
2026 : une cuvée moyenne, avec quelques films ex-cellents et quelques films ex-écrables
En principe, le palmarès de la compétition du Festival de Cannes concerne 7 films. Sauf que, cette année, le jury présidé par le réalisateur coréen Park Chan-wook a décidé de donner 2 Prix de la mise en scène. Il y a également 2 Prix d’interprétation féminine et 2 Prix d’interprétation masculine, mais les deux interprètes féminins primées jouaient dans le même film et il en était de même pour les deux interprètes masculins primés. Nous voici donc avec 8 films figurant au Palmarès du Festival de Cannes 2026 sur les 22 qui étaient en compétition. Bien entendu, le palmarès concocté par le jury n’est pas celui dont on avait rêvé mais on se doit de reconnaître qu’il n’y a pas, non plus, d’immense désaccord comme cela a pu arriver dans le passé. Prenons le cas de la Palme d’or, attribuée au réalisateur roumain Cristian Mungiu pour son film Fjord : un film qui, pour beaucoup, avait toutes les qualités pour lui permettre de recevoir une deuxième Palme d’or, 19 ans après 4 mois, 3 semaines, 2 jours. Un film tourné en Norvège et qui, vu son sujet, va, n’en doutons pas, faire l’objet de nombreuses discussions : les différences concernant les principes éducatifs entre les pays, entre les cultures. Deux fondamentalismes qui s’opposent ! La sortie est annoncée pour le 19 août. Pas de désaccord important, non plus, en ce qui concerne le Grand Prix du Jury attribué à Minotaure réalisé par le russe Andreï Zviaguintsev. Il s’agit d’un remake de La femme infidèle de Claude Chabrol dans le contexte de la Russie « poutinienne ». Ce film devrait sortir le 14 octobre. On sera beaucoup moins en accord en ce qui concerne le Prix du Jury attribué à Das Geträumte Abenteuer. Ce n’est pas un film médiocre, on y trouve quelques très belles scènes mais c’est un film long, très long, trop long qui nous parle des trafics qui se font à la frontière entre la Bulgarie et la Turquie. La sortie de ce film réalisé par l’allemande Valeska Grisebach et qui devrait sortir sous le titre L’aventure rêvée est annoncée pour le 15 juillet. 2 Prix de la mise en scène, donc : le film espagnol La Bola Negra de Javier Calvo et Javier Ambrossique, un film que je n’ai pas vu et dont la date de sortie n’est pas encore annoncée, et Fatherland du réalisateur polonais Pawel Pawlikowski, un film sur le retour, en 1949, de Thomas Mann dans sa patrie, l’Allemagne. C’est à ce film que j’aurais attribué la Palme d’or : une magnifique photographie en noir et blanc, un scénario de grande qualité, une excellente interprétation et, en plus, le film le plus court de la compétition : 1 h 22 ! Dans une époque où les films deviennent, le plus souvent inutilement, de plus en plus long, cela fait du bien ! Pas de date de sortie pour l’instant. Le Prix du scénario pour Notre salut, film français de Emmanuel Marre : le scénario, c’est peut-être la seule qualité de ce film qui nous immerge dans la Collaboration des années 40 à Vichy. Sujet intéressant et peu souvent traité, mais un certain nombre de choix faits par le réalisateur, en particulier dans la mise en scène, nuisent considérablement à ce film, dont la sortie est annoncée pour le 30 septembre. Peut on faire fi de la qualité d’un film lorsqu’il s’agit de Prix d’interprétation ? Concernant le Prix d’interprétation féminine attribué aux 2 comédiennes du film Soudain du réalisateur japonais Ryūsuke Hamaguchi, la question ne se pose pas vraiment : Virginie Efira et Tao Okamoto y sont excellentes et le film, bien que trop long (3 h 15 !), est très intéressant. Il sortira le 12 août. Cela étant, mon choix pour ce Prix se serait porté sur Bárbara Lennie, l’interprète principale de Autofiction, le film de Pedro Almodóvar (déjà sorti en salle). La question, par contre, se pose à propos du Prix d’interprétation masculine, attribué conjointement à Emmanuel Macchia et Valentin Campagne, les interprètes du film Coward du réalisateur belge Lukas Dhont. En fait, il s’avère très difficile de porter un jugement sur l’interprétation lorsqu’on porte un jugement très négatif sur le film concerné ! Pas de date de sortie pour l’instant.

Parmi les oubliés du palmarès, le plus important est sans doute L’être aimé du réalisateur espagnol Rodrigo Sorogoyen, que ce soit en ce qui concerne le film lui-même ou ses 2 interprètes principaux, Javier Bardem et Victoria Luengo. Ce film est déjà en salle. Parmi les oublis, on peut également citer Histoires de la nuit, le magnifique thriller de la réalisatrice française Léa Mysius qui sortira le 16 septembre. En dehors des films en compétition pour la Palme d’or, on retiendra surtout Quelques mots d’amour, du français Rudi Rosenberg, film de la sélection Un Certain Regard qui sortira le 28 octobre : un film très émouvant au propos très riche et dont la photographie est magnifique ; Merci d’être venu, le très beau documentaire d’Alain Cavalier présenté à la Quinzaine des cinéastes (pas de date de sortie pour l’instant) ; Le Bois de Klara, un film de la sélection Cannes Première réalisé par Volker Schlöndorff (pas de date de sortie pour l’instant) ; Ulysse, très beau film de Laetitia Masson sur les galères rencontrées par les parents d’un enfant différent. Ce film de la sélection Un Certain Regard devrait sortir le 17 juin.










