Cannes 2019 : Le Daim (Quinzaine – ouverture)

France : 2019

Titre original : –

Réalisation :

Scénario : Quentin Dupieux

Acteurs : , Adele Haenel,

Distribution : Diaphana Distribution

Durée : 1h17

Genre : Comédie

Date de sortie : 19 juin 2019

4/5

Film d’ouverture de la 51e édition de la de Cannes, Le Daim, septième long-métrage de Quentin Dupieux, a conquis le public cannois qui a pu, neuf ans après la projection de Rubber lors de la Semaine de la Critique, apprécier une fois de plus le génie de ce cinéaste à part.

Synopsis : Georges, 44 ans, et son blouson, 100% daim, ont un projet.

Jean Dujardin et (©atelier de production)

Une virée dans l’univers de Quentin Dupieux

Le Daim, c’est avant tout l’histoire d’une solitude, celle de Georges. Errant au milieu d’une campagne française aussi vaste que dépressive, ce quarantenaire paumé trouve dans la veste en daim qu’il achète à un vieil homme une compagnie pour le moins ambiguë. Il ne le sait pas encore, mais cet achat va changer sa vie. Pourquoi ? Comment ? Laissons au spectateur le plaisir de découvrir la lente métamorphose de ce personnage qui, malgré l’ambiance terne propre aux films de Dupieux, s’avère haut en couleur. Comme à son habitude, le réalisateur français de 45 ans joue avec la saugrenuité des situations pour placer son spectateur au centre d’un complexe carrefour sentimental. À la fois gênant, terrifiant et surtout très drôle, il est difficile de faire rentrer cet OCNI (Objet Cinématographique Non Identifié) dans une catégorie. Il n’empêche que Quentin Dupieux nous offre encore une fois, avec Le Daim, un petit bijou d’absurdité.

( © atelier de production)

Un tandem brillant

Le film est soutenu par un duo d’acteurs qui tient toutes ses promesses. Jean Dujardin colle parfaitement au « style Dupieux » et incarne diablement bien ce Georges minable et maléfique. Adèle Haenel, quant à elle, prouve sa capacité à incarner des personnages complexes en campant une Denise à la fois désabusée et intrépide. On ne se lasse jamais des conversations loufoques qu’entretiennent les deux personnages et encore moins des « Putain ! » ou des « Style de malade !» que Jean Dujardin souffle lorsqu’il s’admire devant le miroir vêtu de son nouveau blouson « 100 % daim ». Malgré quelques faiblesses scénaristiques, le film peut s’enorgueillir d’un rythme soutenu qui transporte le public de surprises en surprises et d’un thème musical réalisé par Martin Caraux qui ajoute, par pincées, une dimension tragiquement fascinante au récit.

Conclusion

Maniant l’absurde et l’humour noir avec talent, Quentin Dupieux prouve, avec Le Daim, que le septième art français peut faire rire autrement qu’avec les codes des comédies à grand succès que l’on nous propose chaque année. 100 % daim. 100 % dingue.

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Lucas Créac'h