Test Blu-ray : Diabolik

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Diabolik

Italie : 2021
Titre original : –
Réalisation : Marco Manetti, Antonio Manetti
Scénario : Michelangelo La Neve, Mario Gomboli, Marco Manetti, Antonio Manetti
Acteurs : Luca Marinelli, Miriam Leone, Valerio Mastandrea
Éditeur : Metropolitan Vidéo
Durée : 2h13
Genre : Action, Aventures, Policier
Date de sortie DVD/BR : 18 mars 2021

État de Clerville, dans les années 1960. L’inspecteur Ginko cherche désespérément à arrêter Diabolik, l’impitoyable voleur masqué qui ne cesse de narguer les forces de l’ordre. Lorsque Lady Kant, une veuve dont le mari est mort dans des circonstances troubles, arrive en ville avec un collier inestimable, Ginko est persuadé que Diabolik ne pourra résister à la tentation de s’emparer du bijou. Mais qui sait la magnétique Lady Kant ne cherche justement pas à susciter la convoitise du dangereux criminel ?

Le film

[3,5/5]

Série de bande dessinée italienne à succès, créée dans les années 60 par les sœurs Giussani, Diabolik a également fait le bonheur des français amateurs de BD à petit format entre 1966 et 1980. Pour autant, ce fumetti et son personnage-titre n’ont jamais connu en France la popularité extraordinaire qu’ils rencontrent en Italie depuis plus de soixante ans. Encore aujourd’hui, ce sont trois publications mensuelles de Diabolik que les italiens peuvent trouver chez leurs marchands de journaux.

Un peu plus de cinquante ans après le film de Mario Bava Danger : Diabolik (1968) et vingt ans après la série animée Diabolik, sur les traces de la panthère (1999), ce sont donc les frères Marco et Antonio Manetti, auteurs de l’excellent Ammore e malavita en 2017, qui ont récemment ressuscité le personnage avec Diabolik : le film s’inclina bien sûr face au mastodonte Spider-Man : No Way Home, mais deux suites furent néanmoins immédiatement annoncées et mises en chantier. Le deuxième film, intitulé Diabolik : Ginko all’attacco et toujours réalisé par les frères Manetti, et d’ailleurs sorti sur les écrans italiens en novembre 2022.

A la découverte de Diabolik, on ne pourra dans un premier temps que saluer le courage des frères Manetti, qui ont fait le choix de situer leur récit « fumetti » dans son contexte historique, à savoir les années 60. Le fait de proposer au public un tel postulat de départ est risqué, surtout s’il on considère qu’ils ont fait le choix d’adapter une œuvre populaire. En France par exemple, Jean-François Halin et Michel Hazanavicius avaient ainsi, avec OSS 117 – Le Caire, nid d’espions et OSS 117 – Rio ne répond plus, choisi de jouer la carte de la comédie, ou de l’hommage sincère mais décalé. En revanche, on ne trouvera pas une once de second degré rigolard ou de clin d’œil post-moderne dans Diabolik, qui reste sérieux dans son intrigue de la première à la dernière image.

En cela, les deux cinéastes vont clairement à l’encontre des codes auxquels les films adaptés d’œuvres dites « populaires » (bandes dessinées, romans de gare) nous ont habitués jusqu’ici. Ce parti pris correspond donc d’ailleurs pile-poil avec celui que nous avions évoqué – à l’occasion de notre critique de Mourir peut attendre – comme une solution envisageable afin de relancer de façon originale la franchise James Bond 007 après le départ de Daniel Craig. Diabolik se base grosso modo sur le troisième numéro de la série originale, « L’arresto di Diabolik », et tourne autour de la naissance et de la construction de la relation entre Diabolik et sa complice Eva Kant, interprétée par une très « Hitchcockienne » Miriam Leone.

Résolument « rétro », Diabolik tend à prendre le spectateur contemporain à revers. Très respectueux vis-à-vis de l’œuvre originale, le film opte par moments pour une narration et des dialogues qui pourront nous apparaitre comme un peu désuets, voire saugrenus, mais rendant un bel hommage aux atmosphères caractéristiques du fumetti dont il est tiré. Se refusant catégoriquement à opter pour une classique « origin story », l’histoire nous présente immédiatement le personnage de Diabolik comme un génie criminel, l’inspecteur Ginko étant pour le coup chargé d’introduire sa sombre légende. L’excellent Valerio Mastandrea parvient par ailleurs à donner réellement vie au personnage de Ginko, même si ce dernier n’est clairement pas au centre du film.

Pas totalement réussi mais si ambitieux et remarquablement mis en scène qu’il remportera sans trop de peine l’adhésion de tous ceux qui, enfants, ont eu l’occasion de se plonger dans les pages du fumetti dont il s’inspire, Diabolik s’impose sans peine comme une tentative louable afin de démontrer que le cinéma de genre italien est prêt à faire son grand retour sur le devant de la scène – chose que nous avait également confirmé l’époustouflant Freaks out, également sorti en 2021. Plus largement, on saluera également Diabolik pour le fait qu’il attire le regard du public sur la bande dessinée italienne, de la même façon que des films tels que Prête à tout pour sauver mon fils (Ivan Silvestrini, 2016), La profezia dell’armadillo (Emanuele Scaringi, 2017), 5 est le numéro parfait (Igort, 2019), Land of the Sons (Claudio Cupellini, 2021) ou encore la série Netflix À découper suivant les pointillés (Zerocalcare, 2021).

Le Blu-ray

[4/5]

Côté Blu-ray, c’est aujourd’hui grâce à Metropolitan Vidéo que le public français aura le plaisir de découvrir Diabolik sur support Haute-Définition. Comme on pouvait s’y attendre de la part de l’éditeur, la galette HD est impeccable et fait vraiment honneur aux compositions de plans élaborées par les frères Manetti et Francesca Amitrano : visuellement, le rendu est de toute beauté et respecte pleinement leur vision. La définition est optimale, les couleurs superbes, et le tout est bien sûr proposé en 1080p : c’est un superbe travail technique. Côté son, l’éditeur nous propose deux mixages DTS-HD Master Audio 5.1 (VF/VO) très immersifs : bien sûr, ils privilégient tous deux les ambiances à la démo d’effets dynamiques, mais une belle authenticité se détache des deux versions, qui s’imposent comme parfaitement solides et efficaces. La version française est soignée.

Du côté des suppléments, on trouvera tout d’abord un making of (47 minutes) qui donnera la parole aux frères Manetti qui reviendront sur leur amour pour le personnage et la bande dessinée, ainsi que sur leur rêve de le porter sur grand écran et d’y parvenir tout en restant fidèles au style et au sujet. Entre les interventions de l’équipe, on aura également droit à plusieurs moments volés sur le plateau pendant le tournage. On terminera enfin avec une petite bande démo consacrée aux effets visuels du film (2 min) ainsi qu’avec la traditionnelle bande-annonce.

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