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Test Blu-ray 4K Ultra HD : La Colline a des yeux – Édition Prestige limitée

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La Colline a des yeux – Édition Prestige limitée

États-Unis : 1977
Titre original : The Hills have eyes
Réalisateur : Wes Craven
Scénario : Wes Craven
Acteurs : Robert Houston, Dee Wallace, Michael Berryman
Éditeur : Carlotta Films
Durée : 1h29
Genre : Thriller, Horreur
Date de sortie cinéma : 20 juin 1979
Date de sortie DVD/BR4K : 2 juin 2026

La famille Carter traverse les États-Unis en caravane pour se rendre à Los Angeles. Ils sont bientôt victimes d’un accident et doivent se séparer pour aller chercher du secours. Mais ce qu’ils ignorent, c’est qu’une étrange famille de cannibales est en train de les espionner…

Le film

[3/5]

Il existe, dans la plus que centenaire Histoire du Cinéma, quelques films étant arrivés pile au bon moment afin de rencontrer le public et plus ou moins marquer les mémoires en leur temps, mais dont la redécouverte quelques années plus tard révèle au grand jour les limites narratives et formelles évidentes. Les premiers films de Wes Craven, en particulier La Dernière maison sur la gauche (1972) et La Colline a des yeux (1977), font partie de ces longs-métrages, dotés d’un concept fort et d’une interprétation globalement solide, mais dont la mise en scène et la faiblesse d’écriture étaient telles que l’on s’est franchement réjoui à l’idée d’en voir débarquer des « remakes » au tournant des années 2000.

Si l’interminable vague de remakes des grands classiques de l’horreur des années 70/80 ayant ouvert le nouveau siècle avait à priori tout pour hérisser le poil de l’amateur éclairé d’horreur sur celluloïd, le cas de Wes Craven a toujours été un peu à part – il fait en effet partie de ces quelques cinéastes (on pense également à John Landis) peu enclins à proposer une réelle « vision » de metteur en scène au sein de leurs films, et se reposant uniquement sur leurs concepts et leurs acteurs. Quand le concept est bon et que les acteurs donnent de leur personne, la magie peut opérer, mais le cinéma est un Art qui nécessite parfois un peu plus de maestria, un sens du cadre, du tempo, ou un Art de la narration qui faisaient le plus souvent défaut à Wes Craven.

Du salmigondis ridicule et mal foutu qu’est La Colline a des yeux, on ne retiendra donc aujourd’hui plus que son idée de départ, forte et brutale, qui permettrait à force de remaniements et de réécriture à Alexandre Aja d’accoucher d’un véritable chef d’œuvre en 2006, et ses acteurs, en particulier Dee Wallace et Michael Berryman, véritables « tronches » de cinéma ayant marqué à jamais le genre horrifique. Le tout restant lié à une importance historique certaine, et à une aura certes usurpée et incompréhensible mais toujours vivace.

Il faut dire qu’à son étrange manière, La Colline a des yeux fascine encore par sa manière presque artisanale de bricoler la terreur avec trois bouts de ficelle et une poignée d’idées fulgurantes. Le film ressemble aujourd’hui à une sorte de cabinet de curiosités du cinéma d’exploitation : un objet un peu bancal, un peu poussiéreux, mais traversé par une énergie brute, presque primitive, qui rappelle que l’horreur peut naître d’un simple décalage entre la normalité et la sauvagerie. La sécheresse du montage, les ruptures de ton involontaires, les cadrages approximatifs deviennent presque touchants, comme si le film tentait de courir plus vite que ses propres moyens. On y voit un cinéma qui cherche encore sa grammaire, qui trébuche, qui s’excite, qui s’égare, mais qui, par moments, parvient à toucher quelque chose de viscéral, de presque mythologique.

La Colline a des yeux, revu aujourd’hui, fonctionne aussi comme un témoignage involontaire sur la représentation de la famille américaine dans les années 70 : un noyau prétendument solide, mais fissuré dès qu’il est confronté à un environnement hostile. Le film, sans le vouloir vraiment, capte l’angoisse d’une époque où la confiance dans les institutions, la police, l’armée, la cellule familiale, se désagrégeait lentement. Ce sous-texte, qui affleure parfois malgré la mise en scène hésitante, donne au film une dimension presque sociologique, comme si la violence des mutants n’était que le miroir déformé d’une société en perte de repères.

Quant à La Colline a des yeux 2, il mérite un paragraphe à part tant il relève de la comédie involontaire. Le film, tourné à la va-vite pour capitaliser sur le succès du premier, ressemble à une suite improvisée un lendemain de cuite, avec des motards mutants qui semblent sortis d’un carnaval rural et des dialogues qui feraient passer un manuel de sécurité routière pour du Shakespeare. On y trouve des choix de mise en scène si aberrants qu’ils en deviennent presque attachants, comme si le film tentait de battre un record du monde de maladresse créative. Ce deuxième opus, souvent moqué, possède pourtant une valeur patrimoniale : il rappelle jusqu’où pouvait aller le cinéma d’exploitation lorsqu’il ne se fixait aucune limite, ni narrative, ni esthétique, ni logique. Une sorte de cousin dégénéré qu’on n’invite jamais aux réunions de famille, mais dont on parle toujours avec un sourire coupable.

Le coffret Blu-ray 4K Ultra HD

[5/5]

Après avoir longtemps hanté les vidéothèques et les éditions plus ou moins honorables, et à l’approche de son cinquantième anniversaire, La Colline a des yeux trouve enfin chez Carlotta Films une maison à sa mesure avec cette « Édition Prestige Limitée » #38, limitée à 2000 exemplaires, qui sent bon le fétichisme de cinéphile. Le film de Wes Craven se voit proposé en Blu-ray 4K Ultra HD dans un coffret boîte cloche très classieux, renfermant un Digipack exclusif regroupant le Blu-ray 4K Ultra HD de La Colline a des yeux, le Blu-ray du film, ainsi que le Blu-ray de La Colline a des yeux 2.

La nouvelle restauration 4K (HDR10) du premier film redonne un vrai coup de fouet à ce classique rugueux tourné dans des conditions spartiates : le grain 16 mm reste bien présent, mais apparaît plus fin, plus stable, avec une définition sensiblement renforcée par rapport aux anciennes éditions du film. Les visages burinés, les rochers, la poussière du désert gagnent en texture, tandis que le HDR10 apporte une dynamique lumineuse plus convaincante, notamment dans les ciels brûlants et les zones d’ombre où se tapissent les mutants. Les contrastes sont mieux tenus, les noirs plus profonds sans écraser les détails, même si certaines limites inhérentes au matériau d’origine subsistent et participent finalement au charme brut du film. Côté son, Carlotta propose une version originale sous-titrée français en DTS-HD Master Audio 7.1, 2.0 et 1.0, ainsi qu’une version française en DTS-HD Master Audio 1.0. La piste 7.1 de La Colline a des yeux offre une ouverture sonore agréable, avec quelques ambiances désertiques et effets de surprise bien répartis, mais les mixages 2.0 et 1.0 conservent une cohérence plus proche de l’esprit d’origine, avec des dialogues clairs et une rugosité qui sied bien au film. La version française, mono mais propre, garde ce charme un peu daté des doublages de l’époque, sans être écrasée par la version originale, et permet de redécouvrir le film dans des conditions très confortables. La Colline a des yeux 2 bénéficie pour sa part d’une nouvelle restauration 2K sur Blu-ray, plus modeste mais tout à fait honorable, qui met en valeur ce morceau de série B déglinguée sans chercher à le lisser à outrance.

Côté suppléments, cette Édition Prestige Limitée de La Colline a des yeux éditée par Carlotta fait clairement dans la débauche généreuse. On commencera les hostilités avec trois commentaires audio (VOSTF) pour le premier film : l’un avec Wes Craven et le producteur Peter Locke, un autre avec les acteurs Michael Berryman, Janus Blythe, Susan Lanier et Martin Speer, et un dernier avec l’universitaire Mikel J. Koven. Le premier commentaire, signé Craven / Locke, aligne souvenirs de tournage, bricolages techniques et anecdotes sur les conditions extrêmes du désert, tandis que la piste des comédiens de La Colline a des yeux adopte un ton plus familial, revenant sur les castings, les galères et même sur la suite et le remake. Le commentaire de Mikel J. Koven se révèle plus analytique, revenant sur la légende de Sawney Bean, les racines folkloriques du film et son inscription dans le « rural horror », avec quelques détours par Massacre à la tronçonneuse.

On trouvera ensuite un entretien avec Martin Speer (16 minutes), qui revient sur son rôle dans La Colline a des yeux, le tournage, les cascades et la postérité du film. On continuera avec un entretien avec le compositeur Don Peake (11 minutes), tournant autour de la création de la partition du film, de ses choix d’instruments et de la réception parfois mitigée de sa musique. Déjà disponible sur l’édition Program Store de 2016, l’entretien avec Stéphane du Mesnildot (17 minutes) nous proposera une analyse dense du film de Wes Craven, le replaçant dans son contexte historique et esthétique. La fin alternative (13 minutes) nous propose une conclusion plus « réconciliatrice », tandis que le bêtisier et les coulisses du tournage (19 minutes) dévoilent un envers du décor parfois hilarant. On aura également droit à un making of de La Colline a des yeux 2 (31 minutes), qui revient en détail sur la genèse de cette suite improbable, avec des témoignages de l’équipe et un regard rétrospectif sur ce morceau de bis débridé.

Bandes-annonces, spots TV et une pluie de memorabilia complètent le tableau : on retrouvera avec plaisir le livre « Wes Craven, le droit à l’horreur » écrit par Marc Toullec (100 pages), déjà dispo sur l’édition de 2016, un jeu de 6 lobby cards, 2 affichettes, un flyer promotionnel japonais, une planche de 8 autocollants et une affiche. Au final, cette édition prestige limitée Blu-ray 4K Ultra HD de La Colline a des yeux signée Carlotta Films s’impose comme un véritable coffret de référence, à la fois objet de collection et mine d’informations pour qui souhaite explorer en profondeur ce classique cabossé, ainsi que son hilarante suite mutante de la mort qui tue.

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