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Test Blu-ray : Tora-san – Coffret #1 – 1969-1970

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Tora-san – Coffret #1 – 1969-1970

Japon : 1969-1970
Titre original : Tora-san
Réalisation : Yoji Yamada
Scénario : Yoji Yamada
Acteurs : Kiyoshi Atsumi, Chieko Baisho, Sachiko Mitsumoto
Éditeur : Roboto Films
Durée : 7h30 environ
Genre : Comédie
Date de sortie DVD/BR : 16 juin 2026

Cela fait bientôt 60 ans que les japonais sont tombés amoureux d’un vagabond du nom de Torajiro, dit « Tora-san ». Ce personnage attachant, incarné par Kiyoshi Atsumi, sera présent sur les écrans japonais pendant 50 ans, avec un succès qui ne fléchira jamais. Cinquante films seront ainsi produits, faisant de cette saga la plus longue série cinématographique du monde, inscrite dans le Guinness Book des records ! Chaque film (à l’exception de deux d’entre eux) a été réalisé par Yoji Yamada. Près de 60 ans après le film fondateur, Roboto Films est fier de vous proposer les cinq premiers films dans un coffret collector, contenant de nombreux bonus élaborés par Claude Leblanc, expert et amoureux de Tora-san…

Les films

[3/5]

Cela fait bientôt 60 ans que les Japonais sont tombés sous le charme d’un vagabond du nom de Torajiro, dit Tora-san (alias « M. Tigre »). Ce personnage attachant, incarné par Kiyoshi Atsumi, a traversé les époques avec une constance presque surnaturelle, comme si le cinéma lui-même refusait de le laisser vieillir. Rien de moins que cinquante films ont ainsi vu le jour entre 1969 et 2019, faisant de cette saga la plus longue série cinématographique du monde, inscrite au Guinness Book des records. Yoji Yamada, artisan patient et conteur d’une douceur infinie, a façonné presque chaque épisode, donnant à Tora-san une identité unique, entre comédie populaire, chronique sociale et poésie du quotidien. Au Japon, l’empreinte de Tora-san reste immense: rediffusions hebdomadaires, pèlerinages à Shibamata, et un «Tora-san summit» annuel qui ressemble à un festival de tendresse. Les spectateurs français ont pu découvrir ce trésor lors du cycle «Un an avec Tora-san» à la Maison de la Culture du Japon en 2022, preuve que même à des milliers de kilomètres, le charme de Torajiro continue d’opérer.

Le premier film, Tora-san : C’est dur d’être un homme, pose les bases d’un univers où la maladresse devient une forme de sagesse. Le film suit Tora-san dans son retour à Shibamata, où chaque retrouvaille ressemble à une petite secousse émotionnelle. Le film explore la famille comme un terrain miné mais chaleureux, où l’amour circule en zigzag, comme un cerf-volant qui aurait décidé de faire sa vie sans prévenir. Les cadrages de Yoji Yamada, souvent simples mais d’une précision redoutable, laissent respirer les visages et les silences, donnant à chaque scène une douceur presque philosophique. L’invisibilité sociale des marginaux, thème discret mais constant, se glisse dans les ruelles, les échoppes, les regards. On pense parfois à Bonjour de Yasujirō Ozu pour cette manière de filmer le quotidien sans emphase, mais Yoji Yamada garde sa propre musique, plus cabossée, plus rieuse, comme un blues qui aurait troqué la guitare pour un shamisen.

Le deuxième film, Tora-san : Maman chérie, élargit le champ émotionnel en confrontant Tora-san à une figure maternelle fantasmée, presque mythologique. Le film joue avec l’idée que l’amour filial peut être à la fois un refuge et un piège, un souvenir qui brille trop fort pour être approché sans se brûler un peu. Les scènes de voyage, filmées avec une légèreté qui rappelle certains road-movies américains de la même époque, donnent au film une respiration nouvelle. Les effets comiques, toujours portés par Kiyoshi Atsumi, se mêlent à une réflexion plus profonde sur l’identité: comment se construire quand les racines manquent ou se dérobent? Le film répond par une série de gestes tendres, de maladresses magnifiques, et une caméra qui préfère la pudeur à la démonstration : la trajectoire bancale de Tora-san cache en effet une lucidité rare sur la fragilité humaine.

Le troisième film, Tora-san : Le grand amour, s’aventure – comme son titre l’indique – sur le terrain glissant du sentiment amoureux, terrain où Tora-san excelle autant qu’il échoue. Le film explore la passion avec une délicatesse qui évoque les romances de Mikio Naruse, mais avec un humour plus terrien, plus direct, typiquement japonais. Le film interroge la possibilité d’aimer quand on ne possède rien : ni maison, ni stabilité, ni certitudes. Les plans larges, souvent baignés d’une lumière douce, donnent cet épisode une dimension presque picturale, comme si chaque scène cherchait à capturer l’instant avant qu’il ne s’efface. Les maladresses sentimentales de Tora-san deviennent alors des fragments de vérité: aimer, c’est accepter de trébucher. Le film glisse parfois vers une poésie inattendue, où un simple regard échangé dans une rue peut devenir un événement cosmique, minuscule mais essentiel.

Le quatrième film, Tora-san : Le millionnaire, joue avec les codes de la comédie sociale en imaginant Tora-san propulsé dans un monde où l’argent circule plus vite que les émotions. Le film observe avec humour la manière dont la richesse transforme les rapports humains, parfois pour le meilleur, souvent pour le plus étrange. Tora-san y est confronté à des situations où son franc-parler devient une arme de vérité, presque une forme de résistance contre les illusions du pouvoir. Les scènes de banquet, de réception ou de négociations sont filmées avec une précision chorégraphique, comme si Yoji Yamada orchestrait un ballet de faux-semblants. En filigrane, le film, profondément moral, rappelle que la valeur d’un homme ne se mesure pas à son portefeuille mais à sa capacité à rester lui-même, même quand le monde tente de le déguiser. Oui, oui : un peu comme Les Tuche.

Le cinquième film, Tora-san : La nostalgie, referme ce premier cycle avec une douceur mélancolique. Le film explore le passé comme un territoire mouvant, où les souvenirs se mélangent aux regrets et aux espoirs. Pour ce faire, il adopte un rythme plus contemplatif, presque méditatif, où chaque geste semble chargé d’une mémoire invisible. Les paysages, filmés avec une attention presque tactile, donnent à cet opus une dimension sensorielle rare. Le thème du retour, central dans toute la saga, prend ici une ampleur nouvelle: revenir, c’est accepter que rien n’est jamais tout à fait pareil : ni les lieux, ni les gens, ni soi-même. Les acteurs, toujours d’une justesse remarquable, portent cette émotion avec une sincérité désarmante, comme si chaque scène était un cadeau offert au spectateur. Une belle façon de clore cette première exploration des aventures du clodo flamboyant Tora-san.

Le coffret Blu-ray

[4/5]

Le coffret Blu-ray Tora-san – Coffret #1 – 1969/1970, édité par Roboto Films, se présente dans un coffret rigide grande classe, accompagné d’un Digipack trois volets, de trois Blu-ray, d’un livret de 48 pages rédigé par Claude Leblanc et d’une série de cartes postales. L’objet respire le soin et l’amour du cinéma, avec une iconographie choisie pour évoquer l’esprit chaleureux de la saga : l’initiative est à saluer, et vu le public de niche auquel il s’adresse, on espère pour l’éditeur que les ventes seront au rendez-vous. Techniquement en tous cas, la qualité est là : l’image des Blu-ray, issue de matériaux d’époque, nous offre un rendu propre et stable, avec un grain respecté et une colorimétrie fidèle aux copies japonaises. Les scènes de rue, souvent baignées d’une lumière naturelle, gagnent en relief, tandis que les intérieurs conservent leur douceur feutrée. Côté son, les mixages VO DTS-HD Master Audio 2.0 restituent les dialogues avec clarté, sans souffle excessif, et les ambiances sonores (marchés, gares, ruelles…) apportent une présence discrète mais essentielle. Le son reste modeste mais cohérent, parfaitement adapté à ces films où la parole et les silences comptent autant que les images.

Les suppléments du coffret Blu-ray Tora-san – Coffret #1 – 1969/1970 sont particulièrement généreux, et placés sous le signe de Claude Leblanc, expert français de la saga : tout d’abord, c’est lui qui signe le texte du livret de 48 pages disponible au sein de cette édition, accompagné de photos d’exploitation, qui nous offre un éclairage précieux sur la genèse de la saga. C’est également Claude Leblanc qui a enregistré le message de Yoji Yamada (1 minute) disponible avant le premier film, et réalisé l’entretien exclusif avec le réalisateur (23 minutes), qui nous permettra de comprendre sa vision du personnage et son rapport au public japonais. C’est également Claude Leblanc qui assurera la visite guidée de Shibamata (7 minutes), enregistrée en 2025 : on y découvrira les lieux emblématiques de la série, tels que la gare (devant laquelle trône une statue de Tora-san), Claude Leblanc nous proposera ensuite des visites commentées du musée Yoji Yamada (5 minutes) et du musée Tora-san (3 minutes), offrant un panorama riche et passionné. Enfin, Claude Leblanc, toujours lui, nous prendra par la main afin de nous emmener au Tora-san Summit 2025 (14 minutes), afin de capter l’ampleur de la ferveur populaire autour du personnage. Bref, ce coffret, soigné et généreux, constitue une porte d’entrée idéale dans l’univers de Tora-san : un univers où l’humanité, la maladresse et la poésie se tiennent par la main. Pour vous procurer ce coffret Blu-ray Tora-san, Coffret #1 1969-1970, rendez-vous sur le site de l’éditeur Roboto Films !

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