Test Blu-ray 4K Ultra-HD : Ça – Chapitre 1 & 2

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Ça – Chapitre 1 & 2

États-Unis, Canada : 2017/2019
Titre original : It
Réalisation : Andrés Muschietti
Scénario : , ,
Acteurs : , ,
Éditeur : .
Durée : 5h03
Genre : Horreur
Date de sortie BR/4K : 28 octobre 2020

À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s’intégrer se sont regroupés au sein du « Club des Ratés ». Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l’école. Ils ont aussi en commun d’avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu’ils appellent « Ça »… Car depuis toujours, Derry est en proie à une créature qui émerge des égouts tous les 27 ans pour se nourrir des terreurs de ses victimes de choix : les enfants. Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu’un petit garçon poursuivant son bateau en papier s’est retrouvé face-à-face avec le Clown Grippe-Sou…

Les films

[4/5]

Le débat fait rage depuis la sortie – à grand renfort de promo – du premier épisode de Ça, réalisé en 2017 par le jeune prodige Andy Muschietti sur un scénario de Gary Dauberman. Mettant littéralement à feu et à sang forums et réseaux sociaux, la question a même quitté la simple sphère des fantasticophiles pour s’imposer dans les timelines – et les lignes éditoriales – de cinéphiles s’intéressant habituellement peu au cinéma de « genre » : cette nouvelle adaptation de Ça, sortie un peu plus de vingt-cinq ans après un téléfilm-fleuve intitulé Ça – Il est revenu, est-elle la meilleure adaptation cinématographique du pavé littéraire signé par dans les années 80 ? Les admirateurs les plus intégristes des univers créés par le binoclard du Maine vont répondront certainement que non, de même probablement que les amoureux du téléfilm de Tommy Lee Wallace, porté par la prestation de Tim Curry dans la peau du clown Pennywise…

La sortie de Ça – Chapitre 1 & 2 dans un sublime coffret Édition Limitée SteelBook 4K Ultra HD + Blu-ray risque bien encore de rajouter deux sous à la musique et de remettre sur le tapis l’éternel débat sur la notion de « bonne adaptation », dans le sens où les deux films prennent d’importantes libertés avec le matériau d’origine. Mais en ne se dirigeant pas tout à fait là où on les attendait, Muschietti et son Dauberman de scénariste n’ont-ils pas choisi le meilleur angle d’attaque pour rendre hommage au roman de Stephen King ?

On l’a déjà dit, ici et ailleurs sur le Net, mais par essence, toute adaptation est une « trahison » de l’œuvre qu’elle transpose. En premier lieu, cette nouvelle adaptation de Ça a choisi d’opérer un décalage temporel par rapport au livre. L’intrigue passera donc des années 50/80 aux années 80/2010, ce qui changera forcément un peu le « champs lexical » de l’œuvre, mais on admettra que cela apporte un nouveau souffle aux personnages ainsi qu’au film en général. Le choix a été fait également d’abandonner la construction du roman de King, qui passait d’une époque à une autre à chaque chapitre. Gary Dauberman a donc privilégié une approche chronologique plus linéaire, en restant dans les années 80 pour Ça – Chapitre 1, puis en attaquant le côté contemporain du récit dans Ça – Chapitre 2. Bien sûr, cela ne va pas sans certains problèmes d’équilibre dans la narration, qui ont forcé l’équipe aux commandes de l’adaptation cinématographique à se lancer dans une vaste série de flashbacks absolument inévitables dans le deuxième film. Le plus paradoxal est d’ailleurs que ces passages sont probablement ceux qui fonctionnent le mieux dans Ça – Chapitre 2 – c’est dire si la construction du roman de King était pensée dans ce sens, et n’aurait probablement pas du être modifiée.

Les deux films d’Andy Muschietti Ça – Chapitre 1 & 2 apportent également leur lot de modifications au roman de Stephen King. Certains éléments sont ajoutés, et d’autres passent littéralement a la trappe : on pense par exemple aux personnages d’Audra, la femme de Bill, et surtout de Tom Rogan, le mari de Beverly, qui ne font ici que de la figuration, alors qu’ils avaient un rôle important dans la partie « adulte » de l’histoire. Et surtout, on remarquera dans le deuxième opus une véritable omniprésence de « Ça » sous la forme du clown Pennywise (interprété de façon incroyable par Bill Skarsgård), qui n’est en réalité que l’une de ses multiples apparences, et qui tend finalement ici à amoindrir l’impact de ses apparitions, un peu comme s’il devenait un classique « boogeyman » de film d’horreur plutôt qu’une créature multiformes s’adaptant aux peurs les plus profondes de celui à qui il s’attaque.

Alors voilà, ce n’est plus tout à fait la même chose que le roman de Stephen King (qui d’ailleurs s’offre une apparition absolument réjouissante au cœur de Ça – Chapitre 2), et les puristes seront au mieux circonspects, au pire franchement mécontents. Mais trahison ou pas, l’honnêteté nous oblige de constater le fait que l’on est avec ce diptyque en présence de deux œuvres uniques, à l’identité forte, visuellement époustouflantes et remarquablement mises en scène : deux films qui auront le mérite de marquer durablement les mémoires, et de ne pas suivre les modes du moment en matière de films horrifiques. On notera d’ailleurs que Warner a pris le risque (payant au regard du box-office international des deux films) de sortir les deux longs-métrages avec la classification « Rated R », soit une interdiction aux mineurs non accompagnés d’un adulte. Une classification avec laquelle les grands studios ne sont plus très familiers depuis quelques années, pour la simple raison qu’elle est synonyme d’une rentabilité inférieure sur le territoire américain.

Oublions donc le « petit » (mais étrangement très apprécié) téléfilm de Tommy Lee Wallace : les deux films signés Andy Muschietti l’enterrent à tous les niveaux. Certains opposent le téléfilm et cette nouvelle adaptation en arguant que les effets spéciaux ne peuvent logiquement être comparés pour de simples raisons d’évolution technologiques. C’est tout à fait vrai : du maquillage et des effets old school sur le film de 1990, du 100% CGI ou presque sur celui de Muschietti. Mais le fait de ne pas utiliser d’effets animatroniques n’empêche en rien la viscéralité de l’ensemble. Et surtout, il ne faudrait pas limiter la comparaison aux seuls effets spéciaux. On invite donc les thuriféraires de Ça – Il est revenu à se pencher un peu plus objectivement sur Ça – Chapitre 1 & 2 : sur l’interprétation, sur la photo de Chung-hoon Chung sur le premier film et de Checco Varese sur le second, sur le production design éblouissant des deux films ou, tout simplement, sur leur réalisation. Un monde sépare littéralement les visions de Tommy Lee Wallace et Andy Muschietti.

Deux visions qui, paradoxalement, sont bel et bien issues d’un même roman. Et finalement, l’essentiel est bien que l’œuvre de King déchaîne les imaginations, non ? C’est le romancier / réalisateur britannique Clive Barker qui, à la sortie de Hellraiser II : Les écorchés, résumait le mieux l’esprit d’une bonne adaptation : « Voici un phénomène extraordinaire : dès que l’on crée une histoire ou une image qui trouve la faveur du public, on la perd. Elle vous quitte, la petite salope ; elle devient la propriété des fans. Ce sont eux qui élaborent leur propre mythologie autour d’elle ; eux qui conçoivent des suites et des prologues ; eux qui vous signalent les points faibles de votre récit. Il n’existe pas de plus beau compliment à mes yeux. (…) Après Hellraiser : Le pacte est venu Hellraiser II : Les écorchés, dans lequel le scénariste Peter Atkins et le réalisateur Tony Randel ont tissé leur propre suite à partir du premier épisode. Ce n’était pas le film que j’aurais tourné, mais il était extrêmement intéressant de voir comment d’autres esprits et d’autres talents traitaient ces idées ; comment ils exploraient des prolongements que je n’avais même pas envisagés lorsque j’avais pris la plume. (…) Mais j’en suis néanmoins très fier. Pas seulement parce que des créateurs aussi doués ont été suffisamment séduits par les concepts de Hellraiser pour prolonger son univers fictif avec leurs propres récits, mais parce que – voyez ! – ce salaud de petit film que j’ai tourné a désormais sa propre vie. »

Ainsi, le roman « Ça » de Stephen King traversera à coup sûr les années et, finalement, se suffit parfaitement à lui-même. Finalement, on ne pourra que saluer Andy Muschietti de ne pas en avoir livré un simple « décalque » cinématographique, qui n’aurait été qu’une pâle copie, fade et sans âme. Sa vision artistique est une valeur ajoutée, et il se permettra, avec l’aide de son fidèle scénariste Gary Dauberman, de clore Ça – Chapitre 2 sur une note assez différente du roman. Ce qui, encore une fois, risque de laisser sur le carreau ceux qui s’attendaient à découvrir sur grand écran le personnage du gardien Maturin, entité extraterrestre éternelle, Némésis de Ça, prenant la forme d’une tortue géante.

Pour terminer, on soulignera que contre toute attente, et malgré sa noirceur, la saga se permet même un certain humour. Ça – Chapitre 2 notamment nous propose quelques répliques assez imparables de la part de , parfait en Richie adulte. Au rayon des éléments amusants, on notera que parallèlement à Stephen King, d’autres célébrités font également de petites apparitions remarquées au cœur du deuxième film : Peter Bogdanovich, le réalisateur-culte du Nouvel Hollywood, incarne le cinéaste mettant en scènes les adaptations des romans de Bill Denbrough. Le cinéaste incarnera quant à lui Adrian Mellon, victime d’un crime homophobe. Enfin, les plus observateurs reconnaîtront Brandon Crane, interprète de Ben enfant dans la version de 1990, dans le rôle d’un des collaborateurs de Ben ().

Le coffret Blu-ray 4K Ultra-HD

[5/5]

Si vous êtes équipé 4K, que vous aimez Stephen King et/ou le cinéma d’horreur, ce coffret Ça – Chapitre I & II Blu-ray 4K Ultra-HD édité par la branche française de Warner bros. sera à coup sur le cadeau de Noël idéal. Ne le loupez pas : en plus de deux Steelbooks exclusifs surmontés d’un fourreau métallique plus-classe-tu-meurs, ce coffret comprend également deux superbes posters inédits. Les dessins des posters et le design des Steelbooks sont signés par des fans – on a notamment reconnu un visuel signé Larneil Opeña. Bref, laissez-vous tenter par cinq heures de frissons supplémentaires à Derry… L’objet vaut assurément l’investissement !

Et côté 4K, c’est sans surprise que l’on constatera que le boulot technique abattu par les équipes de Warner est tout simplement somptueux. Le rendu visuel des deux films affiche une supériorité sensible sur le Blu-ray, rendant un bel hommage à leurs photographies respectives. Les couleurs HDR10 sont extraordinaires, avec une gamme de tonalités vraiment saisissante, la définition est bien sûr au top et le niveau de détail vraiment époustouflant. C’est un véritable plaisir de nous replonger dans le lugubre univers imaginé par Stephen King, et un véritable ravissement pour les yeux. Ces deux galettes UHD nous proposent donc un rendu visuel incomparable, avec de nombreux plans à tomber par terre, renversants de classe et de beauté sombre. Piqué, contrastes et couleurs sont au taquet, c’est du grand Art ! Côté son, VF et VO s’offrent de puissants mixages en Dolby Atmos, qui seront toutes deux décodées – en l’absence de matériel adéquat – en Dolby TrueHD 7.1. Immersives, puissantes, en un mot grandioses, ces deux pistes sonores retranscrivent parfaitement l’ampleur et l’ambition des films d’Andy Muschietti. Les ambiances sont restituées de façon impressionnante, et s’avèrent d’un dynamisme et d’une force tout simplement bluffantes. IN-DIS-PEN-SABLE !

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