaw. On passera donc volontiers sur le fait que le film paraisse par moments un peu « cheap », surtout en comparaison avec les deux précédents – après tout, le film original de Tobe Hooper était tout aussi fauché ! – pour se concentrer sur les bonnes choses que nous apporte le film. Ramenant la notion de « famille » au cœur même du récit, le film développe rapidement un étrange malaise et une ambiance volontiers glauque, de façon certes diffuse mais tenace. Habiles et respectueux du « mythe » Leatherface, les deux scénaristes Adam Marcus et Debra Sullivan (déjà auteurs du scénario du meilleur film de la saga Vendredi 13, le formidable Jason va en enfer) s’amusent à échanger les rôles, la « menace » réelle du film étant dès le début plutôt caractérisée sous les traits du personnage de Burt Hatman, tandis que Leatherface est d’avantage « humanisé », et non simplement présenté comme une bête sauvage.

Au casting du film, et puisque ce dernier se déroulait à l’époque contemporaine, les auteurs sont allés chercher une classique « bande de jeunes » en vadrouille à travers le pays, héritée du premier film et reprenant le schéma classique du slasher depuis les années 80. L’héritière de la famille Sawyer est donc interprétée par Alexandra Daddario, chouchoute des fanboys, également vue dans le dernier film en date de Joe Dante, le sympathique Burying the ex. On croisait également le rappeur Trey Songz ou Tania Raymonde (de la série Lost), mais également Scott Eastwood, fils de Clint, qui affichait déjà une frappante ressemblance avec son père.

 

 

Leatherface


États-Unis : 2017
Titre original : –
Réalisation : ,
Scénario :
Acteurs : Stephen Dorff, Lili Taylor,
Éditeur : Metropolitan Vidéo
Durée : 1h27
Genre : Horreur
Date de sortie DVD/BR : 2 janvier 2018

 

 

La famille Sawyer sème la terreur au Texas. Leur plus jeune enfant est envoyé en hôpital psychiatrique après avoir reçu comme cadeau d’anniversaire une tronçonneuse qu’il essaya dès l’ouverture du paquet sur une des proies de la famille. Des années plus tard, le garçon s’échappe de l’hôpital psychiatrique où il était interné avec quelques patients déviants et une infirmière prise en otage. Semant la terreur sur les routes, ils sont poursuivis par un shérif dont la fille a été victime de la famille tronçonneuse. Qui parmi les criminels deviendra le terrifiant « Leatherface » ?

 

 

Les dernières minutes de Texas chainsaw et la famille « recomposée » formée par Heather / Edith Rose et Leatherface laissaient augurer d’une répétition ad vitam du même schéma familial, et dénotaient clairement d’une certaine idée de transmission du mal, même si le scénario présentait plutôt les Sawyer comme les « gentils » de l’histoire. On était donc curieux de voir dans quelle direction pouvait repartir la franchise sur ces bases nouvelles… Mais on ne le saura pas encore, puisque Leatherface, le dernier film en date de la franchise (à ne pas confondre bien sûr avec Leatherface – Massacre à la tronçonneuse III) nous ramène au milieu des années 60, aux côtés d’une poignée d’évadés d’un hôpital psychiatrique en route vers la ferme des Sawyer…

Réalisé par Alexandre Bustillo et Julien Maury, Leatherface est un film clairement à part dans la saga Massacre à la tronçonneuse. Se déroulant pendant sa plus grande partie à la façon d’un road movie criminel (difficile de ne pas penser à un film tel que The devil’s rejects), le film a le mérite de tenter l’originalité par un retour aux événements qui ont fait naitre le monstre que l’on connaît depuis 1974. Ainsi, les deux français laissent de côté une bonne partie de la mythologie de la saga. Visuellement bluffant, Leatherface déstabilisera à coup sûr les amoureux de la saga dans son déroulement, d’autant que le scénario, habile, brouille volontairement les pistes durant une heure concernant l’identité de celui qui deviendra par la suite le fameux Leatherface. Ainsi, et malgré les quelques concessions qu’ils auront du faire par ci par là, afin notamment d’ouvrir et de fermer le film avec des scènes proches de l’hystérie collective, faisant écho aux scènes les plus chtarbées de la saga, telle que la fameuse scène dite « du repas » (on vous laisse découvrir sur le Blu-ray les scènes coupées qui prenaient d’avantage le parti de la sobriété, et même d’un soupçon de poésie), Maury et Bustillo parviennent d’habile façon à superposer l’univers de la franchise Massacre à la tronçonneuse à leur propre univers, teinté de « coming of age » sanglant et iconoclaste, assez proche au final de celui qu’ils développent avec brio depuis quelques films maintenant.

 

 

Du côté de la continuité entre cet épisode et les précédents en revanche, rien n’est très clair. Du côté des personnages secondaires, aucun problème : le film réintroduit deux personnages vus dans Texas chainsaw : celui de Farnsworth, l’avocat de la famille, et celui Burt Hartman, qui n’intervient pas directement mais se trouve être le fils du shérif incarné par Stephen Dorff – c’est d’ailleurs une très bonne idée dans le sens où elle donne des justifications intéressantes à la haine de Hartman à l’encontre de la famille Sawyer. En revanche, c’est dans la composition de la famille Tronçonneuse et de ses membres que le film rajoute encore une couche d’opacité à un arbre généalogique déjà fort trouble. Drayton et Nubbins apparaissent bel et bien, de même que Verna ; cela dit, cette dernière est présentée comme la mère de Leatherface, ce qui ne colle pas vis-à-vis du film précédent – en effet, dans Texas chainsaw, Verna évoquait Jed en le décrivant comme le « cousin » d’Edith Rose (sa petite fille, incarnée par Alexandra Daddario dans le film – suivez un peu, quoi), et non comme son oncle – elle n’est donc logiquement pas sa mère. A moins bien sûr que l’inceste ne vienne mettre son grain de sel là-dedans, car si Drayton, que l’on supposait le père de Leatherface (mais décrit comme le frère ainé de ce dernier dans Massacre à la tronçonneuse 2), l’a conçu avec sa propre mère, il deviendrait à la fois son père et… son grand frère. Et partant de ce postulat, pourquoi pas imaginer qu’Edith Rose soit également le fruit des amours de Drayton et Loretta (également fille de Verna), ce qui expliquerait, consanguinité oblige, leur tendance à la folie meurtrière ?

Toutes ces questions resteront dans le flou pour le moment, et au moins jusqu’au prochain film de la saga Massacre à la tronçonneuse ! Mais le fait est que l’on aimerait bien suivre à l’avenir les méfaits d’Edith Rose et Leatherface, les voir se créer un nouveau clan, jusqu’à un passage de flambeau / tronçonneuse d’une génération à une autre, qui se ferait forcément dans le sang… Une chose est sûre au final : Tobe Hooper aurait probablement été fier de ce « monstre » de saga qu’il a créé avec l’aide de (qui de son côté a également prolongé la saga de façon officieuse avec Butcher boys en 2012). Huit films à ce jour, et huit films radicalement barges et différents : on est bien loin d’autres grandes sagas horrifiques, telles que Vendredi 13 par exemple, qui nous servent sempiternellement le même film ou presque…

 

 

Les Blu-ray

 

Les quatre films que l’on vient d’évoquer sont tous disponibles chez Metropolitan Vidéo, et l’éditeur nous propos de découvrir tous les films au format respecté et encodés en 1080p. Côté image, les Blu-ray s’avèrent d’excellente facture : les contrastes auraient pu être un poil boostés sur le film de 2003, mais dans l’ensemble, c’est du très bon : le léger grain argentique a été scrupuleusement préservé, la définition est accrue et les couleurs éclatantes : on a droit à une présentation littéralement optimale, et surtout à la version « director’s cut » dans le cas de Massacre à la tronçonneuse : Le commencement. Côté son, chaque film s’impose dans un puissant mixage DTS-HD Master Audio 5.1, et proposent une immersion du tonnerre au cœur des films : la spatialisation est échevelée, et l’ensemble est bien soutenu par un caisson de basses omniprésent. Les versions françaises sont globalement satisfaisantes, même si elles ne peuvent logiquement rivaliser avec les VO, presque automatiquement plus immersives.

Du côté des suppléments, Massacre à la tronçonneuse (2003) a fait le voyage avec tous les suppléments de l’édition collector DVD sortie en 2004 : on commencera avec rien de moins que trois commentaires audio avec plus de 17 intervenants dont le réalisateur Marcus Nispel et le producteur Michael Bay, pour poursuivre avec un ensemble ultra-complet de scènes coupées ou alternatives (dont certaines s’avèrent bien gorasses), un long making of extrêmement complet, revenant largement sur le « challenge » que représentait le fait de signer un remake du film de Tobe Hooper, quelques images des auditions de Jessica Biel, Eric Balfour et Erica Leerhsen, une galerie de dessins préparatoires et un documentaire sur Ed Gein, le tueur qui a influencé les auteurs du film original. On terminera avec le traditionnel matériel promotionnel (bandes-annonces, teasers…).

En revanche, toute l’interactivité disponible en 2007 sur le DVD de Massacre à la tronçonneuse : Le commencement a disparu, laissant à la place à une série de bandes-annonces.

Sur la galette de Texas chainsaw, on trouvera une série assez complète de featurettes revenant sur la conception (décors, casting…) et le tournage du film (conception des effets 3D, effets spéciaux…), et proposant des interventions de plusieurs membres du casting, tels que Marilyn Burns, Gunnar Hansen et même Tobe Hooper. En tout et mises bout à bout, ces featurettes composent finalement un très intéressant making of du film, d’environ une heure. Un autre segment intitulé « Massacre Express » propose quant à lui plus d’une demi-heure d’images brutes du tournage, sans voix off ni explications inutiles : un beau condensé de moments pris sur le vif, qui donneront finalement au spectateur un aperçu assez précis de l’ambiance sur le tournage du film. On terminera enfin avec un début alternatif d’environ trois minutes, ainsi que les bandes-annonces des films de la saga disponibles chez Metropolitan.

Et en ce qui concerne le dernier film, vous trouverez le test complet de l’excellent Blu-ray de Leatherface (image, son et suppléments) en cliquant sur ce lien !

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles