DVD — 24 juillet 2018
Test DVD : La prière

France : 2018
Titre original : –
Réalisation : Cédric Kahn
Scénario :  Cédric Kahn, , sur une idée de
Acteurs : , , ,
Éditeur :
Durée : 1h42
Genre : Drame
Date de sortie en salles : 21 mars 2018
Date de sortie du DVD : 25 juillet 2018

 

Synopsis : Thomas a 22 ans. Pour sortir de la dépendance, il rejoint une communauté isolée dans la montagne tenue par d’anciens drogués qui se soignent par la prière. Il va y découvrir l’amitié, la règle, le travail, l’amour et la foi…

Le film

[3/5]

A la suite d’une overdose, Thomas, 22 ans, accroc à l’héroïne et souhaitant se sortir de la drogue, intègre volontairement une communauté religieuse, isolée en pleine montagne. Dans cette communauté masculine, les règles sont très strictes et basées sur trois « valeurs » : la prière, le travail et l’amitié. Pas de « médicaments », pas d’alcool, pas de cigarettes, pas de filles. Pas de distraction non plus : pas de musique (sauf les chants à caractère religieux interprétés par les membres de la communauté), pas de télévision, pas de journaux. En résumé, tout ce qu’il faut pour pousser à la consommation de drogue toute personne n’ayant même jamais commencé à fumer ou à boire ! Et, pourtant, manifestement, les résultats sont probants.

Thomas étant manifestement quelqu’un qui se cherche, quelqu’un qui a besoin de se soumettre, va progressivement, après des débuts très difficiles dans la communauté, passer d’une forme de dépendance à une autre, passer de l’héroïne à la foi religieuse, au point d’envisager de devenir prêtre. Cette foi, toutefois, est-elle sincère ? Sœur Myriam en doute, elle qui a créé la communauté qui a accueilli Thomas : « quand tu pries, j’entends que tu ne pries pas vraiment ». Sœur Myriam qui ajoute : « Si tu vis dans le mensonge, tu ne peux pas être heureux ». Et si la véritable soumission recherchée et acceptée in fine par Thomas était tout simplement l’amour, l’amour qu’il sent naître pour Sybille, une jeune fille qui se destine à l’archéologie, une jeune fille qui, d’un côté, va le convaincre de retourner dans la communauté alors qu’il était sur le point de la quitter, et, de l’autre, va lui expliquer plus tard qu’on peut rester libre tout en ayant la foi.

Pour s’immiscer dans la communauté intégrée par Thomas et pour suivre le parcours psychologique de ce dernier, Cédric Kahn a choisi de ne rien enjoliver, de ne pas glisser vers une émotion factice et facile : certes, le film ayant été tourné dans le Trièves, les paysages qui entourent les personnages sont à la fois grandioses et magnifiques mais, par ailleurs, c’est, à juste titre, une forme d’austérité quasi « bressonienne »  qui règne dans La prière. C’est ainsi, par exemple, qu’à l’exception de l’aria « Bist du bei mir » de Gottfried Heinrich Stölzel, repris par Jean-Sébastien Bach dans ses « Petits livres de notes d’Anna Magdalena Bach« , et qu’on entend à trois reprises, les seules musiques présentes dans le film sont des chants liturgiques interprétés par les membres de la communauté. Quant au jeu des comédiens et des comédiennes, il est le plus souvent à l’image de la réalisation, sobre, précis, rigoureux. On s’attardera sur un comédien et deux comédiennes. Tout d’abord, Anthony Bajon, pour qui le rôle de Thomas représentait la première apparition en tête d’affiche et qui s’est vu attribuer l’ours d’argent du meilleur acteur lors de la Berlinale 2018 : mélange de candeur quasiment enfantine et de violence pas toujours contenue, il est sans conteste la révélation du film. A ses côtés, Louise Grinberg, déjà remarquée dans de nombreux films depuis ses débuts dans Entre les murs il y a 10 ans, confirme l’étendue de ses qualités dans le rôle de Sybille. Enfin, c’est toujours avec plaisir qu’on retrouve Hanna Schygulla dans le rôle de Sœur Myriam : un petit rôle, mais servi avec un grand talent.

Un autre regard sur ce film ? En cliquant ici, vous pourrez consulter la critique écrite par Tobias, en direct du Festival de Berlin.

Le DVD

[4/5]

Autant commencer par le côté très positif de ce DVD : l’excellente restitution de la belle photographie du très recherché Yves Cape, déjà présent sur Vie sauvage, le film précédent de Cédric Kahn. Rien à redire, non plus, concernant le son, disponible en 2.0 et en 5.1, avec, en plus, la possibilité d’ajouter le sous-titrage pour sourds et malentendants. Dernière possibilité : une audiodescription destinée aux malvoyants.

On sera un peu plus sévère avec les suppléments. Certes, il y en a 4 qui ne sont pas sans intérêt : des essais casting d’une durée de 11 minutes, des scènes coupées d’une durée de 9 minutes (dont une scène avec la mère de Sybille qui aurait mérité d’être présente dans la version finale, dans la mesure où elle facilite la compréhension de la fin du film), les témoignages de 3 personnes ayant vécu une histoire comparable à celle de Thomas, sur une durée totale de 9 minutes et, durant 6 minutes, des chants et des prières. On regrette par contre qu’il n’y ait pas une interview de Cédric Kahn, interview dans laquelle il nous aurait expliqué pourquoi, lui qui n’est ni croyant, ni chrétien, ni ex-toxicomane, en était arrivé à réaliser un tel film.

 

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles