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17 films d’horreur inédits à découvrir sur OCS

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À chaque géant de la SVOD ses inédits. Après avoir arpenté les couloirs sombres de Paramount+ et déniché quinze pépites horrifiques jamais sorties en salles ni en vidéo, impossible de ne pas poursuivre l’exploration. Car le plaisir du cinéma d’horreur, c’est aussi celui de la découverte : tomber sur un film dont on n’avait jamais entendu parler, se laisser surprendre par une série B inventive, un found footage bricolé, une créature improbable ou une proposition radicale venue d’un coin inattendu du monde.

Et dans ce domaine, OCS s’impose comme un terrain de jeu fascinant. La plateforme cache en effet un vivier d’inédits horrifiques qui n’ont jamais trouvé leur place dans le circuit français traditionnel. Des films fauchés mais passionnés, des curiosités venues d’Europe du Nord, des OVNI australiens, des slashers absurdes, des comédies gore, des huis clos anxiogènes, des créatures en CGI assumées, des expérimentations françaises… Bref : un buffet à volonté pour qui aime fouiller, dénicher, s’étonner.

Ce dossier rassemble ainsi une sélection d’œuvres inédites, ambitieuses et parfois techniquement impressionnantes, toutes unies par un même destin : celui d’avoir glissé sous les radars de l’exploitation traditionnelle. 17 films d’horreur inédits à découvrir sur OCS, sélectionnés pour leur singularité, leur énergie ou leur simple capacité à rappeler que le genre ne cesse jamais de muter, même loin des projecteurs.

Bunny – Opération Pussy

Finlande : 2015
Titre original : Bunny the Killer Thing
Réalisation : Joonas Makkonen
Scénario : Joonas Makkonen, Miika J. Norvanto
Acteurs : Hiski Hämäläinen, Enni Ojutkangas, Veera W. Vilo
Durée : 1h28
Genre : Horreur, Comédie

Note : 3/5

En Finlande, un groupe de jeunes prévoit de passer le week-end à boire dans une petite maison isolée dans les bois. En chemin, ils font la connaissance de trois Anglais qui cachent quelque chose dans le coffre de leur voiture en panne. Ils les invitent à passer la nuit avec eux. Mais une fois sur place, ils n’ont pas le temps d’en profiter, car ils sont tous pris en chasse par une terrifiante créature, mi-homme mi-lapin au sexe surdimensionné, qui semble avoir d’incommensurables pulsions sexuelles. Tout ce qui ressemble de près ou de loin à un sexe de femme semble en effet le rendre dangereusement agressif…

Film culte du cinéma bis finlandais, Bunny – Opération Pussy s’est imposé dans les festivals de genre comme un OVNI gore et irrévérencieux. Dans une forêt isolée, un groupe d’amis devient la cible d’une créature mutante mi-homme, mi-lapin, au pelage ensanglanté, dotée d’une force surhumaine et d’un braquemart incontrôlable. La bête, fruit d’une expérience génétique clandestine ayant mal tourné, passe son temps à gueuler « Pussy ! » en faisant l’hélicoptère avec sa teub – ce qui devient à la fois un gimmick comique et un avertissement terrifiant. Joonas Makkonen joue à fond la carte du gore outrancier, du mauvais goût assumé et de l’humour noir, dans une tradition très Troma : geysers de sang, poursuites absurdes dans les bois, personnages volontairement caricaturaux, et un sens du timing grotesque qui frôle parfois le surréalisme. Le film alterne entre slasher et comédie trash, tout en conservant une énergie punk, presque artisanale, qui fait son charme. Les décors enneigés, la belle photo et les effets gore très soignés du film contribuent à en faire une sympathique réussite. Alors bien sûr, Bunny – Opération Pussy n’est pas un film pour tous les publics : il s’adresse clairement aux amateurs de séries B extrêmes, de gore décomplexé et de propositions qui ne ressemblent à rien d’autre. Un pur délire finlandais, absurde, sale, bruyant, mais attachant, qui donne envie de chanter, sur un air connu de Chantal Goya, « C’était un lapin, qui avait un Zizi ! »

Les Zombies font du ski

Autriche : 2016
Titre original : Attack of the Lederhosen Zombies
Réalisation : Dominik Hartl
Scénario : Dominik Hartl, Armin Prediger
Acteurs : Laurie Calvert, Gabriela Marcinková, Patricia Aulitzky
Durée : 1h18
Genre : Horreur, Comédie

Note : 3,5/5

Dans un village isolée des Alpes, Franz, un inventeur, présente sa nouvelle machine capable de fabriquer de la neige à volonté. Mais, en pleine démonstration, monsieur Chekov, un potentiel investisseur russe, ingurgite par accident le liquide verdâtre qui alimente la machine. Parallèlement, Steve Olsen, un snowboardeur renommé mais incorrigible, effectue une descente de piste rocambolesque sous la caméra de son sponsor. A cause de son comportement irresponsable, ses amis Josh et Branka sont obligés de passer la nuit sur place. Dans une taverne, les trois compères sont bientôt attaqués par des clients devenus des zombies suite à une morsure de monsieur Chekov…

On continue notre balade horrifique en Europe avec Les Zombies font du ski, une comédie d’horreur bien barrée, cette fois en provenance d’Autriche. Alors bien sûr, on se dit que ce n’est pas tous les jours que l’on découvre un film fantastique autrichien, et que pour une fois que cela se produit, il faut que ce dernier soit affublé d’un titre français complètement débile. Cependant, le titre original du film, Attack of the Lederhosen Zombies, que l’on pourrait traduire par L’Attaque des Zombies en culottes bavaroises, est en fait peut-être bien tout aussi débile. Mais qu’on l’appelle le film d’une façon ou d’une autre, il se trouve que le film de Dominik Hartl vaut beaucoup mieux que ces titres totalement cons : il joue en effet la carte du gore festif, avec photo très soignée, maquillages généreux, membres arrachés, humour très second degré et bonne idées en pagaille (le sol glissant, la scène de danse, les cerfs zombies…). Les décors enneigés, les combats improvisés avec du matériel de ski et l’utilisation inventive des lieux (le téléphérique, le chalet…) apportent au film une vraie identité visuelle. Sans prétention, mais sincère dans son envie de divertir, Les Zombies font du ski s’offre par ailleurs quelques dialogues plutôt amusants, et une poignée de séquences réellement réussies et mémorables. Ne vous fiez donc pas à son titre : on tient là une petite série B hivernale qui vaut le coup d’œil, idéale pour ceux qui aiment leur horreur avec un bonnet, des Moon Boots et beaucoup d’hémoglobine.

L’Attaque des Donuts tueurs

États-Unis : 2016
Titre original : Attack of the Killer Donuts
Réalisation : Scott Wheeler
Scénario : Rafael Diaz-Wagner, Nathan Dalton…
Acteurs : Justin Ray, Kassandra Voyagis, Michael Swan
Durée : 1h22
Genre : Horreur, Comédie

Note : 2/5

Un incident scientifique transforme d’innocents Donuts en tueurs assoiffés de sang. Le sort de leur paisible petite ville dépend à présent de Johnny, Michelle et Howard…

Dans la droite lignée de la saga des Tomates tueuses mise en scène par John De Bello entre 1976 et 2003 (deux courts-métrages, quatre films et une série TV), L’Attaque des Donuts tueurs raconte l’histoire d’un lot de donuts contaminés par un produit chimique expérimental, devenant carnivores et capables de se déplacer en meute. Comme son modèle, Scott Wheeler mise ici sur un humour volontairement débile, des effets numériques approximatifs mais assumés, et une galerie de personnages stéréotypés : le héros loser, la meilleure amie secrètement amoureuse, le scientifique fou et, bien sûr, les flics incompétents. Le film fonctionne comme une parodie de monster movie, multipliant les attaques improbables (donuts volants, donuts géants, donuts conduisant une voiture), les gags « pipi caca prout » et les dialogues volontairement outranciers. Et même si l’ensemble est moins meta et inventif que la saga créée par John De Bello, l’ensemble tient tout de même grosso modo debout grâce à son rythme et à son refus total de se prendre au sérieux. Une curiosité qui plaira avant tout aux amateurs de nanars conscients de l’être, et qui savent apprécier un film dont le titre dit déjà tout. À noter la présence au casting de C. Thomas Howell (Outsiders, Hitcher, L’Aube rouge, Soul Man).

Mom and Dad

Royaume-Uni, États-Unis : 2017
Titre original : –
Réalisation : Brian Taylor
Scénario : Brian Taylor
Acteurs : Nicolas Cage, Selma Blair, Anne Winters
Durée : 1h23
Genre : Horreur

Note : 4/5

Des enfants doivent survivre par eux-mêmes à une hystérie collective aux origines inconnues incitant les parents à se retourner violemment contre leur progéniture…

Avec Mom and Dad, Brian Taylor (la moitié du duo survolté Neveldine/Taylor) signe une comédie noire gentiment hystérique dans laquelle un phénomène inexpliqué pousse tous les parents à vouloir tuer leurs enfants. Nicolas Cage et Selma Blair y incarnent donc un couple en crise qui se transforme en duo meurtrier déterminé à éliminer leur progéniture. Le film adopte un rythme et une mise en images assez frénétiques, proche du diptyque Hyper Tension, avec montage nerveux, humour noir et explosions de violence graphique. Mais au-delà du chaos, de l’horreur et du déchaînement de violence catoonesque, Brian Taylor s’intéresse aussi à l’aspect satirique de son récit, qui brasse des thématiques telles que la frustration parentale, la pression sociale ou encore les fantasmes inavouables. Et qui pouvait-on imaginer de mieux pour incarner ce père en proie à la folie furieuse que l’immense Nicolas Cage ? L’acteur nous livre ici une performance totalement débridée, avec à ses côtés une Selma Blair impériale, se régalant visiblement à casser son image. Le film ne cherche pas la subtilité, mais propose un spectacle nerveux, grinçant et étonnamment cathartique. Une série B survitaminée ! À noter la présence au casting de Lance Henriksen (Aliens, Chasse à l’homme, Mort ou vif) ainsi que d’un tout jeune Zackary Arthur (la série TV Chucky).

Pussy Cake

Argentine : 2021
Titre original : PussyCake
Réalisation : Pablo Parés
Scénario : Maxi Ferzzola
Acteurs : Maca Suárez, Anahi Politi, Flor Moreno
Durée : 1h28
Genre : Horreur

Note : 4/5

Un groupe de rock féminin part en tournée pour relancer une carrière en berne. Les musiciennes sont bientôt confrontées à des hordes de zombies…

Découvert avec la série de films de zomblards Plaga Zombie, qui compte à ce jour quatre long-métrages réalisés entre 1997 et 2021, Pablo Parés est une figure incontournable du cinéma bis argentin – un acharné de l’horreur à l’ancienne, en mode sang, slime, latex et hurlements. À l’image du reste de son œuvre (ou du moins de ce que l’on en connaît chez nous), Pussy Cake mélange gore, humour, énergie punk et effets spéciaux artisanaux garantis bien dégueu. Suivant un groupe de rock féminin confronté à une invasion de zombies, le film est aussi chaotique qu’exubérant : maquillages gluants, créatures mutantes, attaques viscérales, ambiance bande dessinée décomplexée… Le script est bourré d’idées narratives et visuelles, au point de parfois donner l’impression de partir dans tous les sens, mais cette générosité fait plaisir à voir. La photo, le cadre et le production design sont soignés, et le tout, porté par un sens du rythme qui rappelle les productions Troma, paraît sans aucun doute avoir coûté beaucoup plus cher que son budget réel. En plus de son indéniable réussite formelle, Pussy Cake est également porté par son casting féminin, attachant et volontaire, ainsi que sur son esthétique colorée, presque psychédélique. Une série B fun, sale, et pleine de vitalité, qui donne décidément envie de découvrir les nombreux autres films de Pablo Parés, quasiment tous inédits en France.

Deep Evil

États-Unis : 2021
Titre original : The Devil Below / Shookum Hills
Réalisation : Bradley Parker
Scénario : Stefan Jaworski, Eric Scherbarth
Acteurs : Adan Canto, Will Patton, Jonathan Sadowski
Durée : 1h28
Genre : Horreur

Note : 3,5/5

Accompagnée par Arianne, une guide spécialisée dans la découverte de lieux désaffectés et hors des sentiers battus, un groupe de scientifiques et aventuriers amateurs se rend à Shookum Hills, une ville des Appalaches, pour y explorer une mine abandonnée il y a des décennies après un mystérieux incendie…

Malgré ce que son affiche pourrait laisser penser, Deep Evil n’est pas un cousin fauché de Tremors, mais plutôt apparenté à The Descent. S’inscrivant dans la tradition des monster movies souterrains, le récit suit un petit groupe de scientifiques se rendant à Shookum Hills, une ville des Appalaches de 1000 habitants ayant été rayée des cartes depuis les années 1970 après un mystérieux incendie de mine. Une fois sur place, l’équipe découvre un gouffre ayant été obturé par des grilles électrifiées. Bien sûr, leur curiosité ne tardera pas à libérer ce que les habitants des environs tentaient de contenir depuis des décennies : des créatures souterraines très agressives, vivant en colonie, dont on devine qu’elles sont les vraies responsables de la disparition de la population locale. Le film de Bradley Parker adopte une structure classique : exploration, mise en garde des locaux, violation des interdits, puis basculement dans un survival claustrophobe. Étant donné que les créatures évoluent dans un réseau de tunnels où l’obscurité est totale, la mise en scène privilégie les espaces confinés, les lumières vacillantes, les corridors enfumés, les bruits lointains et les attaques rapides, ce qui renforce l’atmosphère générale, centrée sur l’idée d’un danger omniprésent mais insaisissable. Si Deep Evil ne révolutionne pas le genre, il propose un horror trip minier efficace, porté par des décors naturels rarement exploités : les mines abandonnées des Appalaches. En raison de son budget très serré, le film évite globalement de montrer les monstres frontalement, mais il s’avère assez réaliste et joue habilement sur la paranoïa, la menace invisible et la lutte désespérée contre un ennemi qui à l’avantage de bien mieux connaître le terrain que les humains. Et au final, pour qui est encore capable de goûter ce type de film d’horreur sérieux et premier degré, Deep Evil parvient sans peine à s’imposer comme une série B sombre, imparfaite mais assez solide et immersive.

Malum

États-Unis : 2023
Titre original : –
Réalisation : Anthony DiBlasi
Scénario : Anthony DiBlasi, Scott Poiley
Acteurs : Jessica Sula, Kevin Wayne, Monroe Cline
Durée : 1h33
Genre : Horreur

Note : 4/5

Une jeune policière tente de percer le lien mystérieux entre la mort de son père et une secte. Bientôt, elle est victime d’événements surnaturels terrifiants…

Remake par son propre réalisateur de Last Shift (2014), Malum reprend la même idée mais l’étire dans une version plus ambitieuse, plus démonstrative et ô combien viscérale. On y suit Jessica Loren, jeune policière qui accepte de passer sa première nuit seule dans un commissariat désaffecté, autrefois théâtre d’un massacre perpétré par son propre père, flic au bout du rouleau embringué dans une sombre histoire d’enlèvements liés à une secte satanique. Le lieu est sur le point d’être définitivement fermé, mais Jessica veut comprendre le lien entre cette affaire et la mort de son père. Le réalisateur Anthony DiBlasi transforme le commissariat en véritable maison hantée policière, où chaque couloir semble respirer, où les lumières clignotent comme des avertissements, et où les apparitions (cultistes, victimes, hallucinations…) se mêlent jusqu’à brouiller la frontière entre réalité et possession. Le film mise sur une atmosphère lourde, des maquillages impressionnants et une montée en puissance qui vire au cauchemar démoniaque. Plus frontal que Last Shift, plus gore, plus bruyant, Malum assume son statut de série B horrifique musclée, portée par une performance intense de Jessica Sula. Une plongée dans la folie rituelle, poisseuse et oppressante.

MadS

France : 2024
Titre original : –
Réalisation : David Moreau
Scénario : David Moreau
Acteurs : Milton Riche, Laurie Pavy, Lucille Guillaume
Durée : 1h29
Genre : Horreur

Note : 4/5

Romain, un jeune de 18 ans, fait un détour par l’appartement de son dealer pour acheter une nouvelle substance avant de se diriger vers une fête. Mais sur la route, il rencontre une femme blessée qui s’éclate la tête à mort contre le tableau de bord. Le début d’un bad trip très sanglant…

Avec MadS, David Moreau signe un film d’horreur français à la fois efficace et presque expérimental, dont la particularité formelle – il s’agit d’un unique plan-séquence de 90 minutes – devient le cœur même du dispositif. Le film suit un jeune homme percutant sur la route une femme en état de choc, le visage totalement rempli de bandages. Cette femme sera à l’origine d’une infection de zombies, qui se propagera autour du personnage principal comme une fièvre animale, incontrôlable, violente. La situation dégénère minute après minute, sans ellipse, sans respiration, sans échappatoire, passant d’un personnage à un autre, avant de passer à un troisième dans le dernier acte du film. Le choix du plan unique n’est pas un gadget : il transforme le récit en temps réel suffocant, où chaque geste, chaque montée de tension, chaque dérapage physique devient un événement. La caméra de David Moreau, toujours au plus près des corps, capte la sueur, les tremblements, les spasmes, les cris, et donne au film une dimension presque documentaire. L’absence de coupe renforce l’impression de basculer dans un cauchemar organique, où la contamination semble gagner autant les trois protagonistes consécutifs que le spectateur. Au final, MadS s’impose donc comme une excellente surprise : un film sec, tendu, techniquement impressionnant, qui prouve que l’horreur française peut encore surprendre par sa radicalité formelle.

Marae

France, Nouvelle-Zélande : 2024
Titre original : –
Réalisation : Jacques Kluger
Scénario : Fabien Adda
Acteurs : Adèle Galloy, Marilyn Lima, Aurélien Recoing
Durée : 1h27
Genre : Horreur

Note : 3,5/5

Sarah est une ancienne championne de surf à la carrière brisée par un accident. Quand elle entend parler d’un spot vierge jamais surfé par l’homme sur une île polynésienne, elle décide d’y emmener ses trois amies. Mais elle est mise en garde : si personne n’y est jamais allé, c’est parce que l’île serait taboue, habitée par des démons… Ignorant les mises en garde, les quatre amies y découvrent un endroit paradisiaque. Mais lorsqu’une d’entre elles profane un Maraé, lieu sacré polynésien, ce qui devait être un rêve va vite se transformer en cauchemar…

Comment un film comme Marae, produit, ambitieux, techniquement propre, avec une vraie photo, un vrai décor, un vrai concept… peut-il finir directement sur OCS sans passer par la case salles ? Jacques Kluger, déjà remarqué avec Play or Die, signe ici un film d’horreur franco-néo-zélandais qui s’appuie sur les légendes maories, un décor naturel rarement exploité, et une photographie ample, lumineuse, presque mystique. Le pitch est simple : un groupe de surfeuses françaises passe la nuit dans un marae, lieu sacré, malgré les avertissements. Très vite, les phénomènes étranges s’accumulent, et le film bascule dans un mélange de folklore, de malédiction et de survival spirituel. Formellement, Marae est au dessus de la moyenne des productions horrifiques indé : plans soignés, gestion de l’espace, utilisation intelligente des paysages, ambition thématique. Alors certes, les actrices manquent parfois de justesse, mais l’ensemble respire la sincérité et la volonté de faire un film “plus grand” que son budget. Et pourtant… aucune sortie salles. Aucune sortie vidéo. Aucune exposition médiatique. Juste une apparition discrète sur OCS.

Pourquoi ? Parce que le marché français du cinéma de genre est devenu un entonnoir minuscule. Les distributeurs ne prennent plus de risques sur des films d’horreur qui ne sont ni des franchises, ni des films de festival prestigieux, ni des objets « événementiels ». Un film comme Marae, trop ambitieux pour être vendu comme une petite série B, mais pas assez « prestige » pour séduire les circuits Art et Essai, se retrouve dans une zone morte : trop pro pour être fauché, trop fauché pour être pro. Alors bien sûr, grâce aux préventes internationales, aux coproductions étrangères ou encore grâce aux plateformes de SVOD, on sait bien qu’un film peut être rentable sans jamais sortir en salles. C’est exactement ce qui arrive à Marae, mais aussi aux deux films de David Moreau que vous pourrez également découvrir sur OCS (MadS et Other), et qui sont bien plus ambitieux que la majorité des productions horrifiques indépendantes britanniques ou américaines. Le paradoxe est cruel : le cinéma de genre français n’a jamais été aussi inventif, mais il n’a jamais été aussi invisible. Marae en est un exemple parfait : un film imparfait mais audacieux, qui méritait mieux qu’une sortie fantôme. Une œuvre qui rappelle que l’horreur française existe, qu’elle tente, qu’elle explore, mais qu’elle se heurte à un système qui ne sait plus quoi faire d’elle.

Mortelle raclette

France : 2024
Titre original : –
Réalisation : François Descraques
Scénario : François Condamin, Bertrand Delaire
Acteurs : Faustine Koziel, Bérangère McNeese, Antoine Gouy
Durée : 1h04
Genre : Horreur, Comédie

Note : 3,5/5

L’héritier d’une boîte de films X décide de faire évoluer le genre en engageant, pour son nouveau film « Tire-Fesses », une coordinatrice d’intimité également formée aux tournages éco-responsables. Une première pour elle. Et pour l’équipe qu’elle va accompagner. Mais la petite troupe, en tournage dans un chalet savoyard isolé, va vite se retrouver coupée du monde par une tempête de neige et une panne de wi-fi…

Avec Mortelle raclette, François Descraques signe une comédie horrifique française qui joue à fond la carte du méta bien potache. Le film suit une petite équipe venue tourner un film X éco-responsable intitulé Tire-Fesses dans un chalet savoyard isolé. Évidemment, rien ne se passe comme prévu. Une tempête de neige coupe le chalet du monde, et les morts commencent à se multiplier… Tout autant que les scènes comiques, le film jouant vraiment la carte du whodunit sur le mode grotesque, avec des personnages aux comportements irrationnels et des morts improbables. Le mélange entre comédie de troupe, satire du milieu audiovisuel et parodie de slasher fonctionne néanmoins très bien, et on rit régulièrement de bon cœur, grâce à un casting investi et à un sens du rythme très solide : dialogues rapides, situations absurdes, énergie collective. À sa sortie sur Canal à l’hiver 2024, Mortelle raclette avait été présenté comme « le film de boules de Noël », et c’est exactement ça : un délire hivernal, irrévérencieux, qui assume son mauvais goût, son humour gras mais sincère, et son plaisir de jouer avec les codes du genre. Une série B française atypique, fun et généreuse.

Jack in the Box – Résurrection

Royaume-Uni : 2024
Titre original : Jack in the Box Rises
Réalisation : Lawrence Fowler
Scénario : Geoff Fowler, Lawrence Fowler
Acteurs : Isabella Colby Browne, Leona Clarke, Anna Blackburn
Durée : 1h32
Genre : Horreur

Note : 3/5

Lorsqu’une adolescente américaine est envoyée dans un pensionnat britannique pour filles, ses nouvelles camarades de classe ne tardent pas à comprendre qu’elle a été envoyée là pour trouver un mystérieux Jack-in-the-box vintage caché dans l’enceinte de l’école. Après avoir trouvé la boîte et l’avoir ouverte, six élèves courageux se lancent dans un combat pour la survie contre un démon libéré de l’intérieur. Parviendront-ils à sortir vivants de cette école isolée, ou le démon fera-t-il les victimes dont il a besoin pour rester en vie ?

Si Lawrence Fowler ne nous avait pas forcément convaincu avec Rob1n, disponible sur Paramount+, on le retrouve ici avec « la » série qui a fait son succès, Jack in the Box, avec son méchant diable à ressort à tête de clown. Troisième volet de la saga, Jack in the Box : Résurrection se déroule cette fois dans un pensionnat britannique pour jeunes filles, un décor gothique qui renoue avec l’imaginaire des internats hantés. La créature emblématique de la franchise, incarnée par Nicholas Anscombe, surgit alors dans les couloirs du pensionnat et transforme l’école en un huis clos sanglant où chaque pièce devient un piège potentiel pour demoiselles en tenues d’écolières. Lawrence Fowler conserve son esthétique artisanale : éclairages expressionnistes, décors confinés, créature en prothèses plutôt qu’en CGI. Mais ce troisième opus se distingue par son casting quasi-exclusivement féminin, son ambiance de manoir décrépit et son rythme plus proche du slasher classique que des deux premiers films. Si le film souffre de limites évidentes (jeu inégal, dialogues parfois maladroits, budget serré, pensionnaires de plus de 30 ans…), il assume pleinement son côté série B gothique, avec un plaisir manifeste pour les couloirs sombres, les apparitions brutales et les mises à mort stylisées. Le pensionnat, avec ses dortoirs, ses sous-sols et ses écuries abandonnées, offre un terrain de jeu un peu plus riche que les opus précédents. Et même si le méchant clown aux six victimes n’apparaît qu’au bout de 30 minutes (ce qui est, avouons-le, un peu long pour un troisième opus), l’ensemble se laisse suivre sans déplaisir, et s’avère même régulièrement ponctué de jolis plans, visuellement très soignés. On peut donc supposer que les fans des deux premiers épisodes tout comme les nouveaux venus pas trop regardants devraient y trouver leur compte de frissons low-budget.

Monster on a Plane

Allemagne : 2024
Titre original : –
Réalisation : Ezra Tsegaye
Scénario : Ezra Tsegaye
Acteurs : Eva Habermann, Robin Czerny, Philippe Brenninkmeyer
Durée : 1h33
Genre : Horreur, Comédie

Note : 2/5

Un professeur ramène clandestinement à bord d’un vol commercial une créature mystérieuse provenant d’une contrée lointaine. Mais lorsque l’avion traverse de violentes turbulences, la bête se réveille et se met à attaquer les passagers…

Film catastrophe horrifique en provenance d’Allemagne, Monster on a plane suit un vol commercial qui tourne au cauchemar lorsqu’une créature mutante s’échappe d’une valise transportée en soute. Le film exploite tous les codes du « Plane Horror » (espace confiné, panique des passagers, etc), sur une tonalité globalement humoristique. Bon, dans ses dialogues et ses situations voulues comiques, le film est assez affligeant, mais il marque des points grâce à ses dérives extrêmement gore et grâce au design de sa créature, mélange poilu et hirsute entre un Critter et un Ghoulie, qui libère un puissant hallucinogène en pétant (sic). Les effets spéciaux sont modestes, la photo hideuse, mais l’énergie du film repose sur sa courte durée, son rythme et l’efficacité de ses scènes horrifiques. Ezra Tsegaye joue la carte du divertissement pur : cris, turbulences, et un monstre qui grandit, grandit, grandit, un peu comme ma bite quand je regarde ma femme. Bref, une série B aérienne qui, comme ma bite, ne révolutionne certes rien, mais remplit parfaitement son cahier des charges, pour qui n’est pas trop regardant tout de même.

Sting

Australie, États-Unis : 2024
Titre original : –
Réalisation : Kiah Roache-Turner
Scénario : Kiah Roache-Turner
Acteurs : Noni Hazlehurst, Jermaine Fowler, Alyla Browne
Durée : 1h31
Genre : Horreur

Note : 4/5

Une enfant de 12 adopte une petite araignée. L’animal grandit de façon disproportionnée, tout comme son appétit pour le sang frais…

Après s’être frotté à la SF post-nuke avec les deux opus de sa saga Wyrmwood, Kiah Roache-Turner revient avec un film de créature centré sur une araignée extraterrestre qui grandit à une vitesse alarmante dans un immeuble new-yorkais. L’histoire suit Charlotte, une adolescente passionnée de BD, qui découvre la petite araignée tombée du ciel et la garde secrètement… jusqu’à ce qu’elle grandisse, grandisse, grandisse, mh, oui, comme ma bite vous connaissez la chanson, et devienne un gros monstre carnivore. Le film mélange horreur, humour noir et dynamique familiale, avec une créature en animatronique et CGI très réussie. Avec une caméra toujours aussi mobile et des idées de mise en scène en pagaille, Kiah Roache-Turner retrouve son sens du rythme, ses éclats gore et son goût pour les personnages, tous originaux – voire bizarre – mais attachants. Sting fonctionne comme un hommage aux monster movies des années 80, avec une énergie moderne et une vraie tendresse pour ses protagonistes. Du côté des acteurs, on saluera les prestations d’Alyla Browne, épatante de naturel, et de Jermaine Fowler, excellent en exterminateur de nuisibles badass. Une excellente surprise.

Do Not Enter

Paraguay : 2024
Titre original : No entres
Réalisation : Hugo Cardozo
Scénario : Hugo Cardozo
Acteurs : Pablo Martinez, Lucas Caballero, Rafael Alfaro
Durée : 1h30
Genre : Horreur

Note : 3/5

Deux jeunes influenceurs en quête de buzz s’introduisent dans une sinistre maison abandonnée, apparemment hantée. Dans leur quête pour satisfaire leur public avec du contenu toujours plus choquants, ils ignorent leurs instincts. Mais des évènements plus étranges les uns que les autres se manifestent dans la maison…

Avec Do Not Enter, Hugo Cardozo poursuit l’exploration du found footage latino-américain qu’il avait entamée en 2019 avec Morgue, mais en poussant cette fois le dispositif vers quelque chose de plus nerveux, de plus immersif, de presque suffocant. Le film suit deux jeunes vidéastes un peu putaclic, qui retournent dans une maison abandonnée où ils avaient déjà tourné une fausse vidéo paranormale devenue virale. Si leur idée était de capitaliser sur le buzz, une fois la porte franchie, les deux influenceurs se retrouvent piégés dans un espace qui semble se refermer sur lui-même, comme si la maison avait sa propre logique, ses propres règles. Hugo Cardozo utilise le found footage de manière très frontale : caméras tremblées, vision nocturne, sons étouffés, couloirs interminables, portes qui claquent hors-champ, silhouettes furtives… Le film joue moins sur les jumpscares que sur la montée progressive d’une panique réelle, presque physique, où chaque pas dans l’obscurité semble être un pas de trop. La force du film tient dans son ancrage paraguayen, rare dans le genre, et dans son équipe quasi familiale (Hugo Cardozo à la réalisation, au scénario, au montage, à la musique, Edgar Cardozo à la photo), qui donne au film une cohérence artisanale, brute, sans fioritures. Do Not Enter ne cherche certes pas l’originalité, mais l’efficacité pure : un piège narratif qui se referme lentement, une atmosphère lourde, et un final qui bascule dans le chaos total. Une proposition simple, tendue, et redoutablement immersive, qui devrait ravir les amateurs de found footage.

Moso

France : 2025
Titre original : –
Réalisation : Edgar Marie
Scénario : Edgar Marie
Acteurs : Audrey Pirault, Paul Deby, Constantin Vidal
Durée : 1h30
Genre : Horreur

Note : 3,5/5

Un dimanche en début d’après-midi, Victor, Sam et Jules se réveillent brusquement et découvrent qu’ils sont attachés au sol dans une forêt. Une jeune femme débarque. Eve les accuse d’être responsables de la disparition de sa sœur, Iris, durant la soirée qu’ils ont passée tous ensemble la veille. Eve veut à tout prix connaître la vérité. Elle a planté des pousses de bambou d’un type particulier, les Moso. Ceux-ci poussent d’un mètre vingt en 24 heures. Les trois hommes doivent absolument passer aux aveux s’ils ne veulent pas être empalés…

Moso est un revenge movie minimaliste, au cœur duquel Edgar Marie injecte une idée aussi simple que redoutablement efficace : la torture par bambou Moso – une plante qui, comme ma bite, s’avère capable de pousser d’un mètre vingt en vingt-quatre heures. Le film s’ouvre sur un réveil brutal : Victor, Sam et Jules reprennent conscience, ligotés au sol dans une clairière. Ils ont été placés là par une jeune femme déterminée, glaciale et méthodique, qui les accuse d’être responsables de la disparition de sa sœur, survenue la veille lors d’une soirée où tous étaient présents. Le dispositif est posé : trois hommes attachés au-dessus de jeunes pousses de bambou qui, s’ils ne lui disent pas la vérité, finiront par les empaler lentement. Le film, qui joue sur la tension psychologique autant que sur la cruauté du concept, transforme le décor forestier en huis clos à ciel ouvert : la nature y devient un instrument de justice. Habilement construit, Moso alterne entre présent suffocant et flash-backs révélant progressivement les comportements douteux, les non-dits, les angles morts de la soirée précédente. L’horreur ne repose pas seulement sur la menace physique, mais sur la manière dont les trois hommes se dévoilent, se contredisent, se trahissent. Visuellement, Moso reste sec, resserré, et s’offre même le luxe d’un double-twist dans son dernier acte, très efficace. Un revenge movie français atypique, conceptuel, qui utilise son idée centrale avec une cruauté implacable.

Other

France : 2025
Titre original : –
Réalisation : David Moreau
Scénario : David Moreau
Acteurs : Olga Kurylenko, Julie Maes, Anne-Pascale Clairembourg
Durée : 1h32
Genre : Horreur

Note : 4/5

Lorsque sa mère meurt brutalement, Alice, qui avait rompu tous les ponts depuis des années, se voit contrainte de rentrer chez elle pour régler les démarches funéraires. Elle renoue, malgré elle, avec une jeunesse traumatique quand elle revient dans cette maison où rien, pas même sa chambre d’adolescente, ne semble avoir changé… si ce n’est cet étrange système de vidéosurveillance très sophistiqué, ou cette ombre qui rôde alentour. Le passé ne s’enfouit pas si facilement, surtout quand il est aussi monstrueux…

Deuxième film de David Moreau dans cette sélection, Other est un film d’horreur conceptuel et minimaliste, construit autour d’une idée formelle aussi simple que vertigineuse : on ne voit jamais un seul visage à l’écran, à part celui de l’héroïne. Cette idée de mise en scène, loin d’être absurde, prendra tout son sens dans le dernier acte du film. Olga Kurylenko y incarne une femme qui se rend aux États-Unis pour régler les affaires de sa mère récemment décédée. Elle s’installe dans la maison familiale, isolée, silencieuse, imprégnée de souvenirs, et découvre rapidement qu’elle n’y est pas seule. Très habile dans sa mise en scène, David Moreau transforme l’absence de visages en un dispositif paranoïaque : chaque rencontre, chaque présence, chaque silhouette devient une menace potentielle. Les personnages secondaires apparaissent masqués, cachés, de dos, flous, dissimulés par un cadre, une ombre, un mouvement. Le film joue ainsi sur la frustration visuelle, sur l’impossibilité de saisir l’autre, sur la peur primitive de ce qui échappe au regard. L’héroïne, seul point d’ancrage pour le spectateur, navigue dans un espace où tout semble hostile : bruits nocturnes, portes qui s’ouvrent, objets déplacés, souvenirs qui remontent, indices laissés par sa mère. Le film avance comme un puzzle psychologique, où l’absence de visages devient métaphore de l’identité fragmentée, du deuil, de la mémoire qui se dérobe. Other est un thriller horrifique élégant, atmosphérique, qui repose sur une mise en scène rigoureuse et un concept visuel fort. Une proposition rare dans le paysage français, jouant davantage sur l’angoisse sourde que sur les effets spectaculaires.

The Creeps – L’attaque des bonhommes de neige tueurs

Finlande : 2025
Titre original : The Creeps
Réalisation : Marko Mäkilaakso
Scénario : Marko Mäkilaakso
Acteurs : Christopher Cavalier, Veronica Jarvis, Kheba Touray
Durée : 1h36
Genre : Horreur, Comédie

Note : 3,5/5

Zach et Joe, deux adolescents de l’Oregon, s’apprêtent à fêter l’anniversaire de Zach lors du Monsterfest, dans une station de ski du nord de la Finlande. Ils prennent en stop Jaakko, un Finlandais marginal qui ne souhaite qu’une seule chose : se faire des amis. Mais lorsque des bonhommes de neige meurtriers sont réveillés par des scientifiques s’invitent à la fête, Zach et ses amis parviennent à fuir — mais les traces sanglantes laissées dans la neige se rapprochent dangereusement…

Avec The Creeps, le finlandais Marko Mäkilaakso s’attaque à un concept aussi absurde que réjouissant : une invasion de bonhommes de neige, agressifs et meurtriers, qui déferlent sur une petite ville en plein hiver comme une horde de petits Gremlins. Comme une poignée d’autres films de cette sélection, le film assume pleinement son statut de série B dégénérée, mélangeant humour noir, action et effets spéciaux volontairement kitsch. Pour autant, si le film évoque forcément un peu L’Attaque des Donuts tueurs dont on vous parlait un peu plus haut, Marko Mäkilaakso fait ici preuve d’un sens du gag, du rythme et du spectacle qui lui sont très supérieurs : The Creeps est extrêmement drôle, développant un humour moderne, décalé et référentiel, assez proche – toutes proportions gardées – de celui du duo Seth Rogen / Evan Goldberg ou de ce qu’on aime à appeler en France « l’esprit Canal ». L’intrigue suit un groupe de personnages caricaturaux mais attachants, confrontés à une menace aussi ridicule qu’implacable. Les créatures, animées en CGI volontairement outranciers, attaquent en meute, roulent, bondissent, se recomposent, et transforment les rues enneigées en terrain de jeu gore et cartoonesque – la référence aux Gremlins est d’ailleurs d’autant plus évidente que Joe Dante fait une petite apparition gag dans le film. Les références aux films et séries des années 80 sont nombreuses, le quatrième mur est régulièrement brisé, et le film multiplie les situations absurdes, tout en conservant tout au long de son intrigue une énergie sincère, presque enfantine. L’ensemble fonctionne grâce à son ton assumé, son humour pince-sans-rire et son envie de divertir sans prétention. The Creeps est un pur film de minuit, un délire hivernal bien écrit et souvent très inventif dans les vannes. Une petite friandise glacée pour amateurs de séries B décomplexées. À noter la présence au casting de Christophe Lambert, qui fait preuve d’une sacrée dose d’autodérision.

L’horreur vit partout, même dans les marges. Et c’est peut-être là qu’elle respire le mieux : loin des sorties événementielles, loin des campagnes marketing, loin des attentes écrasantes. Sur OCS, ces dix-sept films existent comme des éclats, des tentatives, des coups de folie, des bricolages inspirés ou des propositions sincères qui méritent d’être vues pour ce qu’elles sont : des fragments d’un genre qui refuse de se figer. Qu’on y cherche le fun, la surprise, le malaise, la série B décomplexée ou la petite idée qui fait tilt, il y a toujours quelque chose à glaner.

Et puisque 30% des inédits réunis dans ce dossiers sont d’origine française, on ne peut s’empêcher de penser qu’OCS joue un rôle essentiel dans la circulation du cinéma de genre hexagonal : celui de refuge pour des films qui, pour des raisons souvent plus économiques qu’artistiques, n’ont jamais trouvé leur place dans les salles. Et c’est là que surgit un paradoxe fascinant : jamais le cinéma de genre français n’a été aussi audacieux, varié, techniquement solide… et pourtant jamais il n’a été aussi invisible.

Résultat : OCS s’impose comme un espace étrange où l’on croise autant de petites séries Z réjouissantes que de projets sincères et exigeants. Un territoire hétéroclite, un archipel d’inédits, où cohabitent expérimentations formelles, films de monstres, slashers bricolés, comédies gore, folk horrors, found footage, et même quelques propositions françaises qui auraient mérité un destin plus visible. Et c’est bien pour ça qu’on continue, encore et toujours, d’arpenter les sombres arcanes du genre : parce que l’horreur, même modeste, même imparfaite, reste un territoire d’exploration infinie. Rendez-vous pour la prochaine expédition !

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