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Test Blu-ray : Un hold-up extraordinaire

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Un hold-up extraordinaire

États-Unis : 1966
Titre original : Gambit
Réalisation : Ronald Neame
Scénario : Alvin Sargent, Jack Davies
Acteurs : Shirley MacLaine, Michael Caine, Herbert Lom
Éditeur : Elephant Films
Durée : 1h48
Genre : Policier, Comédie
Date de sortie cinéma : 25 janvier 1967
Date de sortie DVD/BR : 21 avril 2026

Harry Dean est un voleur qui a un nouveau gros projet : s’introduire dans le musée d’un riche collectionneur, Ahmad Shahbandar et y dérober la célèbre sculpture de l’impératrice Lissu. Pour cela il veut remplacer la véritable oeuvre d’art par une copie. Il s’agit d’une mission périlleuse, mais Dean a une autre corde à son arc : il va utiliser Nicole Chang, qui ressemble trait pour trait à la femme morte de Shahbandar et à l’impératrice Lissu…

Le film

[4/5]

Quelques années après L’Inconnu de Las Vegas, les braqueurs élégants sont à la mode à Hollywood, et ce goût pour les bad boys en costards est indéniablement au cœur d’Un hold-up extraordinaire, une comédie de braquage à l’intrigue malicieuse, sophistiquée et délicieusement retorse. Le film de Ronald Neame s’inscrit dans cette veine pop qui fit les beaux jours des studios avec des films tels que Topkapi (1964) ou Comment voler un million de dollars (1966), mais cela ne l’empêche en rien de briller par sa précision chorégraphiée, presque mathématique. Le scénario avance comme un casse-tête dont chaque pièce serait polie à la main, et cette minutie donne au film une identité singulière, alternant systématiquement entre la comédie et le film de casse stylisé : Un hold-up extraordinaire joue avec les attentes du spectateur, les détourne, les étire, les retourne, ajoutant presque un côté Rashomon à cette histoire d’arnaque totalement folle.

La structure narrative d’Un hold-up extraordinaire repose sur un principe simple mais redoutablement efficace : le film nous montre dans un premier temps le déroulement d’un plan parfait, puis révèle à quel point la réalité refuse obstinément de se conformer au déroulement imaginé par l’instigateur de ce plan, incarné à l’écran par Michael Caine. Ce décalage entre fantasme et exécution crée au cœur du film une tension douce, extrêmement ludique, qui rappelle que le cinéma est aussi un art du mensonge assumé. Le film explore ainsi la question de l’illusion (illusion amoureuse, illusion criminelle, illusion sociale…) avec une légèreté qui n’empêche jamais la profondeur, et sans en avoir l’air, la mise en scène de Ronald Neame transforme l’échec en moteur narratif, et fait presque du hasard un personnage secondaire de l’intrigue.

La mise en scène d’Un hold-up extraordinaire s’appuie sur un format Techniscope qui étire l’espace comme un terrain de jeu géométrique. Les cadres sont pensés comme des pièges visuels, des compositions où chaque élément semble attendre son moment pour trahir quelqu’un. Les couleurs, typiques de l’époque, oscillent entre sophistication et fantaisie, donnant au film une texture presque tactile. Cette esthétique, loin d’être décorative, renforce les thématiques du récit : l’artifice, la duplicité, la beauté trompeuse des plans trop bien huilés. Ronald Neame nous rappelle ainsi que le cinéma de casse n’est pas seulement affaire de suspense, mais aussi de style, de rythme, de respiration.

Et puis il y a le duo Shirley MacLaine / Michael Caine, qui apporte à Un hold-up extraordinaire une énergie délicieuse, faite de charme, de malice et d’un soupçon de mélancolie. Trois ans après Irma la douce, Shirley MacLaine irradie d’une présence magnétique, oscillant entre ingénuité et manipulation avec une aisance déconcertante. Face à elle, Michael Caine joue la raideur élégante, l’assurance fragile, le gentleman cambrioleur qui croit tout maîtriser alors que tout lui échappe. Leur alchimie donne au film une dimension presque musicale, comme si chaque échange était une note dans une partition plus vaste. Un hold-up extraordinaire trouve là son cœur : dans cette danse subtile entre deux acteurs au sommet de leur Art, capables de transformer un simple regard en promesse de chaos.

Le Blu-ray

[4/5]

Si on a ressorti des archives notre vieux test Blu-ray d’Un hold-up extraordinaire, c’est parce qu’Elephant Films nous propose de redécouvrir le film de Michael Ritchie au cœur d’un Coffret Michael Caine disponible à partir du 21 avril 2026 et réunissant rien de moins que 7 films incontournables de la carrière de l’acteur britannique. On y trouvera les films Ipcress : Danger immédiat (Sidney J. Furie, 1965), Un hold-up extraordinaire (Ronald Neame, 1966), Contre une poignée de diamants (Don Siegel, 1974), L’Aigle s’est envolé (John Sturges, 1976), L’Île sanglante (Michael Ritchie, 1980), Élémentaire mon cher… Lock Holmes (Tom Eberhardt, 1988) et Business oblige (Jan Egleson, 1990). Une superbe occasion de se replonger dans la carrière de cet acteur aux multiples facettes, ayant œuvré dans l’espionnage, le film de guerre, la comédie, le fantastique… Un véritable monument du cinéma britannique !

Le Blu-ray d’Un hold-up extraordinaire, édité par Elephant Films, s’inscrit dans la continuité du travail soigné auquel l’éditeur nous a habitués. L’image respecte le grain d’origine et la texture du Techniscope, offrant un rendu précis sans jamais lisser artificiellement les visages ou les décors. Les couleurs retrouvent leur éclat sixties, avec ces teintes légèrement pastel qui donnent au film son charme rétro. Les contrastes sont solides, les noirs stables, et les plans larges bénéficient d’une lisibilité exemplaire. Le film profite ainsi d’une présentation visuelle qui met pleinement en valeur la mise en scène de Ronald Neame, tout en préservant l’authenticité du matériau d’origine. Côté son, Elephant Films nous propose deux pistes DTS-HD Master Audio 2.0 (en VF et en VO) qui se tiennent remarquablement bien. La version originale offre une clarté appréciable dans les dialogues et une belle présence musicale, mais la version française n’est pas en reste : équilibrée, propre, elle restitue parfaitement l’esprit du film et bénéficie d’un doublage d’époque soigné. Les deux pistes permettent de profiter du film dans d’excellentes conditions, sans déséquilibre ni favoritisme technique. Les ambiances sont fines, les voix bien centrées, et la dynamique générale reste cohérente avec l’âge du film.

Côté suppléments, on commencera avec la traditionnelle présentation de Julien Comelli et Erwan Le Gac (21 minutes), au cœur de laquelle notre petit biochimiste suisse préféré replacera Un hold-up extraordinaire dans la grande vague des films de casse des années 60, évoquera la carrière étonnante de Ronald Neame, scénariste devenu réalisateur, et reviendra sur les multiples projets de Michael Caine en 1966. Il met aussi en lumière des figures moins connues mais essentielles, comme le costumier Jean Louis ou le producteur Leo L. Fuchs, dont le parcours international méritait bien un coup de projecteur. L’analyse du format Techniscope et un retour rapide sur le remake de 2012 scénarisé par les frères Coen complètent le module. On terminera ensuite avec une galerie de photos (2 minutes) et une poignée de bandes-annonces éditeur.

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