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Cannes 2026 : la compétition

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© 2026 Mathilde Petit / Festival de Cannes Tous droits réservés

Il soufflait comme un léger vent de transition sur l’annonce de la sélection officielle du Festival de Cannes hier matin à Paris. Pas tellement en termes de têtes responsables, puisque la présidente du festival Iris Knobloch et son délégué général Thierry Frémaux se sont parfaitement acquittés de la tâche. En évoquant l’état difficile du monde et les risques artistiques que représente pour le cinéma contemporain l’intelligence artificielle pour la première. En citant Serge Daney et en rappelant l’importance grandissante du documentaire et des films d’animation – finalement aux abonnés absents, en tout cas du côté de la compétition – pour le deuxième.

Non, les changements étaient plus imperceptibles. Comme par exemple le fait que ce rendez-vous incontournable du printemps cinéphile à Paris a fini par quitter son circuit de salles attitré pour désormais élire son domicile dans une salle premium chez la concurrence. Tandis que le traditionnel UGC Normandie n’existe plus depuis juin 2024 et après une parenthèse l’année dernière à l’UGC Montparnasse, c’est donc à présent au Pathé Palace, dans le quartier de l’Opéra, que s’est tenue l’annonce des films que la planète cinéphile attendait depuis des semaines, voire des mois.

Bien sûr sans avoir vu un seul de ces films, les 21 longs-métrages sélectionnés pour la compétition officielle nous paraissent animés par un bel esprit de métissage. Car malgré une forte présence européenne, principalement française et espagnole, les cinéastes du monde entier ont l’air de chercher leur épanouissement créatif en dehors des frontières de leur pays d’origine.

Les deux cas les plus curieux sont sans doute le Polonais Pawel Pawlikowski qui est parti chercher des financements en Italie pour une histoire intrinsèquement allemande, ainsi que le Roumain Cristian Mungiu parti dans le grand nord norvégien pour y tourner avec son compatriote Sebastian Stan qui a déjà fait carrière à Hollywood. Mais d’autres exiles plus ou moins volontaires nous interpellent, comme les trois films français tournés respectivement par des réalisateurs iranien, hongrois et japonais.

Autofiction © 2026 Iglesias Mas / El Deseo / Pathe Films Tous droits réservés

Sinon, dans cette vague ligne directrice, à laquelle le comité de sélection du Festival de Cannes est arrivé après avoir visionné exactement 2541 films venus de 141 pays, ce sont une fois de plus les habitués de la Croisette qui prédominent, côté compétition. Ainsi, il n’y a pas moins de deux anciens lauréats de la Palme d’or qui retentent une nouvelle fois leur chance auprès du jury, cette année-ci sous la présidence du réalisateur sud-coréen Park Chan-wook.

Il s’agit de Cristian Mungiu, dix-neuf ans après le palmé 4 mois 3 semaines 2 jours et pour sa cinquième participation à la compétition, d’où il était déjà reparti avec un Prix du scénario pour Au-delà des collines et un Prix de la Mise en scène pour Baccalauréat. Puis de Kore-Eda Hirokazu, Palme d’or en 2018 pour Une affaire de famille, qui en est déjà à sa huitième sélection en compétition depuis le début du siècle !

Toutefois, le champion cannois toutes catégories confondues, à qui il ne manque plus que la Palme d’or pour parfaire son bonheur – alors qu’il avait décroché le Lion d’or à Venise en 2024 grâce à La Chambre d’à côté –, reste bien évidemment Pedro Almodóvar. Est-ce que la septième fois sera la bonne pour lui, après le Prix de la Mise en scène en 1999 pour Tout sur ma mère et le Prix du scénario sept ans plus tard pour Volver ? Cela reste à voir …

Car la concurrence sera rude avec d’autres anciens sélectionnés, reparti bredouille comme Ira Sachs (Frankie) ou ponctuellement récompensés tels Lukas Dhont (Grand Prix pour Close en 2022), Asghar Farhadi (Prix du scénario pour Le Client en 2016 et Grand Prix pour Un héros en 2021), Ryûsuke Hamaguchi (Prix du scénario pour Drive My Car en 2021), Laszlo Nemes (Grand Prix pour Le Fils de Saul en 2015), Pawel Pawlikowski (Prix de la Mise en scène pour Cold War en 2018) et Andreï Zviaguintsev (Prix du scénario pour Leviathan en 2014 et Prix du jury pour Faute d’amour en 2017).

Quoiqu’il en soit, le rideau se lèvera sur la 79ème édition du Festival de Cannes le mardi 12 mai avec la présentation hors compétition du film français La Vénus électrique de Pierre Salvadori. Le festival se terminera onze jours plus tard, le samedi 23 mai 2026.

Fatherland © 2026 Agata Grzybowska / Mubi / Our Films / Extreme Emotions / Nine Hours / Chapter 2 / Circle One / Apocalypso Pictures /
Pathé Films Tous droits réservés

Autofiction (Espagne) de Pedro Almodóvar, avec Barbara Lennie et Leonardo Sbaraglia, sortie française le 20 mai
La bola negra (Espagne) de Javier Calvo et Javier Ambrossi, avec Guitarricadelafuente et Miguel Bernardeau, sans date de sortie en France
Coward (Belgique) de Lukas Dhont, avec Emmanuel Macchia et Valentin Campagne, sans date de sortie en France
L’Être aimé (Espagne) de Rodrigo Sorogoyen, avec Javier Bardem et Victoria Luengo, sortie française prévue en mai
Fatherland (Italie) de Pawel Pawlikowski, avec Sandra Hüller et Hanns Zischler, sans date de sortie en France
Fjord (Norvège) de Cristian Mungiu, avec Sebastian Stan et Renate Reinsve, sortie française le 19 août
Garance (France) de Jeanne Herry, avec Adèle Exarchopoulos et Sara Giraudeau, sans date de sortie en France

Gentle Monster © 2026 Frederic Batier / Film AG / Komplizen Film / Kazak Productions / Film i Väst / Ad Vitam Distribution
Tous droits réservés

Gentle Monster (Autriche) de Marie Kreutzer, avec Léa Seydoux et Jella Haase, sans date de sortie en France
Das geträumte Abenteur (Allemagne) de Valeska Grisebach, avec Yana Radeva et Syuleyman Alilov Letifov, sans date de sortie en France
Histoires de la nuit (France) de Léa Mysius, avec Hafsia Herzi et Benoît Magimel, sortie française prévue le 16 septembre
Histoires parallèles (France) de Asghar Farhadi, avec Isabelle Huppert et Virginie Efira, sortie française le 14 mai
Hope (Corée du Sud) de Na Hong-jin, avec Hwang Jung-min et Zo In-sung, sans date de sortie en France
L’Inconnue (France) de Arthur Harari, avec Léa Seydoux et Niels Schneider, sortie française le 26 août
The Man I Love (États-Unis) de Ira Sachs, avec Rami Malek et Rebecca Hall, sans date de sortie en France

Histoires parallèles © 2026 Carole Bethuel / Memento Films Tous droits réservés

Minotaure (France) de Andreï Zviaguintsev, avec Dmitrii Mazurov et Iris Lebedeva, sortie française prévue le 14 octobre
Moulin (France) de Laszlo Nemes, avec Gilles Lellouche et Lars Eidinger, sortie française prévue le 28 octobre
Notre salut (France) de Emmanuel Marre, avec Swann Arlaud et Sandrine Blancke, sans date de sortie en France
Quelques jours à Nagi (Japon) de Koji Fukada, avec Takako Matsu et Shizuka Ishibashi, sans date de sortie en France
Sheep in the Box (Japon) de Kore-Eda Hirokazu, avec Haruka Ayase et Kotaro Daigo, sortie française prévue le 16 décembre
Soudain (France) de Ryûsuke Hamaguchi, avec Virginie Efira et Tao Okamoto, sortie française le 12 août
La Vie d’une femme (France) de Charline Bourgeois-Tacquet, avec Léa Drucker et Mélanie Thierry, sans date de sortie en France

Minotaure © 2026 Anna Matveeva / MK Productions / CG Cinéma / Forma Pro Films / Razor Film / Aslanyürek Film / arte France Cinéma /
Les Films du Losange Tous droits réservés

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