Critique Express : EO

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EO

Pologne, Italie : 2022
Titre original : –
Réalisation : Jerzy Skolimowski
Scénario : Jerzy Skolimowski, Ewa Piaskowska
Interprètes : Sandra Dryzmalska, Isabelle Huppert, Tako, Hola, Marietta, Ettore, Rocco, Mela
Distribution : ARP Sélection
Durée : 1h29
Genre : Drame
Date de sortie : 19 octobre 2022

2.5/5

Synopsis : Le monde est un lieu mystérieux, surtout vu à travers les yeux d’un animal. Sur son chemin, EO, un âne gris aux yeux mélancoliques, rencontre des gens bien et d’autres mauvais et fait l’expérience de la joie et de la peine, mais jamais, à aucun instant, il ne perd son innocence.

Visuellement magnifique mais pas de véritable histoire

EO, l’équivalent de Hi-Han en polonais. Il y a plusieurs années, le réalisateur polonais Jerzy Skolimowski s’était exprimé dans une interview à propos de Au hasard Balthazar, le film réalisé par Robert Bresson en 1966 et dont le personnage principal était un âne : le seul film qui l’ait ému aux larmes, avait-il dit. EO, qui fait également appel à un âne pour tenir le rôle principal, n’est pas un « remake » du film de Bresson, c’est plutôt un hommage à ce réalisateur et à ce film. Tout au long du film, cet âne, ce personnage principal, ne joue pas, il se contente d’être lui-même. Il faisait partie d’un cirque et, quand il a été décidé qu’il ne devait plus y avoir d’animaux dans les cirques, il a été séparé de Kasandra, son amie, celle qui s’occupait de lui, et il a été envoyé dans une ferme équestre. Dès lors, il va passer de main en main, cherchant à retrouver Kasandra tout en portant son regard sur un monde souvent déshumanisé, un monde qui, la plupart du temps, traite très mal les animaux, à l’instar des supporters d’un club de football qui lui reprochent d’avoir causé la défaite de leur équipe préférée. L’affection, c’est seulement avec des écoliers handicapés mentaux d’une ferme pédagogique où il a été transféré qu’il va la trouver.

EO, c’est donc l’histoire d’un âne sur laquelle viennent se greffer quelques petites histoires « humaines », la plus importante étant celle qui voit Isabelle Huppert interpréter le rôle d’une comtesse aux prises avec des problèmes avec son fils. Si tout le monde peut s’accorder pour trouver ce film visuellement magnifique et très poétique dans son approche, le ressenti final que vous pourrez avoir ne dépend que de vos goûts personnels : si, pour vous, le cinéma, ce sont avant tout de belles images animées, nul doute que vous ressortirez enchanté.e de la vision de EO. Par contre, si pour vous, le cinéma, ce sont des images animées, belles si possible, au service d’une véritable histoire, votre jugement sera à coup sûr plus sévère. Une certitude : le jury cannois de mai dernier a aimé EO. En effet, 50 ans après sa première participation à la compétition cannoise avec Roi, Dame, Valet, Jerzy Skolimowski, aujourd’hui âgé de 84 ans, a vu de nouveau son film retenu en compétition et ce film s’est vu attribué le Prix du Jury.  

 


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