Fallout – Saison 2

États-Unis : 2025
Titre original : –
Création : Geneva Robertson-Dworet, Graham Wagner
Acteurs : Ella Purnell, Aaron Moten, Walton Goggins
Éditeur : MGM / United Artists
Durée : 7h30 environ
Genre : Série TV, Science-Fiction
Date de sortie BR/4K : 17 juin 2026
La Goule et Lucy sont sur les traces du père de cette dernière, tandis que Maximus replonge dans les affaires à la Confrérie de l’Acier…
La saison
[4,5/5]
Après une première saison haute en couleurs, Fallout revient pour une Saison 2, à la manière d’un chien galeux à moitié mutant qui aurait trouvé un os radioactif et décidé d’en faire un sceptre. La série reprend exactement là où elle s’était arrêtée, mais avec une assurance nouvelle, presque insolente, comme si le Wasteland lui-même avait pris des cours de mise en scène entre deux explosions. Fallout – Saison 2 s’amuse à étirer son univers en le rendant encore plus absurde, encore plus cruel, encore plus drôle, comme un miroir brisé qui renverrait mille versions d’une humanité trop têtue pour mourir. Le voyage de Lucy vers New Vegas devient alors une sorte de procession chaotique où chaque détour raconte quelque chose de l’effondrement, mais aussi de la persistance – ce drôle de truc qui pousse les survivants à continuer, même quand la logique leur hurle d’arrêter. La série s’inscrit dans cette tradition des mondes post-nuke à la Apocalypse 2024 ou Mad Max 2, avec une petite touche de The Last of Us, mais elle le fait en utilisant l’humour comme une béquille morale, avec une ironie acide, presque punk.
Dans Fallout – Saison 2, Lucy, toujours incarnée par Ella Purnell, continue donc d’avancer avec cette naïveté tenace qui finit par ressembler à une forme de résistance. Son périple avec la Goule (Walton Goggins), figure tragique et grotesque à la fois, donne au récit une dynamique étrange, comme si deux philosophies incompatibles tentaient de cohabiter dans un même chariot brinquebalant. Au fil des épisodes de la saison, les scénaristes du show utilisent ce duo pour interroger la mémoire, la culpabilité, la survie émotionnelle dans un monde où les ruines ne sont pas seulement matérielles. Les décors, filmés avec une précision presque picturale, transforment chaque paysage en cicatrice ouverte. Les couleurs terreuses, les ciels saturés, les ombres qui semblent avaler les silhouettes : tout dans Fallout – Saison 2 rappelle que la beauté peut surgir même dans les endroits les plus pourris, comme une fleur mutante qui aurait décidé de pousser juste pour emmerder le destin. La série joue avec cette esthétique du désastre, et la caméra, souvent placée au ras du sol, donne l’impression que le Wasteland observe ses habitants avec un sourire en coin.
Parallèlement à la trajectoire de Lucy, Fallout – Saison 2 continue de suivre les autres personnages, tels que Maximus (Aaron Moten), qui tente d’évoluer dans la Confrérie de l’Acier comme un pion qui aurait décidé d’apprendre les règles du jeu en pleine partie. L’arc narratif lui étant consacré explore la question du pouvoir, de la loyauté, et de cette tentation permanente de croire qu’un uniforme suffit à donner un sens à l’existence ; la série montre au contraire que les armures les plus brillantes cachent souvent les doutes les plus sombres. Les scènes au sein de la Confrérie, filmées avec une froideur métallique, contrastent avec la chaleur poussiéreuse des séquences de Lucy et la Goule. Ce contraste visuel renforce les thématiques : l’ordre contre le chaos, la doctrine contre l’instinct, la structure contre la débrouille. Mine de rien, Fallout – Saison 2 réussit à faire de ces oppositions un moteur narratif, sans jamais sombrer dans le didactisme, la complexité de leurs motivations respectives étant un des moteurs du show.
Rythmiquement, Fallout – Saison 2 avance avec une énergie étrange, comme un animal blessé qui refuse de s’allonger : un peu lente au début, elle monte en pression au fur et à mesure qu’elle avance. Et surtout, chaque épisode semble vouloir nous prouver que le chaos peut être chorégraphié, que la violence peut être filmée avec élégance, et que l’absurde peut devenir une forme de lucidité. Contexte oblige, les scènes d’action, nerveuses et lisibles, rappellent évidemment par moments le cinéma de George Miller, mais Fallout – Saison 2 garde sa propre identité, plus sale, plus cabossée, plus ironique. La série interroge aussi la notion d’espoir : les personnages avancent parce qu’ils n’ont pas le choix, mais aussi parce qu’ils refusent de laisser le monde décider à leur place. La survie n’y est pas seulement physique : elle est mentale, émotionnelle, presque spirituelle. Et c’est là que la série touche juste, en transformant ses ruines en théâtre d’humanité.
Bien entendu, Fallout – Saison 2 doit aussi beaucoup à son casting, qui porte le chaos avec une sincérité désarmante. Walton Goggins, dans le rôle de la Goule, atteint une intensité rare, mélange de tragédie antique et de sarcasme moderne. Ella Purnell, elle, trouve un équilibre délicat entre la détermination et la fragilité, donnant à Lucy une profondeur inattendue. Aaron Moten, dans son rôle de Maximus, incarne parfaitement ce mélange de bravoure et de doute qui fait de son personnage un point d’ancrage moral. Du côté des seconds-rôles, on saluera les prestations de Xelia Mendes-Jones et de Frances Turner, toutes deux excellentes, et on notera la présence de nouveaux personnages, incarnés à l’écran par Justin Theroux, Macaulay Culkin et par le toujours impérial Clancy Brown, parfait en président des États-Unis dégénéré. Fallout – Saison 2 repose en partie sur cette alchimie : des acteurs capables de jouer la fin du monde sans jamais perdre leur humanité.
Le coffret Blu-ray 4K Ultra HD
[4/5]
Le Blu-ray 4K Ultra HD de Fallout – Saison 2 édité par MGM / United Artists nous arrive dans un classieux boîtier surmonté d’un fourreau, sobre mais élégant, qui reprend l’esthétique poussiéreuse et saturée de la série. Côté technique, l’image en 2160p HDR10 + Dolby Vision offre un rendu spectaculaire : les textures du Wasteland, les visages marqués, les débris, les néons de New Vegas, tout gagne en relief et en précision. Le Blu-ray 4K Ultra HD restitue les couleurs terreuses avec une richesse inattendue, tandis que les éclats de lumière (explosions, lasers, enseignes…) profitent pleinement de la technologie HDR. Les noirs sont profonds, les blancs maîtrisés, et la netteté générale donne parfois l’impression de marcher dans les ruines aux côtés des personnages. Côté son, la série nous est proposée en Dolby Atmos pour la VO, et déploie une spatialisation impressionnante : impacts, tirs, grognements mutants, tout circule avec une précision chirurgicale. Bien que moins ample, la version française, mixée en Dolby Digital 5.1, reste parfaitement claire et équilibrée. Les dialogues sont nets, les ambiances bien intégrées, et la dynamique générale conserve une vraie cohérence acoustique.
Les suppléments du Blu-ray 4K Ultra HD de Fallout – Saison 2 sont variés et intéressants. On commencera avec le commentaire audio de l’épisode 8 (« Vegas »), avec Kyle MacLachlan et Aaron Moten, nous offrira un regard amusé et pertinent sur la production. Les autres bonus, également réunis sur le troisième disque du coffret, consistent en plusieurs featurettes. Les modules « Bienvenue dans le Wasteland » (environ 2 minutes) et « New Vegas » (environ 3 minutes) sont courts mais efficaces, donnant un aperçu de la construction visuelle et thématique de la saison. Plus amusant, le « Faux Talkshow Fallout » (22 minutes) propose une série d’interviews absurdes et hilarantes, parfaites pour saisir l’esprit décalé de la série. Les courts métrages de la série animée RobCo (8 minutes) ajoutent une touche rétro délicieusement étrange. Enfin, « Fallout : Le journal du Goule » (1h30) se présente comme un long feu de cheminée mutant, une expérience hypnotique et décalée qui résume bien l’humour noir de la franchise. L’ensemble compose un coffret solide, cohérent, et parfaitement aligné avec l’identité de Fallout – Saison 2. Pour les collectionneurs, on notera que le coffret Blu-ray 4K Ultra HD de Fallout – Saison 2 est également disponible dans un beau Steelbook, avec un visuel plus agressif et iconique.























