Cinémathèque Française : Saison 2015-2016

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Ce soir a eu lieu la présentation de la saison 2015-2016 de la . Après quelques mots de bienvenu de la part du réalisateur Costa-Gavras, président de la vénérable institution qui célébrera l’année prochaine ses 80 ans, son directeur général Serge Toubiana a pris la parole pour annoncer en détail les grandes thématiques de cette onzième année passée dans les murs de l’American Center à Bercy. A noter un changement des tarifs, puisque la carte Atout Prix sera remplacée par la carte Ciné 6, qui permettra d’assister seul ou accompagné à six séances au prix de 30 €. Alors que l’abonnement Libre Pass reste en place aux conditions habituelles, l’offre tarifaire s’enrichit de la carte Ciné Famille au prix de 12 €, qui comprend un large éventail d’avantages pour un public familial.

MartinScorsese

Les deux points forts de la prochaine saison à la Cinémathèque Française seront comme d’habitude les expositions temporaires. En premier, celle consacrée au réalisateur américain et cinéphile par excellence (*1942). A l’origine conçue pour la Deutsche Kinemathek de Berlin, l’exposition sera adaptée et pourra être visitée au cinquième étage de la Cinémathèque entre le 14 octobre 2015 et le 14 février 2016. a été une sorte de parrain pour les nouveaux lieux de la Cinémathèque, qu’il considère comme « notre demeure spirituelle », puisqu’il y était présent lors de l’ouverture le 26 septembre 2005. Il y reviendra le 14 octobre pour une Master class et pour présenter Casino, en guise d’ouverture de la rétrospective de l’ensemble de sa filmographie. Il continuera sa tournée française à Lyon, où il recevra deux jours plus tard le prix Lumière. Cette programmation sera complétée par trois conférences autour de Martin Scorsese, par l’historien de la musique rock Michka Assayas, l’historien du cinéma américain Jean-Baptiste Thoret et le directeur de l’action culturelle et éducative à la Cinémathèque Bernard Benoliel. Enfin, en plus de pouvoir redécouvrir sur grand écran les nombreux chefs-d’œuvre de Martin Scorsese, dont nous ne citerons que Taxi Driver, New York New York, Raging Bull et Les Affranchis, les spectateurs auront l’occasion d’acquérir le catalogue de l’exposition avec de nombreux témoignages de ses collaborateurs les plus proches comme la monteuse Thelma Schoonmaker, la costumière Sandy Powell, la photographe Brigitte Lacombe et l’acteur Harvey Keitel.

GusVanSant

La deuxième grande exposition est dédiée au réalisateur américain Gus Van Sant (*1952). Déjà au cœur d’une rétrospective à la Cinémathèque française à la rentrée 2007, Van Sant y présentera une fois de plus ses films, y compris La Forêt des songes, qui ne dispose plus d’une date de sortie en France après son accueil calamiteux au dernier festival de Cannes. Du 20 avril au 31 juillet 2016, l’exposition sous la direction du commissaire Matthieu Orléan mettra l’accent sur le travail de photographe et de plasticien du réalisateur. Cette exposition sera ensuite reprise par les Cinémathèques suisse et néerlandaise.

HordeSauvage

Voici la programmation de la vingtaine de rétrospectives, hommages et coups de projecteur qui rythmeront les saisons de la Cinémathèque française. L’automne sera sous le signe de Martin Scorsese, bien sûr, mais également sous celui du réalisateur américain Sam Peckinpah (1925-1984). Après un premier hommage rendu par le festival de Locarno en août, le réalisateur et ses films, dont La Horde sauvage et Les Chiens de paille, seront à l’honneur pendant pratiquement tout le mois de septembre. Cette rétrospective coïncide avec la publication aux éditions Capricci d’un ouvrage collectif dirigé par Fernando Ganzo. Ce dernier animera l’une des deux conférences consacrées à l’œuvre de Sam Peckinpah, l’autre le sera par Jean-François Rauger, le directeur de la programmation de la Cinémathèque française.

MathieuAmalric

Puisque l’acteur et réalisateur français (*1965) se sent encore trop jeune pour un hommage, la Cinémathèque française lui a proposé d’organiser un coup de chapeau autour de son œuvre du 9 au 28 septembre. Amalric viendra discuter avec le public le 12 septembre à la suite de la projection de Tournée et participera activement à l’animation du cycle auquel il conviera ses propres invités et collaborateurs. Alors que la richesse de son parcours de près de cent rôles en à peine plus de vingt ans rend une rétrospective intégrale impossible, nous ne serons pas surpris de retrouver dans cette programmation les films qu’il a tournés avec Arnaud Desplechin, les frères Larrieu, Olivier Assayas et Jean-Claude Biette, ainsi que les siens comme La Chambre bleue, sorti l’année dernière.

Fatima

A l’occasion de la sortie de son dernier film Fatima, présenté cette année à la Quinzaine des réalisateurs, on pourra voir les autres films du réalisateur français (*1958) au cours du mois d’octobre. Le réalisateur donnera une Leçon de cinéma le samedi 10 octobre. Cette rétrospective a été organisée en partenariat avec le distributeur Pyramide, chez qui les cinq derniers films de sont sortis, depuis Samia jusqu’à Fatima, en passant par La Trahison, Dans la vie et La Désintégration.

MiklosJancso

Il faudra attendre jusqu’au mois de novembre pour la première rétrospective plus rare et exotique dans cette saison de la Cinémathèque. Ce sera alors chose faite, grâce à celle du réalisateur hongrois (1921-2014). Cette grande figure du cinéma hongrois moderne a su raconter avec virtuosité l’Histoire de son pays et plus particulièrement ses luttes au 19ème et au début du 20ème siècle. Une conférence sera consacrée à l’œuvre du réalisateur par Emilie Cauquy, la responsable de la diffusion et de la valorisation des collections films de la Cinémathèque. Le film Les Sans espoir de 1966 ressortira en salles à l’occasion de la rétrospective, dans une version numérique restaurée en 4K.

PierreEtaix

Après la ressortie de l’intégrale de ses films en salles l’été 2010, le réalisateur et comique français Pierre Etaix (*1928) fera une fois de plus l’actualité cinématographique par le biais de la parution de « C’est ça Pierre Etaix », une encyclopédie drolatique. Un grand ami de la Cinémathèque, à laquelle il a légué ses archives, Pierre Etaix y viendra signer son livre et dialoguer avec le public les 7 et 8 novembre. Il présentera également les séances de ses films comme Yoyo, Le Soupirant et Le Grand amour et exposera des affiches et des dessins.

TouteLaMemoireDuMonde

L’hiver à la Cinémathèque française rime avec le festival Toute la mémoire du monde, le festival international du film restauré, dont la quatrième édition se tiendra du 3 au 7 février 2016. Après Francis Ford Coppola cette année, le prochain invité d’honneur sera le réalisateur hollandais (*1938). Il présentera certains de ses films, donnera une Master class et aura droit à une carte blanche dans laquelle le réalisateur espagnol Luis Buñuel occupera une place de choix. Sinon, le festival proposera comme d’habitude une sélection de restaurations de prestige et rendra hommage au travail des archives, des ayant-droit, des studios et des laboratoires pour sauver le patrimoine cinématographique.

ImKwonTaek

Le réalisateur aux cent films, le Coréen (*1936) sera également à l’honneur. Selon les dires de Serge Toubiana, cette rétrospective-ci devrait même réunir tous les films du réalisateur, grâce au généreux concours du Korean Film Archive et de l’Institut français. L’occasion rêvée de revoir les rares films de déjà sortis en France, comme Le Chant de la fidèle Chunhyang, Ivre de femmes et de peinture et Souvenir, et d’en découvrir des dizaines d’autres !

 

Alors que se tiendra à Paris fin novembre, début décembre l’importante Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, la Cinémathèque accompagnera ce congrès avec un cycle intitulé « Le Cinéma Art du climat ». Il comprendra une sélection de classiques et de raretés de l’Histoire du cinéma au cœur desquels les éléments climatiques jouent un rôle déterminant. Dans le cadre de cette manifestation s’inscrit de même le dispositif éducatif et artistique « Le Cinéma Cent ans de jeunesse », destiné aux enfants et adolescents de huit régions de France métropolitaine et d’outremer.

Fievre

Connu principalement comme l’un des premiers critiques de l’Histoire du cinéma – d’où le prix à son nom qui est attribué jusqu’à ce jour –, (1890-1924) a également réalisé une poignée de films. Trois de ces films, Le Chemin d’Ernoa, Fièvre et L’Inondation, ont été restaurés grâce au partenariat entre la Cinémathèque et les Documents cinématographiques. Ils seront projetés pendant le cycle et feront l’objet d’une sortie en DVD.

 

La partie la plus obscure de cette saison arrivera sans doute avec la rétrospective consacrée à la réalisatrice danoise Annett Wolf (*1936). Une sorte de Laurent Bouzereau féminin du paysage audiovisuel des années 1960 et ’70, elle a réalisé de nombreux documentaires pour la télévision autour de Charles Chaplin, Marcel Marceau, Jacques Brel, Jerry Lewis, Alfred Hitchcock et plein d’autres. Un champ à découvrir, même s’il s’agit plus de télévision que de cinéma et que Wolf est hélas la seule et unique femme honorée l’année prochaine par la Cinémathèque, contre dix-sept hommes !

GerardDepardieu

L’hiver se clôt avec un hommage à l’acteur français (*1948). Sous le titre officieux de « 50 fois  », cette rétrospective reviendra sur les films marquants d’un acteur qui fait ces derniers temps plus parler de lui pour ses frasques de la vie privée que par son travail. Une situation que et Costa-Gavras, et Serge Toubiana avaient l’air de sincèrement regretter, d’où ce pari de restaurer tant soit peu le statut de celui qui devrait malgré tout être le monstre sacré du cinéma français. L’acteur aurait confirmé sa présence, ce qui a laissé le directeur général de la Cinémathèque supposer que s’il venait réellement et que la rétrospective était un succès, il aurait amplement rempli son contrat.

 

Au printemps, en dehors de l’exposition Gus Van Sant, les spectateurs assidus de la Cinémathèque auront droit au premier cycle national, cette fois consacré à la nouvelle génération de cinéastes allemands. En effet, en Allemagne, le cinéma est plus que jamais vivant, même si la sélection qui en arrive jusque sur les écrans français n’est pas forcément représentative. Des réalisateurs comme Christian Petzold (Barbara), Christoph Hochhäusler (Le Bois lacté), Angela Schanelec (Orly) et Romuald Karmakar (Manila) ont su donner un nouveau souffle à la cinématographie nationale de nos voisins, ce dont témoignera ce coup de projecteur en partenariat avec le Goethe Institut.

VilmosZsigmond

Le chef opérateur hongrois Vilmos Zsigmond (*1930) aurait apparemment accepté avec enthousiasme l’invitation d’assister au cycle de ses films qui seront présentés l’année prochaine. Parmi ses collaborations les plus marquantes, citons celles avec Robert Altman (John McCabe), Michael Cimino (Voyage au bout de l’enfer et Heaven’s gate), Brian De Palma (Blow out) et Steven Spielberg (Rencontres du troisième type pour lequel il avait gagné l’Oscar de la Meilleure photo en 1978). Ce cycle s’inscrit dans le partenariat périodique entre la Cinémathèque et l’AFC, l’Association Française des Directeurs de la photographie.

MystereDeLisbonne

L’œuvre du réalisateur chilien (1941-2011) est si vaste que les programmateurs de la Cinémathèque française étaient d’abord réticents d’en organiser une rétrospective. Ce sera néanmoins chose faite l’année prochaine. Grâce à cette rétrospective, de nombreux films du réalisateur seront restaurés, par exemple en France Dialogue d’exilés et Bérénice, ainsi que le film laissé inachevé avant la fin de sa post-production La Recta provincia.

TresorSierraMadre

Heureusement qu’il existe quelques défenseurs de l’œuvre du réalisateur américain (1906-1987) à la Cinémathèque. Même si Serge Toubiana n’en fait visiblement pas partie, il a su mettre en avant les chefs-d’œuvre que sont Le Faucon maltais, Le Trésor de la Sierra Madre et Les Gens de Dublin, tout en insistant sur les versants plus discutables, en termes de qualité, d’une filmographie abondante.

 

Le cinéma muet sera une fois de plus à l’honneur à travers la rétrospective des films du réalisateur suédois (1883-1928). La pièce maîtresse de ce cycle sera la présentation en version restaurée avec ses teintes d’origine de La Légende de Gösta Berling, l’un des premiers films de Greta Garbo. Si tout va bien, la Cinémathèque organisera une rétrospective du réalisateur suédois et contemporain de Stiller Victor Sjöstrom la saison suivante.

PierreRichard

Enfin, le programme de l’été prochain est comme toujours à prendre sous une certaine réserve et pas uniquement parce que nous y retrouverons le réalisateur italien (1905-1991), dont nous aurions dû voir les comédies déjà ces temps-ci. Les grands thèmes du dernier trimestre de cette saison 2015-2016 seront donc l’acteur français Pierre Richard (*1934), les Nouvelles voies du cinéma chinois, la reprise de la Semaine de la critique cannoise et un cycle autour des mélodrames français, réalisés entre autres par Abel Gance, Jean Grémillon et Paul Vecchiali.

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