DVD — 20 août 2019
Test Blu-ray : Shazam !

!

 
États-Unis : 2019
Titre original : –
Réalisation : David F. Sandberg
Scénario : ,
Acteurs : , ,
Éditeur : .
Durée : 2h12
Genre : Fantasy, Science-Fiction
Date de sortie cinéma : 3 avril 2019
Date de sortie DVD/BR : 7 août 2019

 

On a tous un super-héros qui sommeille au fond de soi… il faut juste un peu de magie pour le réveiller. Pour Billy Batson, gamin débrouillard de 14 ans placé dans une famille d’accueil, il suffit de crier « Shazam ! » pour se transformer en super-héros. Ado dans un corps d’adulte sculpté à la perfection, Shazam s’éclate avec ses tout nouveaux superpouvoirs. Est-il capable de voler ? De voir à travers n’importe quel type de matière ? De faire jaillir la foudre de ses mains ? Et de sauter son examen de sciences sociales ? Shazam repousse les limites de ses facultés avec l’insouciance d’un enfant. Mais il lui faudra maîtriser rapidement ses pouvoirs pour combattre les forces des ténèbres du Dr Thaddeus Sivana…

 


 

Le film

[3,5/5]

Affirmer que nous placions nos espoirs les plus fous dans la découverte de Shazam ! serait mentir. Cela dit, le film de David F. Sandberg a débarqué sur les écrans quelques mois à peine après (lire notre article), qui s’avérait de loin le film le plus sympathique, le plus foisonnant (en termes d’idées et de générosité), le plus fou, le plus rythmé – en un mot le plus « Marvel – esque » – jamais pondu par les écuries . Par conséquent, en tant que spectateur, nos attentes n’étaient pour une fois pas proches du néant comme à chaque nouvelle livraison de films adaptés des personnages de chez DC : même si on se refuse un peu de l’admettre, on espérait secrètement que Shazam ! soit aussi fun et sympathique que le film de James Wan mettant en scène Jason Momoa en roi de la mer. D’autant plus d’ailleurs que ce nouveau long-métrage était signé David F. Sandberg, qui nous avait plutôt fait bonne impression avec ses premiers films américains, Dans le noir (2016) et Annabelle 2 (2017) – deux films qui ne s’émancipaient pas des carcans et autres facilités du cinéma de gros studios, mais qui restaient de sympathiques divertissements.

En ce sens, Shazam ! est absolument cohérent avec le début de carrière américaine de Sandberg – l’homme est un artisan, un ouvrier passionné et autodidacte, appliqué et généreux, s’efforçant de livrer aux producteurs et au public le film qu’ils veulent voir. Et ce même s’il n’a certainement pas à ce jour l’étoffe des grands noms émergents du cinéma de genre – on pense par exemple à Mike Flanagan, une des « révélations » de ces dix dernières années ayant littéralement explosé grâce à Netflix, qui a su croire en son talent de raconteur d’histoires. En revanche, et malgré d’indéniables qualités, Shazam ! ne se démarquera quant à lui pas particulièrement du tout venant du film de super héros : le déroulement de ce récit d’origine s’avère d’un classicisme absolu, avec une mise en place des personnages assez longue, le côté « adolescent » du héros / super-héros étant mis en avant de façon beaucoup moins frontale et réaliste que dans les deux films de la franchise Kick-Ass, pour ne citer que la comparaison la plus évidente.

Et plutôt que de mettre en opposition les affres de l’adolescence et la naissance / l’apprentissage d’un héros, Shazam ! choisit au contraire de concentrer son récit autour de la notion de « famille », recomposée et positive pour le camp des gentils, naturelle mais teintée de haine et de mépris pour le camp des méchants. L’ensemble, régulièrement amusant et correctement rythmé, fonctionnera néanmoins plutôt très correctement dans son genre, si tant est que vous soyez sensible à une intrigue mettant en scène démons et magie ancestrale afin d’illustrer la traditionnelle lutte du bien contre le mal, et que vous ne soyez pas gêné par le côté comme d’habitude un peu cheap – voire même assez kitsch – des productions issues du giron DC Comics / Warner bros.

En deux mots comme en cent, Shazam ! ne réitérera pas la réussite foutraque et enthousiasmante d’Aquaman ; mais le film de David F. Sandberg demeure tout de même un très sympathique film de super-héros, ayant le mérite de proposer un peu de neuf dans l’univers très normé du DC Universe.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Côté technique, l’image du Blu-ray de Shazam ! édité par Warner bros. est d’une précision époustouflante, et fait clairement honneur à la belle photo du film signée Maxime Alexandre, pourtant le plus souvent plongée dans l’obscurité. Les couleurs sont éclatantes sur les scènes diurnes, surtout concentrées sur la première bobine, les contrastes laissent s’affirmer des noirs profonds et denses, et on ne dénote pas de souci de compression : si les arrière-plans laissent par moments apparaître de légers fourmillements, l’éditeur compose parfaitement avec le matériau dont il dispose et nous offre un travail d’encodage remarquable, dont l’impact est encore renforcé par la présence des deux mixages sonores, proposés en Dolby Atmos à la fois en VF et VO. Ces dernières seront décodées, en l’absence de matériel adéquat, en Dolby TrueHD pour la VF et en Dolby Digital + pour la VO. Les deux bandes-son s’avèrent immersives et extrêmement efficaces lors des séquences les plus spectaculaires : les effets multicanaux sont constants, puissants, spatialisés avec une finesse aussi époustouflante qu’incroyable. Du grand Art – on félicite par ailleurs la branche française de Warner bros. d’avoir fait l’effort de privilégier le « gros » son pour les francophones.

Dans la section suppléments, on trouvera pour commencer un comics animé exclusif intitulé « Le super-héros fait l’école buissonnière » (4 minutes), annoncé en gras sur la jaquette comme s’il s’agissait du bonus le plus exceptionnel de la galette, mais qui ne présente en réalité qu’un intérêt très limité. On continuera ensuite avec une série de scènes coupées et alternatives, comprenant également des scènes de début et de fin alternatives – rien de moins que 37 minutes afin de prolonger le plaisir pris devant le film ; on notera que certaines d’entre elles sont présentées sous une forme « inachevée », sans effets visuels, sans musique, sans étalonnage. On continuera ensuite avec un making of (« Le monde magique de Shazam », 27 minutes) contenant des entretiens avec les membres clés de l’équipe et du casting, dont David F. Sandberg, Maxime Alexandre, Zachary Levi, Djimon Hounsou, etc. Adaptation, choix des acteurs, cascades, effets visuels, entraînement physique sont donc abordés de façon plus ou moins approfondie. On reviendra également sur les origines du personnage de Shazam dans une intéressante featurette de 5 minutes revenant notamment sur la popularité du personnage dans les années 40 ou de la série TV des années 70. Enfin, les plus curieux pourront se régaler d’un retour sur la scène de fin (10 minutes), qui reviendra de façon plus approfondie sur les effets spéciaux, les cascades, le décor et les accessoires utilisés pendant cette séquence. Enfin, en plus de quelques images des auditions, on terminera avec une featurette suivant les singeries de Zachary Levy sur le tournage (3 minutes) ainsi qu’un bêtisier (3 minutes) jamais particulièrement drôle.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles