Cannes 2019 : palmarès et bilan de la Quinzaine des Réalisateurs

La 51e de Cannes s’est achevée ce 23 mai 2019 avec la présentation en clôture de de Benoît Forgeard. Retour sur nos coups de coeur et nos déceptions. Cette section parallèle ne s’achève pas sur un palmarès ressemblant à celui de la compétition officielle du festival de Cannes mais trois oeuvres ont pourtant reçu des récompenses remises par les partenaires de la Quinzaine.

Fabrice Luchini et Anaïs Demoustier dans Alice et le maire

a reçu le prix du film francophone de la part de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD). Dominique Sampiero, auteur et scénariste, a assuré, en remattant le prix, que le nouveau long-métrage de Rebecca Zotorowsky avait « troublé le jury ». Notre critique

Alice et le maire a reçu le prix du Label Europa Cinémas qui récompense un long-métrage européen présenté dans cette section. Le film de Nicolas Pariser a su, par sa maîtrise et sa teneur intellectuelle, séduire le jury. Notre critique.

Stay awake, be ready a enfin reçu le prix Illy du court-métrage. C’est le réalisateur Yann Gonzalez qui a remis ce prix à son jeune homologue vietnamien .

Stay awake, be ready de Phan Thien An

Qu’en est-il de nous ? Quels ont été nos coups de coeur ? Nos déceptions ? La Quinzaine des Réalisateurs a toujours été marquée par son expérimentation, en mettant en avant des films novateurs et suprenants. En ce sens, il faut avouer que les deux films français qui ont été récompensés n’ont pas totalement su nous convaincre. Pourtant soignés et intéressants, les films de Rebecca Zlotowsky et Nicolas Pariser sont malheureusement un peu trop conventionnels. Un autre cinéaste français a, lui, réussi à confirmer une nouvelle fois sa singularité : Quentin Dupieux. Avec Le Daim, il signe une comédie absurde dans laquelle on ne peut qu’apprécier les aventures d’un Jean Dujardin et d’une Adèle Haenel captivants. Il a fait l’ouverture à Cannes, il fera également celle de la reprise parisienne ce jeudi 30 mai, en présence de l’équipe du film. Notre critique.

Immense coup de coeur pour Dogs won’t wear pants du suédois Jukka-Pekka Valkeapää. En sublimant l’histoire d’un homme fuyant la souffrance par la souffrance, ce réalisateur a fait l’effet d’une petite bombe sur la Croisette. Notre critique.

de Takashi Miike

Autres jubilations devant First Love et Give Me Liberty. Si les deux films n’ont pas grand chose à voir, leur rythme frénétique et audacieux nous a fortement séduit. Outre-Atlantique, nous avons eu grand plaisir à frissonner devant le nouveau film de : . Porté par un incroyable tandem ( et ), ce film participe à un renouveau fort du film d’horreur qui nous a marqué.

Restons dans les films d’horreur américains avec Wounds qui s’avère être une grosse déception. Recrachant tous les clichés insupportables du genre, le dernier long-métrage de Babak Anvari fait tâche dans une sélection pourtant très convaincante. Autre désillusion avec Yves qui, sur le papier, avait tout pour nous plaire. Restant sympathique et agréable, la dernière création de Benoît Forgeard aurait pu être une excellente comédie mais rate le coche.

Côté conférences, celle de John Carpenter s’est révélée intéressante, sans plus alors que celle de Robert Rodriguez a été passionnante. Dévoilant quelques secrets de tournage d’un film à très petit budget (7000 $), le réalisateur américain, très humble, a su nous séduire par son amour du cinéma et de ses trucages.

Dogs don’t wear pants

Faisons comme si la Quinzaine adoptait le même palmarès que la compétition officielle du festival de Cannes et décernons nos trophées :

Palme d’or : Dogs don’t wear pants de Jukka-Pekka Valkeapää.

Magnifique, repoussant et drôle, le film suédois est un petit bijou cinématographique. Saisissant.

Prix de la mise en scène : Robert Eggers (The Lighhouse)

Avec The Lighthouse, le jeune réalisateur américain a prouvé une nouvelle fois ses talents pour créer une ambiance hypnotisante et oppressante qui ne passe jamais par des plans dans lesquels des figures terrifiantes vous sautent brusquement au visage. Le sublime noir et blanc joue sur les perspectives et participe à la perte de notion d’espace-temps que nous procure le film. Un somptueux et effroyable tableau.

Prix d’interprétation masculine : Levan Gelbakhiani ()

Il nous était impossible de départager William Dafoe et Robert Pattinson qui nous offrent tous les deux une partition parfaite dans The Lighthouse. Alors, pour éviter de mettre l’un au dessus de l’autre, faisons honneur à la performance de Levan Gelbakhiani qui incarne le personnage très touchant et désorienté de Merab dans And Then We Danced. Notre critique.

Prix d’interprétation féminine : (Une fille facile)

En incarnant brillamment Naïma, une adolescente perdue et candide, Mina Farid est l’une des révélations de cette Quinzaine.

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Lucas Créac'h