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De retour en salles au mois de mai 2026

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Remparts d’argile © 1969 Uccelli Production / Office des Actualités Algériennes / Tamasa Distribution Tous droits réservés

Traditionnellement, au mois de mai, les yeux de la communauté cinéphile tout entière sont rivés sur le Festival de Cannes. C’est sur la Croisette que ça se passe ce mois-ci, y compris en termes de films de patrimoine. Ces derniers sont représentés par voie de la sélection Cannes Classics dont le programme a été annoncé hier. On essayera d’y revenir plus en détail d’ici l’ouverture de la 79ème édition du festival mardi prochain, le 12 mai. Pas moins de vingt-deux longs-métrages en copies restaurées 4K y seront projetés, avec notamment des films de Guillermo Del Toro (Le Labyrinthe de Pan), Jean Delannoy (La Symphonie pastorale), Akira Kurosawa (La Légende du grand judo), Jerzy Skolimowski (Travail au noir), Luchino Visconti (L’Innocent), Andrzej Wajda (L’Homme de fer) et Orson Welles (Le Criminel).

En attendant que ces belles restaurations arrivent peut-être aussi un jour sur nos grands écrans, il faudra se contenter d’un programme de ressorties mensuelles sensiblement plus modeste. À partir d’aujourd’hui et au fil des quatre mercredis du mois, ce sont tout juste quinze films qui revoient la lumière splendide des projecteurs numériques. Heureusement, les distributeurs hautement fiables en la matière Malavida et Carlotta nous font le cadeau de deux rétrospectives aussi brèves qu’originales, dédiées respectivement à la réalisatrice norvégienne Anja Breien et au studio japonais Kadokawa ! Car sinon, le cinéma américain règne en maître quasiment sans partage, quoique avec des réalisations pas sans intérêt de David Lynch, Mike Figgis et John Huston.

Le Viol [Le Cas Anders] © 1971 Norsk Film / Malavida Films Tous droits réservés

Après un premier coup de projecteur sur le travail de Anja Breien (* 1940) le mois dernier à travers sa trilogie Wives, Malavida Films confirme et signe dès ce jour avec trois films supplémentaires de la réalisatrice norvégienne. Ce qui signifie que le public français aura eu le privilège de redécouvrir l’essentiel de la filmographie de cette cinéaste majeure du cinéma scandinave, sous réserve de la sortie prochaine d’Un jeu sérieux qui est prévue chez le même distributeur.

Tournés entre 1971 et 1981, les trois films à l’affiche dès à présent poursuivent le regard résolument féministe de Breien. Tandis que Le Viol [Le Cas Anders], présenté à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes, évoque le procès troublant d’un homme accusé d’agression sexuelle, L’Héritage, également sélectionné à Cannes en compétition aux côtés de Apocalypse Now de Francis Ford Coppola et du Tambour de Volker Schlöndorff les Palmes d’or de 1979, est une parabole grinçante sur l’équilibre fragile d’une famille confrontée au décès du père fortuné. Enfin, dans La Persécution, également en compétition deux ans plus tard cette fois-ci au Festival de Venise, il est question de l’éternel retour de bâton sexiste qui s’abattait au 17ème siècle sur des femmes éprises de liberté.

Survie en pleine nature © 1978 Tsutomu Endo / Kadokawa Productions / Carlotta Films Tous droits réservés

Tout comme Malavida œuvre sans relâche en faveur de la découverte de cinématographies européennes méconnues, Carlotta Films met un point d’honneur à la promotion du cinéma asiatique. On pourrait citer comme preuve (très) récente la rétrospective en neuf films consacrée au réalisateur japonais Seijun Suzuki au mois de mars, ainsi que dans un avenir proche la ressortie en bonne et due forme de l’épopée indienne RRR de S.S. Rajamouli fin juillet. La semaine prochaine, le 13 mai, le distributeur rendra une fois de plus hommage au cinéma de genre japonais, cette fois-ci par voie d’un cycle en cinq films produits par le studio Kadokawa. Celui-ci vient de fêter son demi-siècle d’existence, un anniversaire qui avait déjà donné lieu à une première rétrospective ce printemps dans le cadre du Festival de la Cinémathèque.

La pièce maîtresse de ce cycle est sans doute la trilogie officieuse de la traque par le réalisateur Junya Sato. Elle est constituée de trois policiers à la durée conséquente produits entre 1976 et ‘78 avec l’acteur fétiche du réalisateur Ken Takakura dans le rôle principal pour deux d’entre eux : Chasse à l’homme La Rivière de la rage, La Preuve d’un homme et Survie en pleine nature. Puis, deux films légèrement ultérieurs la complètent grâce au film de guerre fantastique Les Guerriers de l’apocalypse de Kosei Saito avec Sonny Chiba et Sailor Suit and Machine Gun de Shinji Somai. De ce dernier, deux autres films majeurs étaient sortis récemment chez Survivance avec Déménagement et Jardin d’été.

Dune © 1984 George Whitear / Dino De Laurentiis Company / Lionsgate / Bubble Pop Édition / Les Acacias Tous droits réservés

Sept autres films anciens font plus ou moins cavalier seul tout au long du mois de mai 2026 pour séduire les cinéphiles nostalgiques. Plus ou moins, puisque les deux films de l’univers Top Gun (Top Gun de Tony Scott et Top Gun Maverick de Joseph Kosinski) ressortiront ensemble le 13 mai chez la filiale française de Paramount pour célébrer pendant exactement une semaine le 40ème anniversaire du premier. À noter qu’il s’agit là de l’anniversaire de la date de sortie américaine et non pas de la française, intervenue seulement quatre mois plus tard, à la rentrée 1986. Le même jour, encore et toujours le 13 mai, Les Acacias donneront une seconde chance à la version de Dune imaginée au milieu des années ‘80 par David Lynch, sous l’influence assez néfaste du producteur Dino De Laurentiis. De quoi nous faire patienter jusqu’à la sortie du troisième volet de l’univers de Frank Herbert par Denis Villeneuve, dont la sortie française est prévue pour le 16 décembre.

La deuxième moitié du mois sera rythmée, quant à elle, par une certaine crise de la masculinité. Le premier homme mal dans sa peau est campé par Nicolas Cage dans le rôle du scénariste alcoolique qui lui avait valu l’Oscar du Meilleur acteur pour Leaving Las Vegas en 1996. Or, dans le film de Mike Figgis, qui ressortira le 20 mai chez Dulac Distribution après un passage par Berlinale Classics plus tôt cette année, c’était l’interprétation plus subtile de Elisabeth Shue qui nous avait avant tout impressionnés à l’époque. Une semaine plus tard chez Splendor Films, Sean Connery et Michael Caine font des merveilles en tant que maîtres de l’imposture dans L’Homme qui voulut être roi d’après Rudyard Kipling, l’un des meilleurs films de la fin de carrière de John Huston. Et le même jour chez Park Circus France, Marilyn Monroe et Jane Russell mènent la gent masculine à la baguette dans Les Hommes préfèrent les blondes de Howard Hawks.

Et si l’on vous avait gardé le meilleur pour la fin ? En tout cas le plus original, les deux rétrospectives du mois mises à part, grâce à Remparts d’argile de Jean-Louis Bertuccelli, à l’affiche depuis ce jour chez Tamasa Distribution. Le Prix Jean Vigo 1971 conte la révolte d’une femme, voire de tout un peuple, contre l’exploitation économique en Algérie. Le premier film du réalisateur, sélectionné à la Semaine de la Critique au Festival de Cannes, avait représenté la France dans la course à l’Oscar du Meilleur Film étranger a priori pour la 44ème cérémonie en 1972. Toutefois, il n’y fut pas nommé, au profit, entre autres, des candidats italien (Le Jardin des Finzi Contini de Vittorio De Sica), japonais (Dodeskaden de Akira Kurosawa) et suédois (Les Émigrants de Jan Troell).

L’Homme qui voulut être roi © 1975 Kathy Fields / Columbia Pictures / Splendor Films Tous droits réservés

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