DVD — 06 mars 2018
Test DVD : Crash Test Aglaé


France : 2017
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Eric Gravel
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h22
Genre : Comédie
Date de sortie cinéma : 2 août 2017
Date de sortie du DVD : 7 mars 2018

 

Synopsis : L’histoire d’une jeune ouvrière psychorigide dont le seul repère dans la vie est son travail. Lorsqu’elle apprend que son usine fait l’objet d’une délocalisation sauvage, elle accepte, au grand étonnement de l’entreprise, de poursuivre son boulot en Inde. Accompagnée de deux collègues, elle va entreprendre un absurde périple en voiture jusqu’au bout du monde qui se transformera en une improbable quête personnelle.

 

 

Le film

[4/5]

Lorsqu’un employé ou une employée aime le travail qu’il/elle fait et a du mal à se remettre en question, il peut arriver qu’il/elle réponde favorablement à une proposition faite par l’employeur parce que c’est la loi, mais dont cet employeur lui-même est persuadé qu’elle est totalement inacceptable. C’est le postulat de départ de Crash Test Aglaé, le premier long métrage du franco canadien Eric Gravel. Cette Aglaé qu’il nous présente est spécialisée dans les crash tests automobiles, un travail dans lequel son côté perfectionniste fait merveille et qui représente une bonne moitié de son existence, le reste étant une passion pour la pratique du cricket. Lorsqu’elle apprend par Liette, une de ses collègues, que l’usine où elles travaillent va être l’objet d’une délocalisation sauvage en direction de l’Inde, avec possibilité pour celles et ceux qui le souhaitent de faire partie du déménagement, elle ne met pas longtemps à accepter cette proposition : continuer à exercer son métier est sa première priorité, et, en plus, l’Inde est un pays où le cricket est un sport majeur.

Étonnement de la part du personnel RH de son usine, la « sympathique » proposition ayant manifestement été faite pour être refusée. Malgré l’insistance avec laquelle on lui parle des 48 heures par semaine, du salaire de misère qu’elle touchera en Inde, de la perte de la mutuelle et de l’intéressement, Aglaé s’obstine et, sans vraiment le chercher, réussit à entraîner dans son choix deux collègues de travail, Liette et Marcelle. On leur refuse le paiement des billets d’avion pour rejoindre leur nouvelle destination ! Qu’importe : elles rejoindront l’Inde dans la Citroën Visa de Marcelle.

 

 

C’est donc par un mélange très réussi de comédie décalée et de roadmovie qu’Eric Gravel a choisi d’aborder le sujet, par ailleurs très sérieux, des délocalisations, le symbole peut-être le plus visible d’un monde économique qui, pour le réalisateur, est devenu totalement fou et dont l’indécence le met souvent en colère. Un monde économique infernal, donc, mais qui, paradoxalement, par ses excès, peut présenter l’intérêt d’ouvrir petit à petit les yeux à des personnages comme Aglaé. Le trio de comédiennes qu’il a réuni pour interpréter les rôles d’Aglaé, de Liette et de Marcelle s’avère très convaincant. Il faut dire que choisir Julie Depardieu et Yolande Moreau pour des rôles décalés ne présentait pas un risque énorme ! India Hair, on connaissait moins, malgré ses prestations passées dans une douzaine de films, dont celle, très remarquée dans Rester vertical d’Alain Guiraudie. Bingo ! Dans ce rôle d’Aglaé, une jeune femme « prête à accepter un boulot de merde en Inde plutôt que de se remettre en question » et qui, grâce à ce choix, arrivera finalement à s’apercevoir qu’elle a « plus en commun avec un indien transgenre qu’avec son voisin de palier », elle est superbe. Superbes aussi, les paysages du Kazakhstan, bien mis en valeur par la photographie de .

 

 

Le DVD

[3.5/5]

En marque de reconnaissance envers le distributeur, Le Pacte, qui, avec ce DVD, donne la possibilité aux spectateurs curieux d’accéder à un film qui n’a pas eu le succès qu’il méritait lors de sa sortie en salles (Il faut dire que Crash Test Aglaé est sorti début août, une période difficile pour un film qui n’a pas bénéficié de la couverture médiatique donnée par une sélection cannoise, quelle qu’elle soit !), nous ne nous étendrons pas sur le choix fait de ne proposer aucun supplément. Par contre, les malvoyants et les malentendants n’ont pas été oubliés, avec une possibilité d’audio description pour les premiers et un sous-titrage pour sourds et malentendants pour les seconds.

Heureusement, la qualité technique, elle, est bien au rendez-vous. C’est ainsi que, dès le début du film, on est bluffé par le rendu des lumières dans des scènes tournées en intérieur et on en a carrément plein les yeux lorsque l’action arrive dans les magnifiques paysages du Kazakhstan, couleurs et définition étant absolument magnifiques. Concernant le son, on a le choix, classique, entre écoute en 2.0 et en 5.1, mais, comme il ne s’agit pas d’un blockbuster plein d’effets spéciaux, la différence entre les 2 écoutes est très faible.

 

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles