L’Affaire Bojarski
France, Belgique : 2025
Titre original : –
Réalisation : Jean-Paul Salomé
Scénario : Jean-Paul Salomé, Bastien Daret, Delphine Gleize
Acteurs : Reda Kateb, Sara Giraudeau, Bastien Bouillon
Éditeur : Le Pacte
Durée : 2h08
Genre : Drame, Policier
Date de sortie cinéma : 14 janvier 2026
Date de sortie DVD/BR : 18 mai 2026
Jan Bojarski, jeune ingénieur polonais, se réfugie en France pendant la guerre. Il y utilise ses dons pour fabriquer des faux papiers pendant l’occupation allemande. Après la guerre, son absence d’état civil l’empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions et il est limité à des petits boulots mal rémunérés… jusqu’au jour où un gangster lui propose d’utiliser ses talents exceptionnels pour fabriquer des faux billets. Démarre alors pour lui une double vie à l’insu de sa famille. Très vite, il se retrouve dans le viseur de l’inspecteur Mattei, meilleur flic de France…
Le film
[3/5]
« Lorsque le cinéma nous présente la biographie d’un homme ou d’une femme, on ne peut pas s’empêcher de se demander quelle est la part de vérité dans ce que la réalisatrice ou le réalisateur nous raconte. Si on a une très bonne connaissance de la biographie de la personne concernée, il y a fort à parier que l’on s’apercevra d’un certain nombre de désaccords entre ce que le film nous raconte et ce qu’on sait (ou que l’on croit savoir !). Par contre, si on ne sait presque rien, voire rien du tout, sur cette personne, quelle attitude adopter à la vision du film ? Dans ce cas, face à l’impossibilité dans laquelle on est de confirmer ou d’infirmer la véracité des faits qui nous sont montrés, l’attitude la plus raisonnable ne serait-elle pas de regarder le film comme une pure fiction, sans chercher à démêler le vrai du faux ? C’est en tout cas le conseil qu’on peut donner aux spectatrices et aux spectateurs qui vont aller voir L’affaire Bojarski, Ceslaw Jan Bojarski, malgré le surnom qui lui fut donné de « Cézanne de la fausse monnaie », n’ayant plus, aujourd’hui, la notoriété qu’il a eu il y a plus de 60 ans.
Le film de Jean-Paul Salomé nous conduit auprès de cet ingénieur polonais réfugié en France durant la la 2ème guerre mondiale et qui a commencé son activité de faussaire en fabriquant des faux papiers pour la résistance. Il a ensuite été approché par la pègre parisienne pour utiliser ses dons dans la fabrication de faux billets de banque et il a fini par se mettre à son compte, s’adaptant le plus vite possible pour falsifier les nouveaux billets présentés chaque fois comme étant infalsifiables par la Banque de France, jouant au chat et à la souris avec le commissaire André Mattéi (commissaire Benamou dans la vraie vie), bien décidé à mettre fin aux activités du faussaire. Ce n’est pas dans les quelques scènes d’action, de fusillades en particulier, spectaculaires mais peu convaincantes, que L’affaire Bojarski retient l’attention, c’est surtout dans la peinture de deux couples, celui que Jan forme avec Suzanne, son épouse, à qui il cache tout de son activité, et celui que le même Jan forme avec le commissaire Mattéi, le film allant même jusqu’à montrer une rencontre dans un bar de la ville de Vichy, mise en scène par Bojarski pour « s’amuser » de et avec Mattéi.
Par ailleurs, on est forcément intéressé par la description du « travail » de Bojarski, par son inventivité, par sa soif de reconnaissance, par toutes les précautions qu’il prend pour ne pas se faire prendre. Intéressant aussi de constater que c’est principalement du fait de sa situation d’immigré pas vraiment accepté par notre pays et l’empêchant en particulier de trouver un emploi stable et de faire reconnaître toutes les inventions qu’il a faites qu’il est parti du côté des hors-la-loi. Le casting, particulièrement réussi, réunit Reda Kateb, auquel Jean-Paul Salomé a pensé dès le départ pour interpréter le rôle de Bojarski et qu’il avait donc en tête lors de l’écriture du scénario, Sara Giraudeau, l’interprête de Suzanne, toute en douceur et en volonté, Bastien Bouillon, dont le réalisateur a cherché à faire un personnage « melvillien » dans le rôle du commissaire Mattéi, Pierre Lottin, en ami désinvolte de Bojarski qui a tenu à conserver son accent polonais. »
Extrait de la critique de notre rédacteur Jean-Jacques Corrio. Découvrez-en l’intégralité en cliquant sur ce lien !
Le Blu-ray
[4/5]
Avec cette édition de L’Affaire Bojarski, Le Pacte nous livre un Blu-ray techniquement solide, qui respecte l’esthétique réaliste voulue par Jean-Paul Salomé. Le master HD affiche une stabilité exemplaire, sans artefacts ni fluctuations gênantes. Les scènes diurnes, souvent baignées d’une lumière diffuse, profitent d’une définition très convaincante, avec un piqué qui met en valeur les textures des décors d’époque (papiers, presses, encres, machines bricolées dans le pavillon de Montgeron). Les visages sont nets, les contrastes bien tenus, et l’étalonnage, plutôt froid, colle parfaitement au ton du film. On note toutefois quelques légers adoucissements dans les séquences nocturnes ou en intérieur sombre : rien de dramatique, mais une petite mollesse. Globalement, l’image reste propre, lisible et cohérente, sans chercher l’esbroufe. Côté son, le disque nous propose un mixage DTS-HD Master Audio 5.1 qui nous offre une spatialisation discrète mais utile, surtout dans les scènes d’enquête, où les ambiances urbaines et les bruissements d’atelier donnent un peu d’air au mix. Les dialogues – cœur du film – sont parfaitement intelligibles, jamais noyés. La musique, parcimonieuse, s’intègre sans agressivité. On notera également la présence d’une piste DTS-HD Master Audio 2.0, plus frontale, qui conserve une belle clarté et une dynamique honnête. Elle conviendra parfaitement aux installations plus modestes. Pas de différence majeure en termes de timbre : les deux pistes sont propres, sans souffle ni saturation.
Du côté des suppléments, on trouvera un intéressant making of (29 minutes). Et bonne nouvelle : ce n’est pas l’habituelle featurette promotionnelle tournée entre deux cafés. Le module adopte une approche semi-documentaire, alternant interviews, images de plateau et retours historiques. On y reviendra entre autres sur la genèse du projet, le travail de reconstitution et la direction d’acteurs. Le sujet inclut également des images de tournage montrant la fabrication des faux billets, les répétitions dans les décors étroits, et plusieurs interventions du chef opérateur sur la palette visuelle du film. Un making of dense, informatif et très agréable à suivre, donnant un vrai complément de lecture au long-métrage.





















