Cannes 2019 : Alice et le maire (Quinzaine)

France, 2019
Réalisateur :
Scénario : Nicolas Pariser
Acteurs : , ,
Distribution : Bac Films
Durée : 1h43
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 2 octobre 2019

Note : 2,5/5

Quatre ans après Le Grand Jeu, Nicolas Pariser renoue avec le monde politique en signant Alice et le maire, une réflexion sur la pratique du pouvoir.

Synopsis : Dorothy la brune et Lorelei la blonde sont des danseuses de music-hall. Tandis que la première croit encore en l’amour désintéressé, sa meilleure amie ne jure que par la fortune matérielle de ses conquêtes successives. Parmi ces dernières se trouve le futur millionnaire Gus. Lorelei voudrait bien l’épouser lors d’un voyage prochain en Europe. Mais comme son fiancé est trop dépendant de son père, elle décide d’embarquer sans lui, avec Dorothy en tant que chaperon et toute l’équipe olympique à ses pieds.

( copyright Bac Films)

Zoom sur un microcosme politique

Alice Heimann ne connaît pas grand chose au monde politique, elle le dit elle-même. Incarnée par Anaïs Demoustiers qui retrouve ici un univers familier au Quai d’Orsay de Bertrand Tavernier, cette jeune femme, qui ne se considère pas comme philosophe, intègre le cabinet de Paul Théraneau, maire de la ville de Lyon. Nous nous identifions tout de suite à ce personnage qui découvre en même temps que nous un milieu fourmillant et intimidant. Réunions, repas, préparations de discours etc. : tous les éléments-clés d’une journée de maire sont montrés avec précision et finesse. Celui-ci, interprété par un Fabrice Luchini qui prouve que son talent peut aussi servir à magnifier des personnages qui ne sont, justement, pas luchinesques, est un homme désabusé par les années qu’il a passées dans la vie politique. La rencontre entre les deux personnages permet au maire de se dévoiler et, ainsi, d’en dire beaucoup sur le mécanisme du pouvoir. Très bavard, Alice et le maire permet à son réalisateur de donner une leçon politique qui passe par divers domaines : démocratie, écologie, philosophie etc. Ces petits traités prennent forme grâce aux dialogues qui sonnent parfois faux et apparaissent plus comme de vulgaires causeries politiques. Il n’empêche que Nicolas Pariser réussit à peindre un tableau intéressant de l’introspection de cette gauche socialiste faisant face à des choix cruciaux.

Un duo gagnant malheureusement isolé

Si le duo Demoustiers-Luchini marche bien, il semble bien être le seul. Anaïs Demoustiers a su cerner l’évolution caractérielle de son personnage tandis que Fabrice Luchini est convaincant dans un rôle pourtant complexe. Pour le reste, c’est plus compliqué, voire mauvais. Le reste du cabinet surjoue. Nora Hamzawi, bien que talentueuse, s’enferme dans son rôle stéréotypé de femme blasée Surtout, les conversations sonnent creux. On a du mal à y croire. L’intrigue s’éparpille dans des directions dont on a du mal à comprendre les véritables enjeux et certains personnages manquent clairement de contenu. Ils permettent toutefois des échanges qui sont parfois bien trouvés comme en témoigne les déclarations de Gauthier, ex-meilleur ami d’Alice, à propos de la folie de sa femme.

Conclusion

Parfois amusant, parfois intéressant, parfois pertinent, Alice et le maire ne parvient pas être totalement grand. Plat et dispersé, le nouveau film de Nicolas Pariser peut toutefois se reposer sur un bon duo d’acteurs qui arrive à insuffler au récit une dimension captivante.

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Lucas Créac'h