La Chute de Londres
États-Unis, Royaume-Uni, Bulgarie : 2016
Titre original : London has fallen
Réalisation : Babak Najafi
Scénario : Creighton Rothenberger, Christian Gudegast…
Acteurs : Gerard Butler, Aaron Eckhart, Morgan Freeman
Éditeur : M6 Vidéo
Durée : 1h39
Genre : Action, Thriller
Date de sortie cinéma : 2 mars 2016
Date de sortie 4K : 2 juin 2026
Les plus grands leaders du monde occidental sont attendus à Londres aux funérailles du Premier ministre britannique, mort dans des circonstances plus que douteuses. Mais ce qui avait commencé comme l’évènement le plus sécurisé de la planète tourne rapidement au désastre. Cible d’un complot terroriste, la capitale anglaise est mise à feu et à sang et la plupart des chefs d’état faits prisonniers. Seuls ont pu s’échapper le président américain et l’agent secret Mike Banning, qui vont devoir à la fois combattre pour survivre et mettre fin aux agissements des terroristes…
Le film
[4/5]
Avec La Chute de Londres, il semble que Gerard Butler et sa clique aient décidé de ressusciter un certain cinéma d’action frontal, bourrin, qui ne s’excuse jamais d’être bruyant, massif, presque primal. Avant même de replonger dans le chaos urbain, le film rappelle ce moment où Hollywood croyait encore que la virilité pouvait se filmer comme un sport de contact, avec des épaules carrées et des explosions toutes les cinq minutes. Et c’est précisément dans ce retour assumé à une forme de simplicité spectaculaire que le film trouve son charme – un charme un peu bourru, certes, mais terriblement efficace.
Après un premier opus réalisé par Antoine Fuqua, La chute de Londres réintègre donc les survivants du premier film pour un nouveau baroud d’honneur, placé cette fois, événements récents obligent, sous le signe du « terrorisme global ». Intense, viril, jouissif et vraiment décomplexé (que cela soit sur le fond ou la forme), le film met donc en scène la destruction partielle de la ville de Londres par des groupuscules terroristes, et le parcours outrancier, badass et très riche en action de Gerard Butler protégeant le président des États-Unis (Aaron Eckhart) à travers une ville fantôme livrée à la sauvagerie la plus barbare.
La prémisse du film, déjà bien musclée, dit tout ce qu’il y a à savoir : La Chute de Londres ne cherche pas la nuance, mais la déflagration. Le film s’inscrit dans une tradition où l’action devient presque une chorégraphie primitive, un ballet de métal et de poussière. On pourrait croire à une surenchère gratuite, mais La Chute de Londres assume tellement son outrance qu’elle en devient presque poétique, comme un opéra de béton fissuré. Et au milieu de ce chaos, Gerard Butler avance avec la détermination d’un type qui aurait décidé de résoudre tous les problèmes liés au terrorisme à coups de poing dans la gueule.
A la réalisation pour le moins baignée de testostérone de Fuqua succède donc l’inconnu Babak Najafi, qui a fait ses armes à bonne école puisqu’il a réalisé plusieurs épisodes de l’énormissime (et également très burnée) série Banshee. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeune cinéaste assure définitivement à ce poste puisqu’il propose au cœur de ce film d’action très ancré « 80’s » quelques séquences absolument bluffantes et dynamiques, telles que cet hallucinant (mais probablement trafiqué) plan-séquence suivant Butler nettoyant littéralement une rue entière de toute la racaille terroriste osant en fouler le pavé humide.
Ce plan-séquence, justement, devient l’un des moments où La Chute de Londres dépasse son statut de simple suite bourrine. Babak Najafi y injecte une forme de virtuosité inattendue, presque ludique, comme si la caméra se transformait en acolyte silencieux, glissant derrière Gerard Butler avec la fluidité d’un drone possédé. On pense à ces jeux vidéo de type « beat’em all » où l’on avance dans un niveau en éliminant les obstacles un par un, mais Najafi parvient à donner à cette mécanique un souffle presque organique. La Chute de Londres devient alors un terrain de jeu où la mise en scène dialogue avec la brutalité, sans jamais perdre son sens du spectacle.
Et c’est là que le film parvient presque à surprendre : derrière son apparente simplicité, il révèle une forme de sincérité brute, presque archaïque, qui rappelle que le cinéma d’action peut encore vibrer lorsqu’il assume pleinement ses excès. Le propos idéologique reste certes discutable, mais il s’inscrit dans une tradition du genre où l’exagération fait clairement partie du contrat. La Chute de Londres n’est pas un film qui cherche à convaincre : c’est un film qui cherche à percuter. Et il y parvient, avec une générosité explosive qui, par moments, frôle l’abstraction. Au final, il s’agit donc d’un divertissement burné et agressif, au discours volontiers va-t-en-guerre mais salvateur, et au rendu visuel stressant, survolté et 100% jouissif. Une suite qui fait du bien !
Le Blu-ray 4K Ultra HD
[4/5]
Après une première édition Blu-ray sortie en 2016, La Chute de Londres arrive enfin au format Blu-ray 4K Ultra HD, toujours sous les couleurs de M6 Vidéo. Si l’on en croit le site de référence IMDb, le film a été tourné en 5K/6K, mais n’avait finalement bénéficié lors de sa sortie que d’un master DI 2K, ce qui limite forcément l’upgrade en termes de définition. Pour autant, le master bénéficie de l’apport non négligeable de la technologie HDR10, qui vient compenser en partie les limites du master 2K en offrant une dynamique lumineuse nettement plus ample. Les hautes lumières gagnent en éclat sans jamais brûler l’image, tandis que les scènes nocturnes, nombreuses et souvent agitées, profitent d’un noir plus profond et mieux tenu que le Blu-ray de 2016. Les explosions, les gyrophares, les reflets métalliques sur les véhicules ou les armes affichent désormais une intensité plus crédible, presque tactile, donnant au film une énergie visuelle plus moderne. Même si la définition reste tributaire du master 2K, le HDR10 apporte une vraie respiration à l’ensemble, renforçant le contraste et la lisibilité des plans d’action, et offrant une expérience sensiblement plus percutante que l’édition précédente. L’impact de l’image est encore renforcé par la présence de deux mixages DTS-HD Master Audio 5.1 (VF et VO), immersifs et extrêmement efficaces lors des séquences les plus spectaculaires. Du beau travail !
Dans la section suppléments, on trouvera, outre la traditionnelle bande-annonce, une longue série d’interviews (50 minutes) avec quasiment toute l’équipe, de Gerard Butler à Morgan Freeman en passant par le réalisateur Babak Najafi et bien d’autres. Tous y développent un enthousiasme visiblement non feint à l’endroit du film. Il s’agit d’entretiens mis en boite par le distributeur, proposés dans un montage brut de décoffrage uniquement entrecoupé de cartons nous indiquant de quoi tel ou tel intervenant est en train de parler. Ces entretiens étaient, à la base, probablement destinés à être découpés et montés sous la forme de featurettes pour la promotion du film sur le Net.
























