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Test Blu-ray 4K Ultra HD : Da Vinci Code – Édition 20ème anniversaire

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Da Vinci Code

États-Unis, Malte, France, Royaume-Uni : 2006
Titre original : –
Réalisation : Ron Howard
Scénario : Akiva Goldsman
Acteurs : Tom Hanks, Audrey Tautou, Ian McKellen
Éditeur : Sony Pictures
Durée : 2h55
Genre : Thriller
Date de sortie cinéma : 17 mai 2006
Date de sortie DVD/BR : 20 mai 2026

Une nuit, le professeur Robert Langdon, éminent spécialiste de l’étude des symboles, est appelé d’urgence au Louvre : le conservateur du musée a été assassiné, mais avant de mourir, il a laissé de mystérieux symboles… Avec l’aide de la cryptologue Sophie Neveu, Langdon va mener l’enquête et découvrir des signes dissimulés dans les œuvres de Léonard de Vinci. Tous les indices convergent vers une organisation religieuse aussi mystérieuse que puissante, prête à tout pour protéger un secret capable de détruire un dogme deux fois millénaire… De Paris à Londres, puis en Écosse, Langdon et Sophie vont tout tenter pour déchiffrer le code et approcher les secrets qui remettent en cause les fondements mêmes de l’humanité…

Le film

[3/5]

Étrange mécanique que celle de Da Vinci Code. Il s’agit en effet d’un film qui avance comme un vieux pendule d’église : régulier, appliqué, mais sans doute un peu trop conscient de son propre poids symbolique. Ron Howard orchestre la chasse au trésor théologico-policière adaptée du roman de Dan Brown avec un sérieux presque monacal, comme si chaque plan devait demander la permission à Léonard de Vinci avant d’exister. Dans son premier acte, le film installe pourtant un univers séduisant, où les tableaux parlent, où les symboles se rebellent, où les couloirs du Louvre deviennent des labyrinthes mentaux. De plus, Da Vinci Code embrasse ses thématiques (transmission, secret, foi, manipulation) avec une sincérité qui force le respect, même quand le rythme se met à somnoler comme un étudiant en pleine conférence sur l’ésotérisme médiéval.

Da Vinci Code déploie une partie de son récit dans un Paris de carte postale, un Paris qui semble avoir été briqué pour accueillir Tom Hanks et Audrey Tautou comme des touristes VIP. Les rues sont désertes, les monuments brillent comme des vitrines de luxe, et les policiers roulent avec la précision chorégraphique d’un ballet contemporain, en écoutant tranquillement « La Javanaise » de Serge Gainsbourg sur leur autoradio. Cette vision très « la France pour les Nuls » prête parfois à sourire, mais elle participe aussi à la dimension mythologique du film : Da Vinci Code ne cherche pas à montrer la vraie ville, mais un décor mental où chaque pierre cache un message codé. Le cliché devient alors un outil narratif, un moyen de transformer Paris en gigantesque rébus. Et si certains spectateurs grincent des dents, d’autres y verront une sorte de Disneyland ésotérique, assumé et presque attendrissant.

Que l’on fasse le choix de visionner le film dans sa version « courte » ou dans sa version « longue », Da Vinci Code souffre néanmoins d’un rythme qui s’étire comme un parchemin trop sollicité. Les dialogues explicatifs s’enchaînent, les révélations s’empilent, et l’action se fait rare, comme si le film craignait de froisser un manuscrit sacré en courant trop vite. Da Vinci Code compense en partie cette lenteur par une mise en scène qui cherche constamment à dynamiser l’abstraction. Les flashbacks stylisés, les incrustations numériques, les mouvements de caméra qui glissent sur les œuvres d’art comme des doigts sur un clavier de piano… Tout cela donne certes au film une texture visuelle singulière, qui nous montre à quel point Ron Howard a tenté de rendre visible l’invisible, de matérialiser les idées, et cette ambition mérite d’être saluée.

Da Vinci Code aborde des thématiques qui dépassent largement son intrigue policière : la place du féminin dans l’histoire religieuse, la fabrication des mythes, la manière dont les institutions façonnent la vérité. Le film ose poser des questions qui dérangent, même si les réponses restent parfois enveloppées dans un brouillard hollywoodien. La quête du Graal devient une réflexion sur la mémoire collective, sur ce que les sociétés choisissent de transmettre ou d’effacer. A travers le personnage de Robert Langdon (Tom Hanks), le film rappelle aussi que les symboles peuvent être des armes, que les récits façonnent le monde, et que la vérité n’est jamais un objet simple à manipuler, ce qui permet à Ron Howard de développer tout au long de son intrigue une tension entre croyance et connaissance, entre héritage et liberté.

Da Vinci Code doit beaucoup à son casting, qui parvient à donner de l’épaisseur à un récit parfois engoncé dans ses propres mystères. Tom Hanks apporte une douceur professorale à Robert Langdon, un mélange de perplexité et de détermination qui humanise un personnage souvent réduit à une machine à déchiffrer. Audrey Tautou, lumineuse, offre un contrepoint sensible, presque fragile, qui équilibre la froideur des énigmes. Ian McKellen, lui, s’amuse comme un chat dans une bibliothèque interdite, donnant à chaque phrase une ironie délicieuse, et Paul Bettany s’avère tout aussi fascinant durant les éclairs de violence qui traversent le film que lorsqu’il se châtie copieux le cul à l’air. Da Vinci Code gagne en chaleur grâce à ces interprètes, qui insufflent de la vie dans un film qui n’aurait pu être qu’un simple puzzle géant.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[5/5]

Déjà disponible au format Blu-ray 4K Ultra HD depuis dix ans, Da Vinci Code re-débarque cette année sous les couleurs de Sony Pictures dans une nouvelle édition 20ᵉ anniversaire, Version cinéma + Version longue, Dolby Atmos et Dolby Vision, le tout présenté dans un superbe Steelbook qui attire l’œil comme un artefact fraîchement exhumé. Le boîtier métal, élégant et légèrement texturé, accueille donc cette fois les deux versions du film, chacune proposée en Dolby Vision et HDR10. L’image gagne en précision, notamment dans les scènes nocturnes du Louvre ou les intérieurs feutrés où les jeux d’ombre prennent une profondeur nouvelle. Les couleurs restent sobres, fidèles à la photographie légèrement désaturée voulue par Ron Howard, mais les hautes lumières gagnent en éclat sans jamais brûler les détails. Da Vinci Code retrouve ainsi une lisibilité qui met en valeur ses décors, ses œuvres d’art filmées comme des personnages, et ses flashbacks stylisés. Côté son, la VF en DTS-HD Master Audio 5.1 se montre solide : dialogues nets, ambiances bien réparties, dynamique maîtrisée. La VO en Dolby Atmos offre une spatialisation plus ample, notamment dans les séquences d’église ou les passages musicaux signés Hans Zimmer, mais les deux pistes restent suffisamment proches pour éviter toute hiérarchie forcée. Da Vinci Code bénéficie donc ici d’un traitement technique soigné, respectueux et agréable à redécouvrir.

Les suppléments du Blu-ray 4K Ultra HD de Da Vinci Code sont nombreux et variés. La galette de la version cinéma propose une featurette inédite sur la trilogie de films adaptée de l’œuvre de Dan Brown (4 minutes). On y reviendra sur l’adaptation, les enjeux narratifs et la réception des films. On continuera ensuite avec ce que le menu annonce comme un commentaire audio de la réalisatrice Ron Howard. Cela dit, il ne semble pas que le cinéaste ait entamé de démarche de transition : il s’agit bien ici du réalisateur, présent de manière ponctuelle pour commenter certaines scènes. Cette approche fragmentée fonctionne étonnamment bien : plutôt que de s’essouffler sur presque trois heures, Ron Howard intervient quand il a quelque chose à dire, évoquant le tournage, les lieux, les acteurs, les controverses et la réception du film. La galette consacrée à la version longue du film nous proposera quant à elle rien de moins que 27 scènes supplémentaires ou étendues (40 minutes), avec un commentaire optionnel de Ron Howard. On notera par ailleurs qu’un Blu-ray de bonus complète l’ensemble, regroupant une série de modules variés : premiers jours de tournage (2 minutes), discussion avec Dan Brown (5 minutes), portrait de Robert Langdon (7 minutes), accessoires (10 minutes), décors (9 minutes), reproduction des œuvres (6 minutes), effets visuels (15 minutes), musique (10 minutes), partie française (14 minutes), portrait de Sophie Neveu (7 minutes), suspects inhabituels (18 minutes), lieux magiques (16 minutes), Joconde (7 minutes), expérience sacrée (37 minutes), codes du film (6 minutes), musique (3 minutes), et un module « Du livre au film » (11 minutes). Ce Blu-ray consacré aux suppléments ne nous ayant pas été fourni, on ne pourra pas davantage rentrer dans le détail : il convient cela dit de noter que l’ensemble forme un corpus généreux, dense, presque muséal, qui devrait permettre aux amoureux du film de revisiter Da Vinci Code sous tous les angles possibles.

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