Les Dimanches
Espagne, France : 2025
Titre original : Los Domingos
Réalisation : Alauda Ruíz de Azúa
Scénario : Alauda Ruíz de Azúa
Acteurs : Blanca Soroa, Patricia López Arnaiz, Juan Minujin
Éditeur : Le Pacte
Durée : 1h58
Genre : Drame
Date de sortie cinéma : 11 février 2026
Date de sortie DVD/BR : 16 juin 2026
Ainara, 17 ans, élève dans un lycée catholique, s’apprête à passer son bac et à choisir son futur parcours universitaire. A la surprise générale, cette brillante jeune fille annonce à sa famille qu’elle souhaite participer à une période d’intégration dans un couvent afin d’embrasser la vie de religieuse. La nouvelle prend tout le monde au dépourvu. Si le père semble se laisser convaincre par les aspirations de sa fille, pour Maite, la tante d’Ainara, cette vocation inattendue est la manifestation d’un mal plus profond…
Le film
[3,5/5]
« Si le dimanche est un jour particulier dans la législation du travail dans de nombreux pays, c’est parce que ce jour est un jour particulier dans les religions bibliques et, en particulier, dans la religion catholique. Le mot dimanche vient d’ailleurs de l’expression latine « dies Dominicus », jour du seigneur. Comme ce jour est pour beaucoup un jour de repos, il est, ou, du moins, il était très fréquent de voir les familles se réunir pour partager le repas dominical. C’est ce qui se passe régulièrement dans la famille de Ainara, une jeune fille de 17 ans de la région de Bilbao, au Pays Basque espagnol. C’est chez sa grand-mère paternelle que se déroulent ces repas du dimanche et l’annonce faite un jour par Ainara va alimenter les conversations tenues dans ces réunions familiales : alors que la famille de cette jeune fille qui fréquente un lycée religieux et qui s’apprête à passer le bac la voyait bien poursuivre ses études à l’Université, elle vient de demander à Iñaki, son père, l’autorisation de participer à une période d’intégration dans un couvent. (…) C’est l’histoire d’une jeune fille de 18 ans de sa connaissance qui voulait entrer dans les ordres qu’on lui a racontée alors qu’elle-même avait une vingtaine d’années et qui l’a accompagnée pendant de nombreuses années qui a conduit la réalisatrice basque Alauda Ruiz de Azúa à réaliser Les Dimanches, son deuxième long métrage de cinéma, un film qui a été récompensé de la Coquille d’Or au dernier Festival de San Sebastian, en septembre dernier. (…)
Dans Les Dimanches, la réalisatrice nous confronte aux aspirations de Ainara, des aspirations qui ont toutes les couleurs d’une grande sincérité, et à trois personnes de son entourage qui vont se livrer à une bataille d’influence auprès d’elle. Pas de maman, parmi ces trois personnes : Ainara est orpheline de mère. Par contre, elle a une tante, Maite, une femme intelligente, à la forte personnalité et … athée. A ce titre, elle est a priori opposée à ce choix de vie exprimé par sa nièce tout en cherchant à comprendre pourquoi Ainara en est arrivée à le faire et en tenant absolument à se montrer tolérante. De la part de Iñaki, le père, il n’y a pas grand-chose à attendre. (…) Et puis, il y a la mère supérieure, qui, bien sûr, se féliciterait de compter une jeune religieuse de plus dans son couvent. A la vision du film, on comprend vite duquel de ces trois personnages la réalisatrice est la plus proche : de Maite, bien sûr, y compris dans son désir de se montrer tolérante. Selon son rapport avec la religion, il est probable que tout le monde n’aura pas le même point de vue sur sa réussite en la matière, d’aucuns en arrivant probablement à regretter que Les Dimanches ne se prononce pas plus clairement sur ce qui a entrainé ce choix de vie d’Ainara, foi sincère ou discrète manipulation, et sur certaines dérives à caractère sectaire du monde des couvents que le film ne ferait qu’effleurer, alors que d’autres regretteront au contraire que Maite finisse par craquer et abandonne la tolérance qu’elle recherchait en se lançant dans une diatribe très féroce, parlant du couvent comme d’une secte, traitant les religieuses de folles et/ou de frustrées. »
Extrait de la critique de notre chroniqueur Jean-Jacques Corrio. Pour en découvrir l’intégralité, cliquez sur ce lien !
Le Blu-ray
[4/5]
Le Pacte nous livre pour Les Dimanches une édition Blu-ray sobre mais élégante, parfaitement alignée avec l’esthétique épurée du film d’Alauda Ruiz de Azúa. Le visuel reprend la photographie douce et légèrement désaturée qui caractérise l’œuvre, centrée sur le visage d’Ainara, interprétée par Blanca Soroa, dont la retenue et la fragilité traversent tout le récit. Le master Haute-Définition qui nous est proposé par l’éditeur restitue avec finesse la photographie de Bet Rourich, dont les compositions sobres et naturalistes jouent beaucoup sur les textures douces, les intérieurs tamisés et les visages filmés en lumière diffuse. Le disque offre une définition solide, notamment dans les plans rapprochés où les nuances de peau et les micro-expressions des comédiennes ressortent avec précision. Le grain, fin et discret, semble respecté, sans lissage numérique intempestif. Les scènes en intérieur profitent d’un contraste équilibré, même si l’on note parfois une légère mollesse dans les noirs, probablement inhérente au matériel d’origine plus qu’au transfert. Les extérieurs basques, eux, gagnent en relief grâce à une colorimétrie nuancée, jamais clinquante, parfaitement en phase avec la tonalité dramatique du film. Côté son, les deux mixages DTS-HD Master Audio 5.1 (en VF comme en VO) se montrent d’une belle homogénéité. La version originale espagnole bénéficie d’une présence vocale très naturelle, avec une dynamique douce mais précise, qui met en valeur les silences, les respirations et les hésitations d’Ainara, au cœur du récit. Les ambiances du couvent, discrètes mais essentielles, sont restituées avec une spatialisation subtile, jamais démonstrative. La version française, de son côté, ne souffre d’aucune mise en retrait : les voix françaises sont claires, bien intégrées au mix. Le doublage respecte l’intériorité des personnages et conserve la retenue émotionnelle voulue par la réalisatrice. Les deux pistes nous offrent donc une scène sonore frontale mais cohérente, avec quelques respirations arrière lors des séquences chorales ou des scènes familiales plus animées.
Côté suppléments, le Blu-ray Les Dimanches édité par Le Pacte réunit quatre modules d’entretiens avec l’équipe, centrés sur la fabrication du film et sur les thématiques spirituelles et familiales qui le traversent. On commencera avec un court entretien avec la réalisatrice Alauda Ruiz de Azúa (4 minutes), qui nous éclairera sur ses intentions, son rapport à la foi, à l’adolescence et à la mise en scène intimiste qui caractérise son cinéma. On continuera avec un entretien avec Blanca Soroa (4 minutes), dans lequel la jeune actrice et révélation du film, revient sur son casting, sa préparation, sa relation au rôle d’Ainara et la manière dont elle a abordé ce personnage en quête de sens, Enfin, les acteurs et l’équipe aborderont la dynamique familiale au cœur du récit (3 minutes), et reviendront sur le fait d’avoir tourné dans un véritable couvent (3 minutes) – on y découvrira la manière dont l’équipe a investi cet espace et sur l’influence du décor sur la mise en scène.



















