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Test Blu-ray : Zoulou

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Zoulou

Royaume-Uni : 1964
Titre original : Zulu
Réalisation : Cy Endfield
Scénario : Cy Endfield
Acteurs : Stanley Baker, Jack Hawkins, Michael Caine
Éditeur : Rimini Éditions
Durée : 2h18
Genre : Guerre
Date de sortie cinéma : 7 octobre 1964
Date de sortie DVD/BR : 3 juin 2026

Afrique du Sud, 1879. Au lendemain d’une cinglante défaite anglaise, un régiment britannique soutient un siège de deux jours face à une armée de 4000 guerriers zoulous…

Le film

[3,5/5]

Zoulou est un film conçu comme un exposé historique appliqué, dont la volonté semble être de transformer chaque pierre du veld sud-africain en témoin muet d’un affrontement disproportionné. Le film de Cy Endfield (L’île mystérieuse, Les Sables du Kalahari) ne cherche pas l’esbroufe : il installe son décor, laisse le soleil cogner sur les uniformes rouges, et observe comment un groupe d’hommes se retrouve coincé dans une situation qui les dépasse. Le film parle de guerre, bien sûr, mais surtout de la manière dont un événement historique peut révéler les fissures d’une société, ses contradictions, ses illusions de puissance. Zoulou devient alors un miroir tendu à l’Empire britannique, un miroir qui renvoie une image moins glorieuse qu’attendue.

A l’ère des blockbusters et des montages épileptico-priapiques à la Michael Bay, il va sans dire que le rythme très lent de Zoulou surprendra plus d’un spectateur ; pour autant, sa tonalité apparaît avec le recul comme presque cérémonielle, comme si chaque mouvement devait être pesé avant d’être accompli. Cette lenteur n’est d’ailleurs jamais réellement un défaut ; elle permet au film de respirer, de laisser monter une tension qui finit par s’installer dans les muscles du spectateur. Les chants guerriers, les lignes de soldats, les silhouettes qui se découpent sur l’horizon composent une chorégraphie martiale qui n’a rien à envier à des classiques tels Les Canons de Navarone ou Khartoum.

Zoulou utilise l’espace comme un personnage à part entière, un espace qui écrase les hommes et les oblige à se redéfinir. La mise en scène de Cy Endfield joue par ailleurs sur les contrastes : l’ordre rigide des soldats britanniques face à la fluidité presque dansante des guerriers zoulous. Les deux camps sont filmés avec une distance respectueuse, évitant le piège du manichéisme. Zoulou montre de plus la discipline, la stratégie, la culture militaire des Zoulous avec une précision qui surprend pour un film de 1964. Il en devient dès lors une réflexion sur la perception de l’ennemi, sur la manière dont un affrontement peut révéler une forme de respect mutuel, même au cœur de la violence. Le film montre comment une structure hiérarchique peut se fissurer sous la pression, comment les certitudes se dissolvent quand la mort se rapproche. Ainsi, les soldats, coincés dans leur poste avancé, se retrouvent à improviser, à bricoler des stratégies, à réinventer leur rapport à l’autorité.

Un des points forts de Zoulou réside dans la – très marquante – photographie de Stephen Dade : couleurs chaudes, lumière écrasante, cadres larges qui transforment le champ de bataille en tableau vivant. Chaque plan semble pensé pour raconter quelque chose de plus vaste que l’action immédiate. Le film utilise la couleur comme un langage, un langage qui dit la chaleur, la poussière, la fatigue, mais aussi la beauté d’un territoire trop souvent réduit à un décor exotique. De plus, les acteurs de Zoulou apportent une densité remarquable à l’ensemble. Michael Caine, encore jeune, impose une présence aristocratique légèrement décalée, tandis que Stanley Baker incarne une autorité plus rugueuse, plus terrienne. Les deux hommes représentent deux visions du pouvoir, deux manières d’affronter la crise. Zoulou trouve dans leurs performances une humanité qui équilibre la dimension épique du récit.

Le Blu-ray

[4/5]

Le Blu-ray de Zoulou nous arrive sous les couleurs de Rimini Éditions dans un boîtier classieux avec fourreau, accompagné d’un contenu généreux : le Blu-ray du film, un Blu-ray de bonus et un livret de 92 pages. L’objet respire le sérieux, avec un fourreau illustré qui attire l’œil sans tomber dans le tape-à-l’œil. Le packaging donne immédiatement l’impression d’un travail éditorial soigné, pensé pour les amateurs de patrimoine autant que pour les passionnés de cinéma d’aventure. Côté galette, l’image du Blu-ray surprend agréablement : couleurs chaudes, contrastes solides, grain respecté. La restauration met en valeur les paysages sud-africains, les uniformes rouges, les lignes de guerriers zoulous qui se découpent sur l’horizon. Quelques plans montrent encore des limites liées au matériel d’origine, mais l’ensemble reste très stable et lisible. Le son propose deux pistes : VF en DTS-HD Master Audio 1.0 et VO en DTS-HD Master Audio 2.0. La version française, souvent plus ou moins malmenée dans les éditions patrimoniales, s’en sort ici avec une clarté appréciable : dialogues nets, souffle contenu, équilibre correct. La version originale, légèrement plus ample, offre une meilleure présence des chants et des ambiances, mais les deux pistes restent parfaitement exploitables. Le film bénéficie ainsi d’un traitement sonore respectueux, sans hiérarchie artificielle entre les versions.

Côté suppléments, on commencera avec une passionnante analyse de Florent Fourcart (49 minutes), qui propose un éclairage passionnant sur le contexte historique, la mise en scène et les enjeux idéologiques du film. On continuera avec une interview d’archive de Sheldon Hall (12 minutes), qui reviendra sur la production et la réception critique. Mais le module le plus passionnant de cette section bonus est probablement le making of en deux parties (46 minutes au total), qui offre un regard précieux sur le tournage, les choix artistiques et les conditions parfois complexes du plateau. Enfin, on terminera avec une featurette consacrée à la musique de Zoulou (6 minutes), qui complète l’ensemble en revenant sur la partition emblématique du film. Le livret de 92 pages signé Stéphane Chevalier, intitulé « Zoulou, un récit d’aventure exaltant », apporte une dimension littéraire bienvenue, riche en anecdotes et en analyses. Ce coffret Zoulou estampillé Rimini Éditions s’impose ainsi comme une référence : image solide, son équilibré, suppléments abondants, packaging élégant. Une édition pensée pour durer, et qui rend justice à un classique du cinéma d’aventure.

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