Test Blu-ray : Apocalypto – Réédition 2022

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Apocalypto

États-Unis, Mexique : 2006
Titre original : –
Réalisation : Mel Gibson
Scénario : Mel Gibson, Farhad Safinia
Acteurs : Rudy Youngblood, Dalia Hernández, Jonathan Brewer
Éditeur : Metropolitan Vidéo
Durée : 2h12
Genre : Action, Historique
Date de sortie cinéma : 2 janvier 2007
Date de sortie DVD/BR : 21 octobre 2022

Mexique, début du XVIe siècle. Des mercenaires sanguinaires ayant envahi son village au petit matin, Jaguar Paw, un jeune chasseur Maya, parvient à mettre sa femme et son jeune fils à l’abri, avant d’être lui-même capturé. Tandis que celle-ci, enceinte, espère son retour depuis le fond d’un puits duquel elle ne peut sortir, Jaguar Paw, est escorté par ses ravisseurs jusqu’à une société décadente, qui calme la colère des Dieux en multipliant les sacrifices humains. Jaguar Paw parvient à s’enfuir à travers la jungle. Commence une chasse à l’homme sans merci…

Le film

[5/5]

Un peu plus de quinze ans après sa sortie dans les salles, Apocalypto n’a rien perdu de l’impact quasi-tellurique qui nous avait cloué à nos sièges en 2007. Survival historique aussi barbare qu’époustouflant prenant pour cadre la chute de la civilisation Maya, le film de Mel Gibson demeure un putain de gros, d’énorme chef d’œuvre – scénario formidable, images à couper le souffle, rythme trépidant, souffle épique de grande envergure… Apocalypto est un de ces films qui s’imposent en l’espace de quelques minutes grâce à un équilibre parfait entre l’action, brutale, sèche, à couper le souffle, l’atmosphère, distillée avec un talent et un sens du suspense hallucinant, et bien sûr la photographie, absolument magnifique, que l’on doit à Dean Semler, déjà à l’œuvre sur des films tels que Mad Max 2 ou Danse avec les loups.

Car mine de rien, derrière la barbarie viscérale et la chasse à l’homme intense et virtuose, Apocalypto s’interroge tout de même sur les causes de l’effondrement de la civilisation Maya, tout en développant certains thèmes déjà abordés par Mel Gibson dans ses films précédents, notamment sur la violence de groupe, sur l’isolement, sur l’idée de supériorité raciale ou encore sur la l’érosion des valeurs humaines. D’un point de vue purement technique, Apocalypto est un spectacle éblouissant, tellement plein à craquer de couleurs et de sentiments exacerbés qu’il verse même parfois occasionnellement dans le bizarre ou le fantastique. L’horreur et la mort qui entourent les Mayas sont ainsi soulignées par des scènes glaçantes, et le sentiment de malheur imminent – presque de fin du monde – développé tout au long du film est également habilement distillé par la bande-son très sombre de James Horner, qui rend d’ailleurs probablement l’expérience encore plus puissante et mémorable.

Alors, bien entendu, on pourra toujours arguer qu’Apocalypto n’est pas toujours « historiquement » correct, et que malgré l’emploi de la langue Maya, certains points de détail de l’intrigue sont tout à fait fantaisistes. Certains critiques ont également reproché au film sa violence, hypnotique mais extrêmement complaisante, et la façon dont celle-ci prend souvent le pas sur la réflexion sur la disparition de la civilisation Maya. En d’autres termes, le fait qu’Apocalypto ait été conçu comme un divertissement mené à cent à l’heure annule, pour certains, sa capacité à présenter des points de vue crédibles sur les raisons de la disparition de la culture maya. Ce sont là des points de vue discutables, qui cachent en réalité que la plupart des critiques qu’Apocalypto a suscitées immédiatement après sa sortie n’étaient pas directement inspirées par les forces et les faiblesses du film, mais surtout par le fait qu’il soit l’œuvre d’un homme dont les frasques en dehors du plateau de tournage ont choqué énormément de monde à l’époque.

Par conséquent, on a parfois voulu faire dire à Apocalypto beaucoup plus de choses que la simple analyse n’en révélait à priori. Le film a ainsi été disséqué et sur-interprété afin de lui coller un message politique qui n’avait rien à voir avec la civilisation Maya : si vous avez une imagination débordante, les propos antisémites tenus par le cinéaste en état d’ivresse en juillet 2006 pourront probablement vous mener à vous faire une idée des diverses interprétations d’Apocalypto totalement absurdes et hors-sujet que l’on avait pu lire à travers le monde à l’époque de sa sortie. Pour autant, on ne saurait trop vous conseiller d’écarter de votre esprit ces idées, afin de savourer à sa juste valeur l’un des plus grands films épiques et bouleversants de ces vingt dernières années.

Le Blu-ray

[4/5]

Après une première édition Blu-ray chez TF1 Vidéo en 2010, Apocalypto était ressorti en Haute-Définition chez StudioCanal courant 2015, avant d’atterrir aujourd’hui dans les rangs du catalogue de Metropolitan Vidéo, qui lui offre clairement l’écrin Audio/Vidéo qu’il mérite. On aurait bien sûr rêvé d’un Blu-ray 4K, mais le film ayant été tourné en 2K, on n’est pas sûr que le résultat ait été plus beau qu’il ne l’est ici – et le moins que l’on puisse dire, c’est que le rendu visuel est ici de toute beauté. Le niveau de détail est à couper le souffle, les contrastes sont stupéfiants et la précision de l’ensemble est souvent étonnante. La palette de couleurs est également très impressionnante : les différents niveaux de vert dans la jungle, le bleu, le jaune et l’ocre de la cité Maya, le noir profond des scènes dans le puits… Tout est parfait, si ce n’est du côté de l’encodage, proposé en 1080i, et réduisant la durée du film de 2h18 dans les salles obscures à 2h12. Côté son, Apocalypto bénéficie d’une formidable piste DTS-HD Master Audio 5.1 en VO. Les effets d’ambiance et de spatialisation sont extrêmement bien équilibrés, et même durant les scènes de pillage et/ou de foule, alors que les bruits arrivent de toutes les directions, le mixage s’avère tout à fait solide. Les différents environnements sonores sont assez incroyables, et l’impact de la musique de James Horner trouve se voit renforcé par un placement la mettant systématiquement en valeur.

Du côté des suppléments, Metropolitan Vidéo recycle les suppléments déjà disponibles sur les éditions précédentes. On commencera avec une présentation du film par Mel Gibson (3 minutes), à laquelle on ajoutera un commentaire audio de Mel Gibson et de son coscénariste Farhad Safinia, au cours duquel les deux hommes discutent en détail du message du film, de la façon dont il a été réalisé et des difficultés auxquelles ils ont été confrontés. On continuera ensuite avec une série de scènes coupées (4 minutes) ainsi qu’avec un passionnant making of (25 minutes) retraçant l’histoire de la civilisation maya et mettant l’accent sur les défis auxquels Mel Gibson et son équipe ont été confrontés pendant la réalisation du film. Les images des décors sont intéressantes, dans le sens où elles montrent le souci du détail exigé (et atteint) par le cinéaste. On terminera enfin avec la traditionnelle bande-annonce.

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