DVD — 07 octobre 2019
Test Blu-ray : Ma

 
États-Unis : 2019
Titre original : –
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur : France
Durée : 1h39
Genre : Thriller
Date de sortie cinéma : 5 juin 2019
Date de sortie DVD/BR : 9 octobre 2019

 

Sue Ann, une femme solitaire vit dans une petite ville de l’Ohio. Un jour, une adolescente ayant récemment emménagé, lui demande d’acheter de l’alcool pour elle et ses amis ; Sue Ann y voit la possibilité de se faire de nouveaux amis plus jeunes qu’elle. Elle propose aux adolescents de traîner et de boire en sûreté dans le sous-sol aménagé de sa maison. Mais Sue Ann a quelques règles : ne pas blasphémer, l’adolescent qui conduit doit rester sobre, ne jamais monter dans sa maison et l’appeler MA. Mais l’hospitalité de MA commence à virer à l’obsession. Le sous-sol qui au début était pour les adolescents l’endroit rêvé pour faire la fête va devenir le pire endroit sur terre…

 


 

Le film

[3/5]

C’est bien connu : quand on est une femme à Hollywood, si l’on veut être prise au sérieux en tant qu’actrice et que l’on vise, à plus ou moins long terme, les premiers rôles de la « A List » des gros studios, rien ne vaut un bon rôle de chtarbée. Depuis Glenn Close et , la déséquilibrée a en effet le vent en poupe, et hurler comme une hystérique en roulant des yeux et brandissant une hache peut finalement ouvrir pas mal de portes, professionnellement parlant. Attendez madame, posez cette hache, si la méthode semble fonctionner à Hollywood, pas sûr que ça marche vraiment en dehors de l’usine à rêves. D’ailleurs, ça ne fonctionne pas à tous les coups non plus sur les plateaux de cinéma, mais pensez à Jennifer Jason Leigh, à Charlize Theron, à Kathy Bates ou encore à Rebecca de Mornay… Le fait est que le rôle de la psychopathe de service peut aisément relancer pour quelques années une carrière en perte de vitesse, surtout quand on approche de la quarantaine.

On ne peut donc pas blâmer Octavia Spencer d’avoir voulu tenter le coup avec Ma. A 47 ans, c’était quitte ou double pour l’actrice, habituée des seconds rôles savoureux (elle a obtenu l’Oscar du meilleur second rôle féminin en 2012 pour La couleur des sentiments), et le moment ou jamais de tenter sa chance en mode cramée du bulbe. Dans un thriller chic et choc de préférence, forcément teinté de tension sexuelle et de frustrations en tous genres. Mais voila, il se trouve qu’à trop vouloir faire comme les autres, on finisse par, hum, hé bien, faire exactement comme les autres.

Malgré des personnages parfois attachants, Ma déroule en effet un récit sans surprises, extrêmement balisé, qui ne reposera finalement que sur la prestation de son actrice principale. Et dans son genre, Octavia Spencer s’avère véritablement glaçante dans la peau de Ma, psychopathe absolument flippante et calculatrice. Elle tire avec elle non seulement le film, mais également ses partenaires de jeu, pour la plupart intéressants : on pense en particulier au jeune Corey Fogelmanis ainsi qu’à Diana Silvers, dont le physique et le jeu tout en nuances rappellent énormément ceux d’Audrey Tautou. A leurs côtés, on trouvera quelques acteurs plus confirmés, tels que Juliette Lewis (Tueurs nés, Une nuit en enfer), (Dracula untold, Fast & Furious 6 / 7 / 8) ou (Galaxy Quest, Charlie et la chocolaterie).

Pour autant, Ma semble avoir bénéficié d’un bouche à oreille plutôt bon, et si le film n’a réuni « que » 306.000 personnes en France, il a en revanche plutôt bien fonctionné aux États-Unis : avec 45 millions de dollars de recettes pour une mise de fonds de cinq millions (la méthode Blumhouse, forcément toujours payante), le film a probablement suffisamment marché pour qu’une suite voie le jour d’ici quelques années…

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

Côté Blu-ray, Universal Pictures nous livre indéniablement, et comme à son habitude me direz-vous, une galette techniquement soignée : les contrastes sont tranchants, les noirs somptueux (c’est important vu que le film se déroule en grande partie de nuit), l’ensemble est précis, avec un beau piqué et des scènes diurnes naturelles et lumineuses. Côté son, la VO mixée en DTS-HD Master Audio 5.1 est impériale, fine et intense, bien spatialisée et vraiment spectaculaire durant les nombreuses scènes de fêtes, qui seront suivies des traditionnelles scènes de flippe dans le dernier tiers du métrage. L’immersion est totale, c’est du très bon travail. Comme d’hab avec Universal, la VF est uniquement proposée en DTS 5.1 mais le rendu acoustique de l’ensemble est impeccable : dynamique et enveloppant, et très efficace.

Dans la section suppléments, outre la traditionnelle bande-annonce, Universal Pictures nous propose de découvrir une douzaine de minutes de scènes coupées ainsi qu’une fin alternative contenant certains plans ayant été replacés ailleurs dans le film, ce qui implique probablement un remaniement du film suite aux projections-test. Les scènes coupées sont dans l’ensemble sympathiques, mais parfois un peu redondantes avec d’autres scènes du métrage ; on suppose que la plupart d’entre elles ont juste été écartées pour des raisons de rythme. Enfin, Universal nous proposera également deux featurettes qui feront office de making of et intitulées « La création de Sue Ann » et « Soirée chez Ma » (7 minutes au total). On y reviendra sur le tournage du film ainsi que sur le personnage de Ma alias Sue Ann, sa psychologie, ses costumes, etc. Octavia Spencer, Tate Taylor ou encore le producteur Jason Blum (apparaissant ici dans son plus beau costume) s’expriment avec enthousiasme, même si l’ensemble est naturellement très superficiel.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles