Cannes : First love (Quinzaine)

First love

Japon, 2019
Titre original : Hatsukoi
Réalisateur : Takashi Miike
Scénario : Masaru Nakamura
Acteurs : Masataka Kubota, Nao Ohmori, Shota Sometani
Distribution : –
Durée : 1h48
Genre : Drame
Date de sortie : sans date de sortie

Note : 3,5/5

Le prolifique réalisateur japonais Takashi Miike revient avec First Love, un film surprenant et déjanté.

Synopsis : Tokyo, la nuit. Leo est un jeune boxeur, il tombe sous le charme de Monica, une call-girl toxicomane mais vierge. La jeune fille est impliquée dans un trafic de drogue. Les tourtereaux vont être poursuivis par un policier corrompu, un yakuza et une femme-assassin envoyée par des groupes chinois.

Une explosion inattendue

C’est avec l’esprit légèrement perturbé que l’on ressort du visionnage de First Love. Si vous vous attendez à un film de yakuzas, vous ne ressortirez pas déçus de salle, mais agréablement surpris. Pourtant, le premier tiers du film pose les bases du genre : flics corrompus, gangsters japonais et chinois complotant secrètement dans la nuit sur fond d’affaire de drogues etc. Puis, notamment grâce à un excellent Shôta Sometani, incarnant le personnage complètement délirant de Kase, Takashi Miike transforme son long-métrage en une parodie absurde de l’univers des yakuzas. Par des situations cocasses et bien trouvées, l’intrigue développée dans la première partie du film explose – sans disparaître – pour laisser place à une folle virée rocambolesque dans un Tokyo nocturne sublimé à plusieurs reprises par des plans sur lesquels s’incrustent les lumières multicolores si particulières aux rues étroites de la capitale japonaise. Le ton complètement barré du film est assumé et c’est d’ailleurs lors d’une course poursuite pour le moins intensive que Kase s’exclame : « Ça devient n’importe quoi ! ».

Rencontre macabre

Le titre du long-métrage peut paraître étonnant compte tenu de la tournure grotesque que l’œuvre adopte au fil de l’intrigue. Mais il y a bien une histoire d’amour. Celle-ci naît en plein carnage, au centre d’un tourbillon sanguinaire. Leo, boxeur mutique rencontre par un pur hasard Monica, jeune prostituée toxicomane interprétée par une actrice débutante dont le visage angélique séduira plus d’un spectateur. Pris dans une sale affaire, les deux protagonistes se rapprochent rapidement. Quoi qu’un peu pompeuse, cette rencontre a le mérite de poétiser le film et de l’empêcher de partir dans une direction dangereuse : celle du capharnaüm. Car si First love frôle le « n’importe quoi » de Kase, il n’empêche qu’il garde une certaine cohérence qui permet au spectateur de pleinement savourer ces scènes d’actions excessivement violentes et jouissives dont Takashi Miike a le secret. Tout ce déferlement trouve un paroxysme dans une très longue scène finale qui s’avère, comiquement parlant, plutôt décevante si on la compare au reste du film. Restant dans cette logique de déconstruction des codes du film de yakuzas, la scène manque de ces nuances et de ces trouvailles qui avaient jusque-là régalé nos pupilles. Notons cependant une courte séquence très bien amenée qui, sans trop en dire, rend hommage à l’esprit manga.

Conclusion

De la vengeance, du sang (beaucoup de sang), des flingues, des sabres et des personnages tous plus tarés les uns que les autres : voilà ce qui forme le cocktail explosif de First Love. Percutant, drôle et parfois gore, le nouveau film de Takashi Miike offre un plaisant spectacle parodique qui saura combler ceux qui se laissent entraîner dans le délire du réalisateur japonais.

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Lucas Créac'h